Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de didier falleur pensées nomades

Cinéma - Le bouton de nacre – film de Patricio Guzmán – Chili 2015

zedid
Cinéma - Le bouton de nacre – film de Patricio Guzmán – Chili 2015

Le bouton de nacre – film de Patricio Guzmán – Chili 2015

Avec Patricio Guzman, c’est une longue histoire d’amour depuis la vision de ses trois documentaires intitulés : « La bataille du Chili » (1975-1979). J’avais vécu, grâce à lui, les heures magnifiques puis tragiques de cette révolution démocratique systématiquement anéantie par les états unis dans ce concept archaïque de peur du socialisme. Peur plutôt que ses multinationales implantées dans ce pays ne perdent de leurs puissances devant la possibilité de nationalisations totalement justifiées. On connait la suite, grève des transporteurs payée par la CIA d’où une paralysie complète du pays ce qui a provoqué un mécontentement de la classe bourgeoise et dominante et la justification d’un coup d’état. Classique en somme. Dégâts immenses, blessures à jamais purulentes.

Patricio Guzmán, jeune cinéaste, a suivi toute cette période et revient en 2004 avec un documentaire magnifique sur Allende et son histoire. Je le retrouve en 2010 avec un film admirable en tout point : « Nostalgie de la lumière » où il fait le parallèle entre les femmes des disparus de la dictature, cherchant désespérément des restes de leurs maris et enfants dans le désert d’Atacama et les astrophysiciens occupés à chercher la lumière des étoiles. Il fait se rencontrer ces personnes qui s’ignorent alors qu’elles se côtoient. C’est tout simplement sublime.

Alors nous sommes en 2015 et P. Guzman revient avec un nouveau film sur l’eau. Pas si simple. Bien sur, l’eau qui borde ce pays sur 4200km mais qui n’est plus que symbole de rivage et de peur. Mais les anciens, ceux qui vivaient ici il y a 10.000 ans ne voyaient pas cette masse liquide comme une frayeur mais comme un moyen de subsistance. Il nous parle des ces tribus, de leurs rites, de leurs langages grâce aux 25 témoins restant de leur existence. Merveilleux moment où il fait parler cette femme en langage Kawesquar qui dit ne pas connaitre les mots dieu et police, le poète Raoul Zurita et les témoins de la barbarie de la dictature. Ca y est, la boucle est bouclée, de la disparition des ethnies primitives avec l’accord des autorités de l’époque (des barbares) jusqu’à celle de l’entourage d’Allende qui témoignent de leur temps passé dans les prisons. Les images sont absolument magnifiques, les propos justes et émouvants. Ce n’est pas un film comme les autres mais un récit qui nous emporte du cosmos à la goutte d’eau. Magistral !!!!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires