ET ELLES CROYAIENT EN JEAN-LUC GODARD – Chantal Pelletier – Editions Joelle Losfeld – 156 pages
A travers l‘œuvre complète du cinéaste, Chantal Pelletier nous raconte la vie d’une femme, Anne, d’abord jeune adolescente qui à la vision de « A bout de souffle », va trouver un sens à sa vie de provinciale buvant littéralement les paroles de Belmondo, installée au premier rang pour pénétrer à l’intérieur de l’image et c’est un acte que je revendique également sans aller jusqu’à ce stade (du premier rang).
Tout au long de son existence, JLG va ponctuer ses propres événements par la sortie de films tous aussi polémiques que décriés mais Anne s’en fiche, elle vénère son réalisateur préféré et prend même parfois le parti de ne pas en parler dans son entourage pour ne pas subir les critiques de ceux qui, bien sur, ne comprennent rien à cette œuvre majeure. Elle va s’abonner à un hebdo à la suite d’un papier visionnaire sur un film, tenter de retrouver les lieux de tournages, se marier à un jeune cinéaste aussi fou qu’elle de Godard mais surtout pour s’émanciper d’un père qui lui fout des baffes…A son âge….
Sa vie va courir ainsi, dans le désir permanent de ne ressembler à personne, de vivre sa liberté, de créer, de devenir femme, de choisir très vite les hommes qui vont la combler, de rater des virages, mais sans vraiment mourir tel un Bebel se passant le doigt sur les lèvres.
Hommage vibrant à ce cinéaste sans cesse en rébellion, se cherchant autant que Anne se cherche mais qui résiste au temps et qui, à plus de 80 ans, propose un film s’intitulant « Adieu au langage ».
Anne aura perdu beaucoup d’amis, de gens très proches qu’elle a aimés mais pourra se targuer d’avoir fait le bon choix en misant sur JLG car il est toujours là.
Roman ponctué de dialogues qui éclairent de façon magnifique les événements de la vie de cette femme, il fonce à toute vitesse, nous rappelant sans cesse que le cinéma est un art indispensable qui, grâce au mouvement, nous emmène dans des mondes parallèles et salvateurs.
« Le principe du cinéma ; aller à la lumière et la diriger sur notre nuit »
« Les hommes les plus humains, mademoiselle, ne font pas la révolution, ils font des bibliothèques ».
Bon j’arrête là pour revoir les films de Godard.
/image%2F1248423%2F20150224%2Fob_aa6965_chantal-pelletier.jpg)
/image%2F1248423%2F20150224%2Fob_e02925_et-elles-croyaient-en-jean-luc-godard.jpg)