ANTONIO ALTARRIBA / KEKO – Moi, Assassin – Denoël Graphic – 136 pages
Après ‘L’art de voler’ qui nous avait raconté d’une façon magnifique le témoignage d’un républicain durant la guerre d’Espagne, Antonio Altarriba revient dans un nouvel album que l’on pourrait aussi bien nommer ‘L’art de tuer’. En effet, il s’intéresse cette fois ci au parcours d’un homme extrêmement lettré, Enrique Rodriguez Ramirez, chercheur et grand connaisseur d’art et plus spécialiste encore dans la description des souffrances et mutilations. Qui pourrait imaginer donc que cet homme là met en exergue ce qu’il professe ? « Tuer pour rien est révolutionnaire ».
Mais cet art, il le fait d’une façon très professionnelle, très artistique pourrait-on dire. Totalement inconnues ou représentant à ses yeux une forme de décadence artistique, ses victimes n’ayant aucun lien entre elles, ni géographiquement ni relationnellement, il est très difficile de retrouver le coupable surtout quand il n’y a aucun motif apparent.
Le noir et blanc omniprésent rehaussé parfois par des tâches rouges évidentes, le récit nous emmène dans les dédales de la pensée de cet artiste tueur et de ses relations avec ses confrères de l’université. Roman graphique extrêmement fort, Moi, Assassin fait sans aucun doute partie des meilleures publications actuelles.
