TANNA – film australien réalisé par Bentley Dean et Martin Butler – 2015 – 1h44mn
TANNA – film australien réalisé par Bentley Dean et Martin Butler – 2015 – 1h44mn
Tanna est le nom d’une île des Vanuatu où vivent les dernières tribus coupées du monde moderne.
Les hommes portent un étui pénien et les femmes des jupes et des habits tissés en fibre de coco. Les bijoux ou parures sont faits de feuilles ou de fougères tressées. L’argent n’existe pas. On chasse encore à l’arc et à la massue. La tradition porte le nom de Kastom.
Et dans cette vielle tradition perdure encore celle qui consiste à offrir des jeunes femmes aux tribus voisines. En 1987, un couple s’est suicidé quand on a voulu les séparer. Depuis on a introduit l’idée d’amour dans la Kastom et les couples qui s’aiment peuvent se marier. Il suffit à la tribu de trouver une autre femme à offrir.
C’est à partir de cette histoire que les deux réalisateurs, après avoir tourné un documentaire sur cette île, son volcan sacré, le Yasur, et son peuple, ont eu la volonté de faire un film car ses habitants avaient aussi la volonté de faire connaître leurs coutumes au reste du monde.
Les acteurs viennent tous des tribus de l’île et sont toutes et tous illettrés : le chef est chef, le chaman est chaman et on a choisi le plus bel homme pour faire Dian. Le problème est que toutes les filles avaient honte de le regarder et il a fallu un moment pour trouver Wawa qui avait assez de cran pour le faire.
Le film possède une énergie incroyable car il est habité par tout un peuple, ses croyances et son environnement sans oublier le volcan qui dégage une force inimaginable. Nous sommes fascinés par ce que nous voyons et ce que nous entendons et quand le chef du village prononces ces phrases : « Nous avons résisté aux colonisateurs, aux chrétiens et à l’argent et nous devons rester unis sinon nous disparaîtrons », on ne peut qu’admirer ce peuple.
Le film a été projeté en avant première dans le village après le passage du cyclone Pam et à part une hutte traditionnelle, tout le village a été détruit mais personne n’a été tué. Ils ont regardé le film comme leur propre histoire.
Pleinement conscient que nous ne serions pas capable de vivre comme eux, il nous reste le devoir de les laisser le faire et de nous retirer en silence.
