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Le blog de didier falleur pensées nomades

FUOCOAMARE, Par delà Lampedusa – documentaire italien de Gianfranco Rosi -2016

didier falleur
FUOCOAMARE,  Par delà Lampedusa  – documentaire italien de Gianfranco Rosi -2016

Lampedusa, petite île de 20km² située à 70 mile des côtes africaines et 180 de l’Italie donc  de l’Europe toute entière. 150000 migrants y ont déjà accosté alors que 15000 autres sont morts durant cette traversée.

Le réalisateur nous propose une approche multiple de ce qui se passe sur cette île. A travers la vie d’un jeune garçon, plus préoccupé par la fabrication des ses frondes et la chasse aux oiseaux dans la nuit et ses relations avec ses proches, la vie des habitants et le travail des équipes de la marine et des médecins qui doivent gérer l’afflux des réfugiés dans les eaux territoriales.

D’un coté une certaine douceur de vivre ponctuée par les tempêtes, les visites chez le médecin pour des problèmes d’anxiété et de vue du garçon et la brutalité de ce que vivent ceux qui viennent de traverser la Méditerranée dans des conditions souvent proches de l’extermination programmée.

Le réalisateur nous emmène dans les bateaux qui accostent ces radeaux de la détresse totalement surpeuplés et d’où l’on retire les cadavres, puis c’est le tri suivant les origines, les soins donnés aux plus souffrants, la vie dans les camps. On y joue au foot dans des espaces réduits, on téléphone à la famille, on dort sur des matelas dans des couvertures  de survie. On attend. Est-ce que c’est ça que l’Europe peut offrir à ces gens ??? Et que l’on ne vienne pas me parler de différence entre les réfugiés politiques et économiques. Comme ces bateaux de la mort où il y a trois classes ; dans la cale, 3° classe et 800 dollars la traversée, sur le pont 2° classe et 1000 dollars et sur la cabine 1ère classe et 1500 dollars. Moi je n’y vois que des personnes en détresse et fuyant la misère. Mais les morts sont dans la cale.

C’est un film poignant et je me souviens de ce que les soldats américains ont fait subir aux allemands à la découverte des camps, les obligeant à venir voir les charniers près de chez eux. Il faudrait obliger toutes les personnes qui s’insurgent à l’idée de recevoir ces migrants à voir ce film ou les emmener sur les bateaux et leur faire décharger les cadavres.

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