Une valse dans les allées – film de Thomas Stuber – Allemagne 2018 – 2h05mn
C’est avec celle de Strauss que commence le film et par un ballet de chariots élévateurs dans les coulisses d’un super marché genre hard discount. Christian se fait remettre sa tenue de travail, une blouse bleue, un cutter, 4 stylos et son badge de manutentionnaire. Bruno, le chef de rayon ‘bières et boissons’ ne voit pas pourquoi on lui colle ce gars dans les pattes mais va vite devenir son initiateur. Il y a aussi Marion qui s’occupe du rayon confiserie et que Christian aperçoit parfois à travers les rayons. Il va en pincer pour elle.
Le décor est planté et quand on sait que cela se passe dans une ancienne RDA, on comprend peu à peu les mécanismes que Thomas Stuber veut nous montrer et il le fait d’une très belle manière et dans une grande douceur. La poésie permanente des plans longs et soignés dans une lumière naturelle ou rehaussée par les néons du supermarché, la justesse des acteurs (Sandra Hüller, vue dans Toni Erdmann), la bande son merveilleusement bien choisie (Strauss, Bach, Timber Timbre….), les petites piques sur les dégâts de la consommation, tout cela réuni nous offre un film étonnant tant dans son approche, un supermarché, mais aussi dans le regard incroyablement juste des comportements humains de cet univers clos et inconnu. On ne sait pas tout et quand Thomas Stuber commence à entreprendre de nous le faire voir, les portes se ferment vite et nous laissent avec nos questions. La fable se transforme aussi en conte triste mais la vie suit son cours et les supermarchés continueront de se décorer de boules de Noël et les chariots élévateurs de remplir les rayons vides le moment venu…
