Certaines Femmes réalisé par Kelly Reichard – USA 2016
Dès le premier plan un train de longueur infinie traverse l’écran et nous informe de manière magnifique de l’endroit où nous sommes, perdus dans une immense paysage d’hiver. C’est l’histoire de quatre femmes. Laura avocate harcelée par un client refusant les conclusions de son dossier, et c‘est elle qu’on envoie au charbon quand les évènements se précipitent. Elle aussi la maitresse de Ryan qui est marié à Gina la deuxième femme. Elle est surtout préoccupée à récupérer un tas de blocs de grès qui trainent sur le terrain de leur voisin pour la construction de leur maison. Je la déteste déjà quand je la vois écraser son mégot dans la foret et le cacher dans la terre. Ryan ne l’aide pas beaucoup dans ses négociations. La dernière s’appelle Jamie, palefrenière dans un ranch isolé. Elle tombe amoureuse de Beth qui vient donner des cours aux professeurs du village sur les droits des élèves mais ceux ci s’intéressent surtout à leurs propres privilèges.
Ce film d’une lenteur hypnotique, nous transporte dans un univers lointain et la vie routinière de ces femmes. Les gestes répétés, les rapports avec leur communauté, leur famille, leurs voisins. C’est tout et c’est suffisant tellement Kelly Reichard le fait avec infinie subtilité et délicatesse. Les visages expriment toutes les émotions et nous vivons avec elles tous ces instants si ordinaires et pourtant si importants.
