Histoire d’un regard – documentaire de Mariana Otero – 2020 – 1h33mn
Ce regard, c’est celui de Gilles Caron, photographe de l’agence Gamma, disparu au Cambodge en juin 1970.
Faire un film sur un photographe, cela paraît incongru. L’un fige les actions, l’autre les enregistre en plans courts ou lors de longues séquences. Mais c’est justement par sa façon de photographier les scènes qu’il observe que Gilles Caron nous rappelle ce que l’on a pu voir (ou rater suivant l’âge) dans ces quelques années qui ont marqué l’histoire. Guerre des Six-Jours, Mai 68 et la fameuse photo de Cohn Bendit fixant le flic, London Derry, guerre au Vietnam, Biafra, il était partout et le magnifique travail de Mariana Otero consiste, entre autre, à le resituer dans l’espace géographie du moment. Comment il a pu se faufiler, se faire admettre, se faire oublier pour être là exactement où il fallait et au bon moment même s’il a pu sentir la mort le frôler à maintes occasions.
A revoir ses photos on se souvient bien sur de les avoir vues dans les pages chocs de Paris Match (le poids des mots, le choc des photos, souvenez vous) et elle nous explique son travail et cela devient vraiment du cinéma. Trier 100,000 photos offertes par la famille. (Ah, ce plan fixe sur ce disque dur enfermé dans sa boite et son mystère !!!!!), les développer, les poser sur ses murs, retrouver l’ordre original………...plus de 10.000 planches contact numérotées…………un travail d’archéologue que Mariano Otero va faire sans faillir pour nous offrir un grand moment de cinéma avec des images qui resteront longtemps gravées dans notre rétine. Magistral !!!!!!!!!!!!!!!!
Pour avoir travaillé 6 ans dans une agence de presse photo mais plus centrée sur les gens du spectacle, travail que Gille Caron faisait aussi et son commentaire sur ce monde est pas mal, j'ai revécu plein de moments tellement excitants comme l’arrivée des pellicules à l'agence, pellicules que j'avais récupérées des mains d'un passager qui arrivait en avion depuis là ou ailleurs ou de celles du photographe qui continuait sa planque et je devais rentrer à l'agence le plus vite possible car on se tirait quand même la bourre avec les motards des agences concurrentes . Sacré métier. J'ai senti que je devais arrêter quand un pote est mort devant moi sur le périf. Ce monde n'existe plus bien sur, remplacé par internet et les téléphones portables. Mais il a bien existé et Gilles Caron vient à juste titre nous le rappeler. Merci
en plein taf............avec Daniel Angeli, le boss........et les motos des potes
