Western – film allemand/bulgare de Valeska Grisebach – 2017 – 2h00
Des ouvriers allemands sont chargés de construire un barrage dans une campagne bulgare perdue. Allez, vous allez me dire, mais non c’est l’inverse, eh bien non, c’est bien ça, le monde à l’envers comme quoi les ouvriers détachés se promènent bien dans toute l’Europe.
L’un deux, Meinhard, se tient un peu à l’écart du groupe et va tenter doucement de lier des contacts avec les habitants du village voisin alors que ses collègues sont plutôt lourdingues (70 ans après. on revient….). Il est plutôt taiseux ce Meinhard, et ne parlant pas la langue locale, les dialogues vont se faire plutôt par des signes que par la parole mais peu à peu il va se faire accepter et devenir copain avec certains du village.
Quel étrange film que nous propose Valeska Grisebach parce que, du Western, on n’est quand même loin des règles du genre mais il y règne une ambiance tout de même en permanence tendue et les paysages, la vie locale qui nous transpose 50 ans en arrière, la chaleur étouffante nous met en condition de se sentir très loin de tout et pourquoi pas en Bulgarie par exemple et alors la Bulgarie devient le théâtre de ce western particulièrement déroutant.
Meinhard va-t-il se servir de ce cheval pour pénétrer dans le village et se faire adopter, Vincent le contremaitre vient-il se faire pardonner d’avoir malmené les femmes qui venaient se baigner ????
Tout est confrontation, rapports de force, marchandages et regards tendus et si vous enfreignez les codes, la sentence tombe inexorablement (western ???) et il ne vous reste plus qu’à vous confondre dans le paysage et dansez avec ceux qui dansent et oublier qui vous êtes. Nous sommes littéralement transportés par les images que Valeska Grisebach nous propose, comme un saut dans l’inconnu et les questions que l’on peut se poser. A voir pour autre chose que le connu.
