Le Mans 66 – film de James Mangold – USA 2019 – 2h32 min
Dans la vie il faut quelques paradoxes et personne ne m’en voudra, à la lecture de mon passé de mécanicien (un peu, quand il le fallait) et de dingue de mécanique en tout genre d’avoir couru vers un cinéma style hall de gare, pop-corn sur les moquettes, 11 salles avec parking tout autour pour que les parents y emmènent voir le dernier Disney (toutes les séances complètes) et on a même pris la voiture de mon pote Ricardo pour y aller. Il a dit top à ma proposition indécente.
C’est l’histoire d’un géant de la bagnole, un certain Henry Ford mais deuxième du nom, qui trouve un peu humiliant de qu’on ne parle pas autant de sa marque que d’une certaine diva italienne et son staff lui propose d’aller courir aux 24 Heures du Mans pour se refaire une nouvelle image. c’est là qu’interviennent les deux héros du film, Carroll Shelby, ancien coureur et vainqueur de cette prestigieuse course en 1959 (sur une Aston Martin DB3S) et depuis concepteur de la fameuse AC Cobra et préparateur des Ford et Dodge que l’on peut voir dans le non moins fameux Bullitt. Excusez du peu. Et d’un certain Ken Miles pilote anglais hors pair mais un peu facétieux pour ne pas dire plus.
Pas simplement qu’un film de bagnoles sur-vitaminées, le film retrace aussi la vie des ses deux hommes et de leurs rapports un peu tendu avec une firme dirigée déjà par du marketing et une image de marque. Deux têtes brûlées face à une entreprise un peu rigide mais le Big Boss va se laisser convaincre et ça donnera la GT40. Nous aurons droit à une séance d’anthologie dans la rencontre avec le Commandatore et des représentants de la firme américaine et des longues séquences de bourres phénoménales sur des circuits. Des détails mécaniques pointus, mais peut être pas assez de vues plongeantes sur le berlingue de 7 litres. Pas grave on l’entend bien rugir et le super son de la salle donne de good vibrations.
La reconstitution du circuit du Mans et des stands est bluffante et je m’y suis revu quand je parcourrai ses allées il y de ça pas mal de temps (Bol d’Or 70). Je me souviens aussi y être allé à ces fameuses 24 Heures car mon pater travaillait pour une firme qui vendait de l’essence (je m’en suis bien sorti) et c’est eux qui fournissaient le pétrole des équipes à tour de rôle et alors il avait des invits et je me suis retrouvé peut-être dans la même cabine d’où M. Ford regardait les stands. Va savoir Charles ???
Ford est la seule marque US qui a gagné cette course depuis après ses victoires en 67, 68 et 69. Après, c’est une certaine firme allemande qui va arriver. Mais comme dit Carroll Shelby au moment de la présentation des voitures : » Elle est moche mais elle va vite ». La course le prouvera.
Magnifique film tout de même un peu réservé à ceux qui sont sensibles à ces histoires. Mais y'a pas de mal à se faire du bien.




