La bagnole
C’est dans les années 50 soit au début des trente glorieuses que l’on a décidé que la voiture allait libérer le peuple de l’immobilité d’après guerre.
Il faut se rappeler que jusque là, les ouvriers, les gens modestes se déplaçaient grâce à un réseau magnifique de transports collectifs. Rappelons nous d’un train qui allait, par exemple, jusqu’à Florac. Essayez d’aller à Florac en transport collectif aujourd’hui. Pas simple.
Et puis il y avait aussi le Vélo, le Solex, la Mob et le Scooter et pour les plus nantis la moto. Le Side-car permettait de transporter une famille et même les Vespa pouvaient en posséder un ou une remorque. Mais les industriels ont vite vu que ces moyens de transport populaires et bon marché n’allaient par les enrichir alors on a commencé par augmenter drastiquement les tarifs d’assurance des deux roues motorisés ce qui a tué ce mode de transport. Mais heureusement la bagnole est arrivée pour sauver tout le monde. Oh modeste au début, simple, légère même si très dangereuse (la 4CV) mais la 2CV a conquis tout le monde jusqu’au fond de nos campagnes.
La société devenait moderne, elle roulait en bagnole en on pouvait donc peu à peu réduire le réseau des trains ou plutôt détruire, puisque tout le monde avait une bagnole. Pas tout le monde ? Ah bon, oh ben qu’ils se démerdent les antis modernité du futur génial et magnifique. Une première fracture sociale donc.
Et nous en sommes là aujourd’hui.
Ces qui ne peuvent faire autrement que prendre leur bagnoles pour aller travailler faute de transports adaptés au horaires et au territoire et ceux qui n’envisagent nullement de les prendre car c’est pas pratique et comment je fais pour transporter tous les sacs des produits que je viens d’acheter au supermarché loin des centres villes.
Avant on faisait ses courses en bas de chez soi maintenant il faut faire 5km ou plus.
Il est bon aussi de rappeler que la moyenne des trajets faits en bagnole ne dépasse pas ce kilométrage. Atterrant !!! Sans compter les anorexiques de 45kg qui se baladent dans des SUV de 2 tonnes. Rapport poids/encombrement/émissions nul (je suis un peu méchant, je vous l’accorde mais c’est la réalité).
Alors la bagnole qui était sensée être un moyen d’évasion et d’émancipation est devenue un fléau mondial, une aberration, un truc à bannir de notre quotidien.
Oui mais comment faire ? Comment faire quand, par exemple, on ne trouve pas de covoiturage pour un trajet jusqu’à Nîmes ou Avignon. J’ai essayé, j’ai rien trouvé. Comment faire quand des rdv sont programmés dans ces villes et qu’il est impossible d’en revenir. Plus de train ou de bus.
Le projet de ce gouvernement est nul et les gilets jaunes ont raison de se mobiliser même si les arguments sont parfois mal exprimés ou faux (comme le prix des carburants) et tant mieux si ce mouvement non contrôlé (pas partout) abouti à une prise de conscience des inégalités sociales, des disparités salariales indécentes et des avantages donnés aux riches, aux très riches qui de toute façon ne payent pas leur bagnole ou ses frais car souvent offerts par les sociétés qui les emploient (la majorité des berlines de luxe et des gros SUV sont des flottes d’entreprises).
A très bientôt.
Amitiés
Didier
Je vous rappelle aussi les manifs du 8 décembre contre l’argent de notre épargne investi dans les projets fossiles : https://france.attac.org/se-mobiliser/pasavecnotreargent/


