On n’en finit avec rien ni personne – Thierry Chebrek-Rosenfeld – Actes Sud mai 2018 – 383 pages
On ne compte plus les livres qui ont été écrits sur la tentative d’élimination complète du peuple juif par l’Allemagne nazie mais celui de Thierry Chebrek-Rosenfeld a cela de particulier, qu’en plus d’une certaine forme d’humour, certes parfois bien caustique, il règle son compte à pas mal de gens, à pas mal de pays et à pas mal de croyances ou de faits connus.
Alors qu’il est menuiser au Burkina Fasso (ce qui nous vaut le magnifique discours de Thomas Sankara devant les délégations africaines), né de mère française juive et de père algérien et plutôt FLN, une grande détresse le prend et il décide de parcourir la planète à la recherche de la mémoire de sa famille et des derniers survivants polonais. France, Pologne, Ukraine, Lituanie et les Etats Unis, vont servir de théâtre aux reconstitutions méticuleuses des massacres et des exterminations grâce aux documents et aux paroles des derniers témoins vivants.
C’est toujours bon pour nous rafraichir la mémoire mais c’est aussi l’occasion de sortir d’une idée préconçue qui tendrait à faire croire « Qu’ils se sont laissés faire sans rechigner ». Eh bien non, au contraire, les camps ont donné lieu a de multiples révoltes individuelles comme celles et ceux qui crachaient aux visages des SS lorsque leur compagne ou compagnon était emporté et sachant bien le sort qu’il leur était réservé. Sans compter les révoltes collectives qui ont bien sur donné lieu à des massacres mais aussi ont permis à certains de s’évader et de rester vivants.
De ce livre d’histoire, où chacun en prend pour son grade, des Lituaniens implacables aux Français bien serviles, des pays alliés qui savaient très bien ce qui se passait dans les camps mais trop occupés à gagner la guerre, des grands patrons bien contents de faire du commerce avec l’Allemagne nazie, on ressort de sa lecture avec un sentiment de dégout qui ressemble un peu à ce qu’on peut ressentir aujourd’hui à l’écoute de l’actualité mais convaincu que les luttes rendent plus fort. L’histoire bafouille….
