Corps et Âme – film de Ildiko Enyedi – 2017 – 1h56mn
Corps et Âme – film de Ildiko Enyedi – 2017 – 1h56mn
Une jeune femme arrive dans un abattoir hongrois comme contrôleuse de qualité mais intrigue tout le monde par son mutisme permanent. Le responsable tente de l’approcher mais se fait rembarrer illico. À la suite d’un incident et de la venue d’une psychologue, ils s’aperçoivent qu’ils font exactement le même rêve, elle en biche et lui en cerf, à la recherche d’aliments à manger dans une forêt en hiver. Ça rapproche.
Alors que dès le début, le film nous balance en direct les séquences de mort, et la suite, des vaches qui vont devenir les steaks bienvenus aux carnassiers que nous sommes (sauf moi… ouf, mais j’en prends tout de même plein la gueule), petit à petit, il bascule dans une poésie magnifique où les images des animaux interpellent les deux protagonistes.
Mais comment faire pour transposer ce rêve dans la réalité quand on est pour elle, plutôt un peu autiste et effrayée par la vie, et pour lui handicapé d’un bras ?
Elle, Ildiko, nous propose un conte parsemé de trouvailles et délicatesse d’une subtilité et d’une inventivité réjouissante. On se laisse transporter dans ce rêve éveillé et le cheminement que vont parcourir ces deux êtres pourrait être tout aussi bien le notre dans ce cas. Bien sur que non car il est trop personnel mais on se prendrait à le rêver aussi. Du pur bonheur.
