Randonnée dans le Val d'Aoste....on prononce Oste
Jour 1 : En train jusqu'à Modane et en bus jusqu'à Bonneval sur Arc (1760m)
Départ à 7h00 d’Avignon en Tégève jusqu’à Valence puis deux TER vers Chambéry et Modane. A Chambé, je profite d’une pause entre les deux trains pour donner rdv à une amie. Petit café près de la gare. On se verra fin août pour un autre voyage.
Modane, Flo n’arrive que dans une heure quinze. Picnic près de la belle gare classée monument historique. Ça grouille de sacs à dos.
Nous prenons le bus vers Bonneval… privé, 12€ le trajet . Putain !!!! Merci Wauquiez !!!
A Bonneval, nous nous installons au refuge CAF. Nous sommes les premiers. Le village, un des plus beaux de France comme ils disent est vraiment chouette. Maisons restaurées, toits de lauzes et ambiance montagne. Petites courses dans une laiterie où le choix est vraiment compliqué tellement il y a de choix de fromages extras… Nous optons pour un bleu de Bonneval, un Beaufort incroyable et une tome des Bauges. Voilà de quoi tenir un bon moment.
La nuit passée, temps de partir vers le Col de l’Iseran et juste au moment, un bus passe et se propose de nous emmener un peu plus haut. Parfait, 700m de déniv en moins pour commencer.
Arrêt au Pont de l’Oulietta vers 2500m. Un peu de route et nous retrouvons le GR5 où nous étions passés il y à 5 ans lors de notre randonnée en Haute Maurienne vers le refuge du Fond des Fours. Nous continuons jusqu’au Col de l’Iseran… Oh le monde !!!!! Un trail pour le championnat de France (1600 paticipant.es), des motos, des bagnoles, des campinguecars et tout le toutim.
On redescend alors que les coureurs peinent à gravir la pente…On souffre et certains avouent même :
« C’est vraiment dur !!!!! »
Nous rejoignons une route encombrée et à peine le pouce levé, une femme s’arrête et nous dépose un peu plus loin au parking qui mène au refuge de Prariond. Une grosse heure par les magnifique gorges du Malpasset ou coule l’Isère naissante et voila le refuge. Entièrement refait en 2020, le refuge de Prariond est un rdv de balades où les familles viennent avec les enfants. C’est ça un peu le problème, pas tant les enfants mais le fait que ce refuge n’en est pas vraiment un mais
plutôt une « hostellerie de montagne ». Les jeunes femmes qui le tiennent ne savent rien des randos et des parcours qui en partent. Elles n’ont pas le temps me disent elles …. C’est pourtant le rôle d’un.e gardien.ne de refuge de renseigner les gens qui tentent de passer par les cols environnants….non ??? Là, que dalle. Il fallait vous renseigner avant ! Ben voyons !!!
Il y a un groupe d’alpinistes en route vers le Grand Paradis qui vont passer par le col de la Vache. Crampons et piolet indispensables et un famille par le Col de La Lauze mais sans en connaître les conditions. C’est ce que nous comptions faire également mais, sans connaissance de l’état du col marqué comme « difficile », nous préférons l’éviter et passer par la route. Dans l’après midi, le temps se dégrade bien et le pluie tombe à verse. Heureux d’être à l’abri.
Jour 2 : Prariond >> Valsavarenche par la route
Le lendemain matin nous rebroussons chemin et au parking, un bus arrive au même moment et nous dépose à Val d’Isère (navette gratuite). Pour continuer, nous optons pour le stop vers Bourg St Maurice…. Nous sommes pris tout de suite. A Bourg, le bus part presque au même moment jusqu’au Col du Petit St Bernard….Ça roule nickel. Au Col, une autre voiture pour Pré St Didier. Nous sommes déjà en Val d’Aoste….Un autre bus vers Introd et une dernière voiture, la première qui passe, et nous arrivons à Valsavarenche, notre but. Dingue !!! Pas de dodo pour ce soir, mais la magie du téléphone intelligent nous aide à trouver un hôtel et il reste 3km à pied pour l’atteindre. C’est le début des vacances en Val d’Aoste.
Jour 3 : Rando vers le col de Lauzon par la vallée de Levionaz
Notre hôtel de ce soir est juste à coté. Nous y déposons nos affaires et partons pour une randonnée au départ du village, Eaux Rousses, direction le Col Lauzon situé à 3300m. Nous traversons d’abord une splendide forêt de Mélèzes quadricentenaires aux troncs majestueux. Tout le long du sentier, des panneaux nous renseignent sur la vie des bouquetins, l’animal emblème de cette région. Passionnant. Puis nous arrivons vers 2300m dans un petit hameau installé sur une butte. Petites maisons restaurées, fontaines, petits panneaux solaires et vue imprenable. Cela pourrait être le Paradis. De là, nous pénétrons dans une vallée glaciaire de toute beauté, c’est l’Alta Via 2 qui traverse le Parc National. Direction le col Lauzon mais nous ne l’atteindrons pas, nous contentant d’un petit 2700 pour commencer. Mais quel lieu magnifique et sauvage !
Redescente à Eaux Rousses pour notre deuxième soirée dans la vallée.
Jour 4 : Rando vers le refuge Victor Emmanuel et retour par le refuge Chabot
Un peu de stop pour rejoindre le parking pour le départ vers le refuge Victor Emmanuel. Ça marche toujours aussi bien et ce sont César et Paula qui nous y emmènent. Super sympas !
Le parkim est bondé et les plaques d’immatriculation des voitures marquent l’attrait de ce sommet mythique et facile à gravir. Toute l’Europe s’est donnée rendez vous ici. Impressionnant ! A nous d’y aller. Le refuge est situé à 2720m . La terrasse est littéralement bondée d’alpinistes qui viennent de redescendre de leur ascension. Nous retrouvons le groupe de français rencontrés à Prariond. Tout le monde à réussi. Départ ce matin vers 5h00 et retour midi. Le sommet est invisible depuis le refuge, caché par une bosse mais le spectacle est grandiose et vaut largement le déplacement. Après le petit passage décoré des drapeaux de prières tibétains et les serveurs népalais officiant au refuge, nous nous voyons tout à coup emportés très loin d’ici. Magique !!! Au moment de repartir, César arrive tout doucement en soufflant un peu.
« Et Paula je lui demande ? Elle est déjà arrivée ! »
Une longue traversée nous emmène vers le deuxième refuge de la journée, le refuge Chabot, juste vu, pour redescendre dans la vallée mais quelle drôle d’idée d’avoir construit le sentier avec des pierres placées à la verticale. Jamais vu ça, c’est pas du tout agréable et ça fait mal aux pieds malgré les bonnes semelles des chaussures et ça dure !!!!
Au parkim, devinez qui nous retrouvons pour nous emmener à l’hôtel ??? César et Paula !! Cela ne s’invente pas ! Merci à eux deux et à une prochaine ???
A demain !!!
Jour 5 : Vers Rhêmes Notre Dame par le Col Entrelor (3002m)
Nous quittons la vallée de Valsavarenche. Montée facile vers l’ancien chalet de chasse de Victor Emmanuel dont il ne reste qu’une partie à la suite d’un grosse avalanche. Bien fait...la revanche des Bouquetins !!! Une autre ferme où on peut acheter du fromage local, la Fontina, bof, et les premier lac arrive , le lac Djouan à 2600m.
Plus loin, un deuxième lac, le Lac Noir et son beau tapis de linaigrettes où nous rencontrons un couple d’autrichiens. Nous gravissons ensemble le col Entrelor, facile avec vue imprenable sur le Grand Paradis. Ouahou !!!!!!
Du col, superbe vue sur le prochain, le fameux Col Fenêtre dont on raconte bien des choses, difficile, dangereux. C’est vrai que vu d’ici, il paraît impressionnant avec sa pente abrupte. Bah, nous verrons bien demain. Un jeune bouquetin passe tranquillement un peu plus bas. Petit passage avec corde pour la descente mais pas de danger. Pause blabla avec les autrichiens au refuge de la Marmotte et nous atteignons tranquillement Rhêmes Notre Dame. Hôtel Galisia...confort moderne.
Rhêmes Notre Dame
Ce n’est pas vraiment tout à fait par hasard que nous somme ici. Il y a quelques années, mes bibliothécaires préférées de la médiathèque d’Arles m’avaient mis dans les mains un livre de Louis Oreiller qui dit : « Là où l’horizon est plat, je ne tiens pas ». Une vie hors des sentiers. La vie d’un ancien contrebandier devenu garde du Parc National du Grand Paradis et je m’étais juré d’aller le rencontrer. L’année dernière, nous nous y étions pris trop tard, tous les refuges étaient déjà complets en avril. Cette fois ci, nous nous y sommes pris dès le mois de janvier et ça a marché.
Et nous voilà donc à Rhêmes, le village de Louis Oreiller. A l’hôtel, je montre la photo de ce monsieur à la gérante et voilà qu’elle me dit :
« C’est mon oncle mais il ne veut pas être embêté » Dites moi pas que c’est pas vrai. !!!
« Mais je peux toujours le rencontrer et je verrai bien, non ?
« Bon, il habite en face, la maison avec l’escalier »
« Merci »
Je m’y rends derechef, le livre dans les mains. Personne. Je monte à l’étage et je vois une vieille dame dans une cuisine. Je frappe à la fenêtre et elle vient m’ouvrir. Elle me dit que Louis est avec les gallina, en bas. Je redescends et je l’entends crier d’une voix fluette :
« Louis….Louis !!! »
Et là, un vieux monsieur sort d’une remise et je me retrouve devant Louis Oreiller. Je ne vous dis pas l’émotion. Je me présente, lui dit bonjour Monsieur et il me répond tout de suite :
« Ah non, pas de Monsieur ! »
Nous nous installons sur un banc et les histoires commencent.
Louis Oreiller est le neveu de Henri Oreiller, champion Olympique de descente aux Jeux de 1948. Belle référence. Il nous avoue avoir arrêter le ski de rando il y a trois ans parce qu’il tombait trop. Il a 90 ans !!! Son oncle est mort lors d’une course automobile. En Maserati nous informe-t-il.
Lui, c’est toujours et toujours la montagne mais sans «clou» pour grimper.
« Si tu ne peux plus monter, tu arrêtes et tu ne t’aides pas d’artifice »
L’histoire du « Grand Diable », un vieux bouquetin dont les cornes atteignaient 1,32m de longueur et 1 mètre entre les deux.
Alors qu’il venait mourir près du hameau, les gens ont pu observer un phénomène incroyable. Posé sur un pare avalanche, son corps avait tendance à glisser vers la route. Deux autre bouquetins venaient le remonter avec leurs cornes. Quand il s’est éteint, les deux bouquetins se sont mis presque « au garde à vous » devant lui et l’ont salué dans une révérence respectueuse et sont partis.
Ce n’est pas dans le livre.
« Mais comment cette anthropologue vous a trouvé ? »
« Je ne sais pas...comme ça »
Réponse d’un homme trop humble pour avouer que sa réputation avait franchi les montagnes d’Aoste.
« Et combien de temps a duré l’interview ? »
« En deux jours c’était fait » me répond-il
« Pendant l’armée, j’étais vraiment très fort (98kg pour moins d’un mètre soixante dix) et je faisais de la lutte et je n’ai jamais été battu !!! Et quand un compagnon ne pouvait plus porter son barda, je le prenais sur les épaules. Je faisais de la prison pour cela. C’était interdit de porter le barda des copains mais je m’en fichais, en prison, j’étais tranquille. J’ai commencé à faire de la contrebande à neuf ans. Mon père était parti (je ne sais plus où) et on avait besoin d’argent. Je vendais du riz en France et je revenais avec des peaux de vaches tout juste tuées. Un peau pesait 25kg. Ça se vendait bien ici. Je connais bien le refuge de Prariond et j’y allais souvent car la bergère était jolie » Rires !!!!!
Quand je lui montre la photo du refuge d’aujourd’hui, il ouvre des grands yeux. Certainement rien à voir avec la cabanne qu’il a connu. Peut-être qu’il passait par le Col de la Lauze… celui que l’on a pas fait ????
Le voyage se serait arrêté là que je n’aurais pas été plus heureux. Merci M. Oreiller pour cette belle rencontre.
Jour 6 : Rhêmes Notre Dame vers le refuge de l’Épée par le col Fenêtre – 2876m
Et voila le fameux col Fenêtre à franchir. Nous aurions pu choisir de l’éviter mais pas question de laisser tomber cette occasion. L’abandon du Col de la Lauze nous a déjà fait mal.
Ça grimpe sec tout de suite en quittant le village. Nous ne sommes pas seul, un homme asiatique qui peine un peu et un couple que nous ne reverrons plus. Plus bas, l’autrichien a l’air d’être seul.
Petite pause au milieu de l’ascension. Il reste le passage le plus raide à faire. L’autrichien nous double et nous dit que sa femme a préféré la route pour rejoindre la prochaine vallée. Elle a peur du névé (où on ne passe pas). Allez hop, on continue. Un passage délicat où des cordes ont été posées, ça passe et voilà le col. L’autrichien nous a attendu, on cause un moment et il s’en va. Il a encore une bonne trotte à faire. Pour nous, c’est le chalet de l’Épée qui nous attend un peu plus bas par une descente facile. Splendide journée !!!
Nous arrivons tôt, choisissons nos lits dans le dortoir et une bonne eau pétillante pour fêter ça. Champagne !!! On a du temps et nous partons sur un petit promontoire pour s’éloigner de la foule du refuge que l’on peut atteindre en voiture… trop facile !!!
Une petite butte pour une petite sieste et du réseau pour recevoir des messages.
Au dîner, nous faisons connaissance avec un groupe de quatre types très sympas… les blagues fusent et tout le monde rigole bien comme le type du refuge qui dit que les pommes de terre n’ont pas été cuites à la graisse de canard mais à l’huile d’olive….extra bonnes nonobstant. Pour demain, le temps s’annonce pas terrible et on nous suggère de partit tôt. Le patron vient nous dire qu’il reste une chambre et il nous la propose gentiment. Vraiment sympa. Dodo
Jour 7 : Chalet de l’Épée vers le Refuge Bezzi - 2284m
Temps gris comme prévu mais il ne pleut pas encore, on décolle. La drache arrive vers 9h00 puis la grêle mais pas trop longtemps. Vêtements de pluie pour rejoindre le refuge Bezzi vers 11h15. La journée va être longue mais heureusement, le groupe de 4 est aussi arrivé ainsi qu’un autre groupe de français avec qui nous pouvons échanger. La chambre est bien et les douches gratuites. Pas mal. Pas de repas (minable) avec nos potes mais une famille irlandaise dont les adultes vont se faire remarquer par leurs propos navrant. Des riches ( la nana à un beau diamant au doigt….) qui de la pètent !!! Ils disent avoir une maison à Vallouise et lui d’écrire des guides de montagnes sur les Écrins et alentours. Ils nous coupent sans cesse la parole et un moment, je lui dis :
« Attendez, elle (Flo) n’a pas fini de parler...merci »
Du coup, le type se referme et ne parlera plus qu’à ses enfants. On continue avec sa femme au diamant qui nous parle du coin comme si elle y était née alors que Flo fréquente la région depuis plus de 50 ans. Les incohérences et contradictions se succèdent et c’est avec bonheur que nous quittons la table après un dessert infâme (qui fait le bonheur des enfants) pour retrouver nos potes et leur raconter notre mésaventure. Je les aurais bien renvoyés tout droit à la maison mère, au carrefour des prétentieux ces deux là. On rigole bien !!!
Le temps devrait être bien meilleur demain et c’est l’heure de dormir.
Jour 8 : Refuge Bezzi vers le refuge Benevolo par Col de Bassac Deré – 3083m
Pas trop mal le temps pour partir et il s’améliore de plus en plus en approchant le glacier de Gliairetta avec la Grande Sassière en point culminant à 3747m. On commence vraiment à en prendre plein les yeux… c’est grandiose !!! De belles pauses pour admirer. Au col, les sacs à dos des copains montrent qu’ils ont fait le petit sommet. Nous descendons lentement vers le Lac de Goleta un peu plus bas. Alors qu’ils nous rejoignent, un gars du groupe se déshabille et plonge dans le lac. Il est fou !!! l’eau ne doit pas dépasser les 8°...Nous restons à coté d’un gros cailloux qui porte encore les stigmates de sa traînée sur la glacier, il est tout rayé.
Longue descente jusqu’à Benevolo (2285m) où un beau plat de polenta et un bon gâteau aux pommes nous font un bien fou. En attendant le repas du soir, je discute avec le guide d’un groupe qui me conseille vivement de passer par le Col Basei plutôt que par le Col Rosset. Encore des glaciers et un passage à 3176m. On ne peut pas rater ça. Dîner en compagnie d’un père Hollandais et de son fils. Ancien médecin, il vient de prendre sa retraite. Ils ont une maison en Drôme provençale, à Brette, détenue par trois générations de hollandais. On se refile le bébé. Le père parle de voyager en Europe en campinguecar avec leur chien qui est comme leur enfant. Trois bourgeoises grenobloises du CAF complètent la table.
Demain, le groupe de 4 repart vers la France mais Ludo, le leader, ne possède qu’un bout de papier comme carte et il les emmène sur un glacier. Notre carte est d’une grande utilité et il prend en photo son itinéraire. Sage précaution. Super repas concocté par un chef qui aime son métier. Je le salue. C’est l’heure de dormir.
Jour 9 : Refuge Benevolo vers le refuge Savoia par le Col Basei - 3176m
Couvert et froid , faut se couvrir. Je me plante un peu au départ sur un sentier qui monte trop haut et sans balisage. On perd du temps à s’orienter. On récupère le bon à un croisement, plus facile à suivre. Montée un peu raide et les 3000 se font sentir, le souffle est court. On croise des groupes accompagnés, nombreux, au moins quinze. Nous sommes bien mieux tout seuls. Après une dernière montée, nous atteignons le col Basei et le spectacle est incroyable : Grande Casse (3855m) et un peu dans les nuages, la Barre des Écrins (4101m) et du coté Italien, le Grand Paradis évidemment (4061m). C’est la Grande Classe et c’est nous qu’on est là !!!!!
la partie délicate commence, il faut passer par un long névé mais le balisage est bon. Finies les marques jaunes, nous retrouvons celles d’un GR...ce n’est plus de la balade mais de la randonnée glaciaire. Tout se passe bien jusqu’à un grand pierrier où les cairns et le balisage disparaissent. Je pense que ça descend mais je me trompe. Je vois un grand cairn au loin. Il faut que je remonte tout mais le tracé est clair maintenant. Ouf !!! il ne nous reste plus qu’à rejoindre le refuge de ce soir. Des lacs turquoises pour le tableau idyllique et voilà le refuge….. au bord d’une route…. Finie la tranquillité mais on a une chambre avec une douche bien chaude. Ça compense.
Accueil quelconque pour ne pas dire froid et repas de même… J’avais entendu dire que les refuges italiens ressemblaient à des petits hôtels, on va dire dans la déco mais pas dans les assiettes.
Jour 10 : Savoia vers le Refuge Tétra Lyre par le col du Grand Collet (2832m)
C’est la dernière journée alors on ne va pas louper le dernier col plutôt que de rentrer directement.
Une longue vallée glaciaire nous emmène vers un vielle maison abandonnée où notre marche fait décoller des oiseaux qui doivent nicher au sol. Un oiseau nous survole de près en poussant des petits cris. Nous sommes bien restés sur le sentier donc tout devrait aller bien ce qui n’est pas la cas pour cet allemand qui coupe allègrement dans la prairie. Je lui rappelle que c’est préférable de ne pas le faire et pour la raison suscitée. Il comprend bien.
C’est encore une belle montée facile où les marmottes détalent devant nous. Ça cavale dans la prairie !!! Au col, dernier regard vers le Grand Paradis où on peut voir la trace laissée par les alpinistes.
Il ne nous reste qu’une longue descente pour retrouver le monde d’en bas. On va prendre notre temps.
Épilogue....116km / 7790m+
Situé au sud du Mt Blanc, qu'on a pu admirer les jours de beau temps, le Val d'Aoste est une région autonome d'Italie, indépendance perdue lors de la dictature fasciste sous Mussolini et récupérée à la fin de la seconde guerre mondiale. Louis Oreiller est né durant cette période et il n'a donc pas appris le français à l'école mais bien durant ses "échanges" avec la France. On dit Valdôtains. Le français est la deuxième langue de cette région et tout le monde ou presque le parle ici. C'est bien pratique. Les vallées sont des impasses, bloquées par la chaine des Alpes d'où le relatif faible trafic et le calme qui y règne contrairement aux vallées des Alpes françaises envahies de touristes à motos bruyantes et autres incongruités que sont les horribles camping cars qui polluent les sites les plus jolis regroupés tels des gros sacs en plastique. Le parking de Pont, au bout de la vallée de Valsavarenche est énorme mais c'est pour accueillir celles et ceux qui gravissent le Grand Paradis...mais rien à voir avec Chamonix, rassurez vous. C'est une région merveilleuse et si vous comptez vous y rendre, prévoyez de réserver très tôt dans la saison car les refuges sont pris d'assaut. Au retour, nous sommes passés par Courmayeur, un monde de dingue sous le Mt Blanc coté Italien et puis Chamonix. Là aussi y'a du monde mais on comprend à la vue de ce spectacle magnifique. mais le glacier des Bossons à piètre allure....
Des bises
Le Mt Blanc vu de la fenêtre de notre gîte - L’alpiniste Michel Paccard, premier à atteindre le sommet le 8 aout 1786 en compagnie du berger Jacques Balmat – Balmat avec de Saussure qu’il conduit au sommet le 5 Juillet 1787 - La gare (1901) et le pauvre glacier des Bossons
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