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Le blog de didier falleur pensées nomades

C’est quoi ce travail ? – documentaire de Sébastien Jousse et Luc Joulé – 2015

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C’est quoi ce travail ? – documentaire de Sébastien Jousse et Luc Joulé – 2015

St Ouen, banlieue de Paris, l’usine PSA y produit quelques 800.000 pièces automobiles. Les images suivent non seulement le travail des ouvriers qui, tel un robot place des morceaux de métal qui vont être soudés pour devenir d’autres pièces de métal, qui devant sa presse contrôle le bon déroulement des opérations, qui devant sa fraiseuse numérique exécute une pièce suivant le dessin qu’il a reçu mais aussi un étrange bonhomme qui se déplace dans l’usine avec des micros. Il va capter les sons des machines, les sons d’ambiance. C’est Nicolas Frize un compositeur qui est en train d’élaborer une œuvre sur cet endroit et ses bruits.

Tout au long du documentaire, les voix off vont révéler le travail de ces femmes et de ces hommes, leur adaptation ou non aux gestes répétés à l’infini (plus de 1000 pièces produites pas jour pour certains), leurs douleurs, leurs peines, leur façons de s’enfuir, de s’échapper de cet univers.

« Parfois ce sont mes mains qui travaillent et je ne suis pas vraiment là ».

« Quand la machine s’arrête à cause d’une panne, je suis content, je ne fais rien, j’attends que cela redémarre tout seul ».

« Quand j’entends la presse je sais que tout roule et je peux m’échapper par une porte dérobée et aller boire un café en ville ? C’est bien l’usine dans la ville. Il y a la vie tout autour. C’est mieux que des mottes de terre ».

« Je n’aime pas être dans le rouge, je fonce, j’avance, parfois je trouve que la machine ne va pas assez vite. Quand j’ai fait mon quota je peux partir ».

Tous ces portraits nous parlent directement avec toutes les émotions, les vies qu’ils comportent. Nous sommes admiratifs devant la résistance mais si certains ont des travaux moins pénibles que d’autres. Certains craquent, quoi de plus normal quand vous en êtes à deux doliprane chaque jour ou que vos épaules vous font tant souffrir.

Puis il y a le concert final où les pièces de rebut deviennent des instruments, des sons magnifiques, où les ouvriers deviennent récitants où tout s’apaise durant un instant avant que les portes de l’usine ne s’ouvrent de nouveau sur le travail.

Je suis sorti totalement bouleversé par ces images.

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