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Le blog de didier falleur pensées nomades

L’homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura – traduit de l’espagnol (Cuba) par René Solis et Elena Zayas - Métailié 2011 – 671 pages

didier falleur
L’homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura – traduit de l’espagnol (Cuba) par René Solis et Elena Zayas - Métailié 2011 – 671 pages

A cette époque, j’officiai dans un monde opaque et inconnu de certains que l’on nomme une librairie et parmi les centaines de livres que nous recevions, il est certain que le livre de Leonardo Padura fut parmi ceux-ci mais dans le flot perpétuel des nouveautés, je passai certainement à coté comme beaucoup d’autres bien sur mais impossible de les lire tous et il fallait de toute façon faire des choix.

Maintenant, j’ai tout le temps et celui en plus de choisir ceux que je vais lire et je reviens donc huit ans en arrière pour celui-ci et je ne regrette rien car c’est un immense moment de lecture et je ne vais pas me contenter de le nommer roman mais certainement monument.

Sortant à peine de ‘Ceux de 14’ de Genevoix, dans le genre pavé de 950 pages, me revoilà plongé dans un autre de plus de 650 mais ça en vaut la peine. C’est toujours l’histoire dont il s’agit mais nous passons de la première guerre mondiale à la guerre d’Espagne puis celle de 39-45 autour de Trotski, de son exil et de son assassinat par un certain Ramon Mercader. Repéré par les services secrets russes durant la guerre civile espagnole, il va être formé pour devenir celui qui sauvera la révolution d’un complot imaginé par la paranoïa du Montagnard au pouvoir.

Autour de ce drame, Leonardo Padura, dans un style magnifique et un souci extrême du détail qui nous font vivre presque au jour le jour la vie de cet homme, nous retrace l’histoire avec un grand H, celle qui donne des frissons devant sa barbarie et son inhumanité où le parti communiste de Russie se faufile dans toutes les luttes pour imposer un ordre et une idée sans se soucier des hommes et des femmes qui vont et qui doivent mourir sous son idéologie imposée par un Staline devenu totalement fou.

Pour ceux et celles qui avaient encore des doutes quant à la barbarie de cette dictature et les morts qu’elle a engendrée, ce livre met les points sur les I et les renvoie à leurs chères études et leurs  convictions les plus profondes.

A travers le parcours de Ramon Mercader, qui changera de nom tout au long de récit suivant les situations où il se trouvera, c’est toute l’histoire de cette révolution prolétarienne qui se transformera en massacre organisé qui défile devant nos yeux. Il faut prendre le temps de le lire et d’assimiler tout ce qu’il nous apprend à moins de le savoir déjà…peut-être. Salutaire et indispensable !

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