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les pivoines illuminent le visage de boudah d'un cercle de feu
les pivoines illuminent le visage de boudah d'un cercle de feu
la pluie arrose la terre et me repose de mes inventaires paysagers ************************** Uzès 10/01/08
la masse noire du luberon dessine un horizon où nos yeux se fixent par se chemin si long notre corps tranquille se fond comme deux astres en éclipse les drapés de calcaire les lignes dans les pierres témoignent des mers anciennes les yeux reviennent sur terre perdus dans la vision éphémère des couleurs aériennes ***************************************************** Fontaine de Vaucluse 06/01/08
j'ai trois cactus il ne m'en faut pas plus hors nature pour m'entourer de nature je pars à sa rencontre je la foule je la traverse je la pénètre elle me parle me montre le chemin mais laisse parfois sur mon corps des traces longues à cicatriser quand je me suis égaré sans avoir su la lire elle m'offre sa flore ses arbres, ses lychens ses animaux en liberté ses rivières qui coulent ses autres asséchées ses cailloux qui roulent sous mes pieds ses falaises, ses rochers à escalader où les aigles aimaient à guetter ses garrigues ouvertes et fermées ses dolmens, ses menhirs comme des célébrités dressées....
les gares sont muettes portes closes et lestées de blindages personne à qui parler les champs sont vides jachères sans l'ombre d'un paturage tant de bouches à nourrir dans le ciel les satelittes espionnent
certains dorment à l'autre bout de la nuit d'autres paressent dans leur lit certains offrent leur cerveau disponible d'autres cherchent à comprendre certains taillent leurs rosiers d'autres marchent dans la campagne d'autres jouent avec leurs enfants certains embrassent leur mère pour la dernière fois d'autres ont des fusils en bandouillière et pensent aux trophés qu'ils vont brandir d'autres ont des fusils à la main et pensent aux hommes qu'ils vont tuer certains caressent leur chien d'autres emprisonnent tuent et violent d'autres portent des ceintures d'explosifs et traversent des foules anonymes...
d'un bond gracieux la biche disparait de nos yeux d'enfants retrouvés forte pluie le jour du départ la bretagne me fait son au revoir alors je revois alors je repense alors je revis les pierres, les landes, les roches le sable, de milliers de pas foulé les vagues qui veulent vous emporter et qui de guerre lasse vous laissent vous échapper les visions lointaines les caps écartelés les pierres dressées de nos ancètres la sérénité les penn-ty, les ty-coz, les breizh atao les enfants, les amis, les frères de la côte.
les ceps arrachés forment des tas immondes tels les cadavres d'un génocide organisé d'ou viennent ces ordres imbéciles arracher là planter là un peu plus de ceci un peu moins de cela plantons plantons plantons nourrissons nourrissons nourrissons ces être affamés qu'on tient bien loin de nous **************************************************** peu à peu je m'enracine j"envahis tous tes trous de mines tes ravins tes vallons tes cimes oh mes Cévennes sublimes le puzzle se recompose de cette vallée je revois l'autre les chemins déjà parcourus se rejoignent sur le grand sentier ****************************************************...
le lendemain nous accueuille sous un ciel de lumière le changement est radieux le vent toujours violent fait ressembler les prés aux herbes de Mallik panorama grandiose Aigoual, Sauveterre, Aubrac Méjean, enchainement magique les Puechs de Bondon se dressent à l'horizon comme des seins de femmes laissés à l'abandon on imagine bien l'attraction produite sur les hommmes d'antan quand, bouleversés par un tel paysage ils ont semé le causse de nombreux mégalithes et ces pierres dréssées tels des présages arches concentriques symboles hermaphrodites sillonnent le chemin le long des balisages Florac nous...
La marche commence doucement sur ce sentier abrupt derrière nous le ciel est d'encre une chape sombre recouvre le Méjean très vite les gouttes nous rattrapent vite remplacées par une pluie froide le temps d'enfiler nos vêtements de pluie et soudain c'est l'orage le chemin se transforme en torrent un éclair claque à portée de main et pourtant plaquées sur mes oreilles elles n'empechent pas le tonnerre de me saisir d'effroi nous sommes au milieu de l'orage assaillis de toutes parts par le bruit la pluie et la grèle état brutal de la nature heureusement le ciel se calme et peu à peu le rideau de pluie...