Notre petite sœur – Hirokazu KORE-EDA – japon 2015
Ce film est un pur bonheur à condition bien sur de se laisser porter par l’histoire, les images et les actrices merveilleuses qui l’incarnent. Au décès de leur père qui a quitté le domicile conjugal il y a vingt ans, trois sœurs apprennent qu’une autre fille est née de cette dernière union. Elles vont faire sa connaissance lors des obsèques et lui proposer de vivre avec elles, ce qu’elle va accepter.
Voir un film japonais est le moyen pour moi de me plonger dans l’atmosphère de ce pays lointain et si étranger et c’est bien ce que nous propose Kore-Eda dans son film : vivre le quotidien de ses femmes et de cette jeune fille. L’hôpital pour l’ainée, la banque pour la suivante, les études pour la cadette et l‘école pour la plus jeune et c’est à chaque fois l’occasion de nous faire entrer dans l’intimité de chacune et c’est à chaque fois l’occasion pour nous d’apprendre un peu plus sur les détails de ce pays et de ses habitants. Rien de très exceptionnel en sorte et pourtant, chaque plan, chaque phrase lancée, chaque réflexion nous fait avancer dans le monde intime de ces vies où les rapports sont si organisés. On ne se touche pas ou très peu même pour marquer sa joie et sa peine mais on s’incline respectueusement mais on dit aussi ce qu’on a sur le cœur et une bonne rasade d’eau de vie de prune vient aider à ce que les langues se délient mais on le dit, c’est clair : on boit pour parler et parfois on ose se rebeller aussi.
La maison ancestrale, la réparation des cloisons en papier, la cuisine, les gestes quotidiens, les rapports avec les voisins, les commerçants : » Les pommes de terre viennent d’Hokkaido, elles sont très bonnes ». Les rues arpentées, le rivage où les gens paddlent. Tous ces moments que nous partageons avec ces femmes sont comme des caresses et des échanges magnifique et j’ai envie de prendre ces trains qui emmènent loin. Merci

