Paterson – film de Jim Jarmusch – USA 2016 – 1h58 avec Adam Driver et Golshifteh Farahani
Paterson est chauffeur de bus dans la ville du même nom dans le New Jersey (près de NY). Sa vie est réglée comme du papier à musique, sa montre magique le réveille tous les jours entre 6h15 et 6h30, il embrasse tendrement sa femme, prend son petit déjeuner et s’en va travailler à pied jusqu’au dépôt de bus. Sa particularité fondamentale est qu’li écrit des poèmes inspirés par ce qu’il voit durant sa journée. La boite d’allumettes qu’il manipule dans sa main le matin ou tout autre sujet qui inspire celui qui aime écrire.
Pendant sa pause déjeuner, il va souvent près d’une cascade qui semble l’aider à écrire. Le soir il rentre, et après le repas se rend dans son bar au prétexte de promener le chien Marvin, personnage important du film aussi, sorte de lien entre la réalité et le monde poétique où il navigue.
Sa femme est également une artiste, excentrique dans sa volonté de transformer tout ce qui l' entoure dans deux couleurs, le noir et le blanc : ses habits, les rideaux de douche, les portes de placards jusqu’aux petits gâteaux qu’elle prépare pour le marché de dimanche.
Alors pourquoi ce film est-il si magnifique ? Et bien parce qu’il nous offre un long moment de douceur et qu’il est rare qu’un film soit consacré à la poésie et c’est pour ça qu’il nous rend heureux. Dans la forme aussi avec les poèmes qui s’affichent sur l’écran alors que Paterson les écrit sur son carnet comme la ville qui défile dans le pare-brise de son bus, les visons ou les dialogues subtils que Jarmusch nous propose, ce bar où il se rend tous les soirs, parsemé de messages délicats comme les photos collées sur le mur, lieu de rencontres et d’échanges du théâtre de la vie. Tout nous incite à la rêverie et à une sorte de quiétude intérieure et même si je ne dis pas vraiment mais presque quand même que je rêve d’un monde identique, ces deux heures de douceur font un bien fou. La scène finale est tout simplement magnifique et nous fait retourner à la vie réelle avec un élan nouveau. Merci infiniment.
