TERMiNUS RADiEUX – ANTOiNE VOLODiNE - Prix Medicis 2014
TERMiNUS RADiEUX – ANTOiNE VOLODiNE – Seuil – 617 pages
C’est en terminant le roman d’Antoine Volodine que j’ai compris pour quoi il m’a fallu tant de temps pour le lire. Tout d’abord, nous ne savons pas vraiment quand cela se passe.
Ah si, après la Deuxième Russie Soviétique dont la capitale est l’Orbise et que, après un holocauste nucléaire qui a détruit presque toute la population de ce pays, ne restent en vie que quelques personnages errant, visiblement épargnés ou résistant aux radiations.
Nous suivons Kronauer, un ancien soldat qui, dans sa tentative de trouver un moyen de sauver ses compagnons en bien plus mauvais état que lui, va trouver sur son chemin un kolkhoze du nom de Terminus Radieux.
Petit à petit, nous pénétrons dans un monde totalement inconnu, jusqu’aux plantes aux noms bizarres, les gens semblent y vivre sans notion de durée ou de vieillissement telle la Mémée Oudgoul qui s’occupe d’entretenir un ancien réacteur nucléaire enfoui à plus de deux kilomètres de profondeur, le nourrissant en lui jetant cérémonieusement des déchets irradiés.
Il y a aussi Soloviëi, chef, mi gourou mi shaman, qui vient en rêve dans les corps des femmes sans vraiment leur consentement surtout si ces femmes sont aussi ses propres filles. Parfois il prend la forme d’un corbeau et ses textes souvent chaotiques sont diffusés par les hauts parleurs du kolkhoze et peuvent mettre les habitants en transe.
Kronauer va naviguer dans ce monde mi poétique mi apocalyptique au milieu de ces femmes et de ces hommes. Et pourquoi faut-il tant de temps pour lire ce livre, c’est que tout cela se passe sur des millénaires. Parfois les gens s’endorment et se réveillent (comme nous) après une longue période d’endormissement et le temps passe et les gens errent. Les rencontres sont souvent violentes quand il y en a car il y a de moins en moins de gens qui vivent dans ce monde. Bandits, pillards, âmes vagabondes, le monde d’Antoine Volodine est en même temps effrayant et magique. Son écriture magnifique enrichit l’histoire et les textes de Soloviëi nous emmènent vraiment dans les contrées lointaines de notre propre imaginaire.
Vous prenez le livre, vous le reposez et le voyage continue en vous. Quand vous le reprenez plus tard vous retrouvez les personnages naturellement, comme s’ils vous attendaient et vous reprenez la marche dans ce monde à leur coté.
Un des meilleurs romans de cette rentrée littéraire.
Hey les amis...Prix Medicis.......J'vous l'avais dit.....labize