La villa – film de Robert Guédiguian – 1h47
Aller au cinéma pour aller voir le dernier film de Robert Guédiguian, c’est comme retrouver des amis, une famille et c’est justement le thème de celui la, pas pour des histoires très drôles car le père est malade et ses enfants se retrouvent à son chevet. Alors il y a Joseph (JP Daroussin) venu avec sa trop jeune fiancée Bérangère (Anaïs Demoustier), Angèle (Ariane Ascaride) et enfin Armand (Gérard Meylan) qui tient le restau du père dans cette calanque, restaurant simple pour les gens ordinaires, d’ailleurs on n’y sert que des pâtes, les recettes du père piquées à la mère.
Dans cette calanque près de Marseille (que l’on voit au loin) qui va servir de décor à l’analyse du monde, Robert Guédiguian va faire opérer la magie du cinéma : les images vont parler de la lutte des classes, du monde qui s’en va et de celui qui le remplace (c’est moche ces couleurs ….), le monde de la vieillesse et celui qui arrive, magnifiquement interprété par les nouveaux venus (Demoustier et Robinson Stevenin). Et puis il y a les très jeunes, les enfants qui débarquent dans ce décor, chassés de leurs terres, naufragés de la misère et des guerres et qui vont bouleverser le quotidien de ces gens et les faire revenir aux valeurs dans lesquelles ils ont été élevés et pour lesquelles ils se sont battus et se battent encore comme leurs cœurs.
Hymne à l’amour qui s’en va et qui apparait, hymne à la fraternité qui réunit les hommes, hymne à la vie qui continue entre les jeunes qui veulent tout changer et les vieux cons qui trouvent bien sur que c’était mieux avant. Robert Guédiguian réalise un film en parfait équilibre entre ces deux mondes, comme un passage obligé dans son rôle de réalisateur. Magnifique.
