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Le blog de didier falleur pensées nomades

Pierre Guyotat – Idiotie – Grasset 08/2018 – 250 pages

didier falleur
Pierre Guyotat – Idiotie – Grasset 08/2018 – 250 pages

Pierre Guyotat, je n’avais jamais osé car on me l’avait présenté comme illisible mais on m’assure que le dernier est ‘plus facile’, tu peux essayer. Alors j’y vais.

Lire un livre de cet écrivain, c’est pénétrer dans un monde inconnu où les mots, les phrases prennent des tournures inhabituelles mais qui, si vous vous laissez faire, vous entrainent dans un véritable tourbillon.

Il s’agit de sa vie entre se dix huit et vint deux ans. Vie de bohème après avoir fuit le domaine familial et rejoindre Paris qu’il parcourt de long en large pour oublier la faim qui le tenaille. Son errance donne naissance à cette écriture instantanée qui, sans aucunement ressembler à un automatisme, fait surgir les mots à la vitesse de la pensée qui même confuse, ressemble à quelque chose qui tend vers la poésie.

La deuxième partie nous entraine en Algérie où incorporé comme tant d’autres, il va se révolter contre l’ordre établi et payer cher de sa personne.

Ce livre nous donne à lire des pages absolument magnifiques où nous sommes plongés dans un maelstrom de mots, de phrases qui nous emportent tels des vents ou des vagues immenses et même si nous ne comprenons pas toujours ce qu’il veut dire, l’accompagner vaut la peine de se laisser aller. Il y a quelques longueurs, quelques passages où les répétitions, les obsessions lassent un peu mais même si on passe vite, on aura vécu un grand moment de littérature.

Extrait : Mieux vaut lire la fin, actuelle dans ce temps de haine, de joie bonne pour les uns mauvaise pour d’autres, de qui-vive, de honte et de terreur pour beaucoup, pour les prochains suppliciés encagés là-haut, liés les uns aux autres en attente d’être battus, brisés, broyés, mutilés, énucléés, écorchés, ébouillantés, rôtis et rendus en restes sans forme ni couleur ni odeur reconnaissables ou cendre à la terre – mais sommes-nous d’âge à « pardonner », ni à penser que « chacun fait ce qu’il peut », ni à penser la mort et la fatigue de vivre et d’affronter…

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