La tendre indifférence du monde, un film Kazakh de Adilkhan Yerzhanov - 1h39 - 2018
Une jeune femme (très belle nonobstant) doit quitter son village pour rejoindre ‘son cousin’ à la capitale qui doit l’aider à payer les dettes de sa mère après du décès du père. Ça sent le truc pourri pour elle mais elle est accompagnée par son fidèle ami Kuandyk (amoureux et du genre paysan rustre mais pas que on verra plus tard). Astana n’est pas la capitale d’un pays rêvé même si son architecture résolument moderniste peut faire croire à un pays développé mais la corruption y règne en maitre sous la poigne de fer d’un président réélu avec 95.5% des voix.
Le réalisateur développe un sens de la lumière très personnel qui offre des images magnifiques et d'une grande poésie. Camus (dont est tiré le titre du film), Stendhal, Shakespeare et quelques peintres aussi (magnifique scène de visite du salon des indésirés) nous accompagnent dans cette fable moderne qui nous rappelle aussi les déboires du héros de Léviathan. Comme quoi, la Russie et ses anciens satellites ne sont pas encore sortis d’une administration totalement corrompue et d’un mode de vie archaïque dont nos deux héros vont faire les frais.
Film étonnant à tous point de vue dont je ne vous dirais rien de plus. Mais ça vaut le coup d’aller passer 1h39 là-bas avec eux.
