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Le blog de didier falleur pensées nomades

Trois films : Michael Kholhass - Grand Central et Trilogie Bill Douglas

zedid

Michael Kholhass  – Arnaud des Pallières   

Tiré du roman éponyme d’Heinrich von Kleist, Arnaud des Pallières transpose l’histoire de ce marchand de chevaux allemand en Cévennes. Abusé par un hobereau local qui lui demande indument un droit de passage aboli, il demande réparation en justice mais elle ne lui est pas accordée. Il va alors lever une armée pour se faire justice lui-même. Dans une Cévennes sublimée, Arnaud des Pallières filme cette épopée de façon magistrale préférant l’ellipse au récit pur. Les acteurs sont tous magnifiques : non seulement Mads Mikkelson mais autant sa fille que sa femme qui tente d’intercéder auprès de la princesse que Denis Lavant qui interprète un Luther convaincant.  Des gros plans peut-être un peu trop appuyés mais on ressort ébahis par la beauté des images et l’univers magique crée par le réalisateur. L’histoire elle-même est transposable de nos jours sur la question de savoir si oui ou non nous pouvons devenir nos propres justiciers et la fin réserve une belle surprise même si cruelle à nos yeux.

 

Grand Central  – Rebecca Zlotowski  

Deuxième long métrage de cette jeune réalisatrice, Grand Central nous propose une insertion dans la vie des intérimaires des centrales nucléaires pendant et après leur travail. Pour la partie travail, elle s’est appuyée sur l’excellent roman d’Hélène Filhlol  (L a Centrale - Folio) et la partie vie sociale est de son invention. Tourné en Autriche car impossible en France à cause de l’omerta qui entoure ce milieu, la réalisatrice, avec l’aide d’excellents comédiens tels Tahar Rahim (Le Prophète), Léa Seydoux, Olivier Gourmet ou Denis Ménochet, arrive à combiner ces deux histoires parallèles. Les ambiances de travail sont très bien rendues avec toute l’atmosphère pesante qui y règne et qui décrit bien les conditions très précaires de ces forçats de l’atome et cette histoire d’amour entre Gary (Tahar) et Karole (Léa) qui va se marier avec un collègue mais qui n’est pas tout à fait ce que l’on croit. Les espaces sont soit pesant soit rayonnant de lumières et représentent parfaitement les temps de vies  des personnages.

 

La trilogie de l’enfance - Bill Douglas – My childhood 1972, 48mn - My ain folk 1973, 55mn –My way home 1978, 1h12

Oubliée depuis des décennies dans quelques placards, cette trilogie nous raconte l’enfance d’un garçon en Ecosse entre les années 1945 et son passage à l’âge adulte. Mère malade, père invisible, lui et son frère sont élevés par une grand-mère qui  fait de son mieux. Sa vie n’est que chaos et solitude. Quand il trouve refuge auprès de quelques hommes (splendide travailleur allemand  délocalisé dans son village puis vieux monsieur qui lui avoue son amour pour sa mère) ces personnes disparaissent de sa vie et tout est à refaire. Quand il apprend aussi qu’il ne vient pas du même père que son frère il croit trouver chez le voisin (son père donc) refuge mais  il est traité comme un intrus.

Noir et blanc magnifique, longs moments de silence, on pense aux 400 coups de Truffaut et à bien d’autres réalisateurs de cette grandeur. Mais le mot qui ressort presque naturellement de cette trilogie est le mot « misère » tant la vie que ce garçon a du affronter montre plus d’apprêté que de bonheur comme les paysages et les villes vides semblent l'attester. Il se sort parfois de sa condition par des actes de révoltes ou de fuites mais on ne sait pas vraiment où la vie va le mener.

Un film dur mais qui montre avec acuité la vie d'un enfant que la société peut oublier.

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