Cinéma : Amours, larcins et autres complications et Fatima
Amours, larcins et autres complications de Muayad Alayan – Palestine - 2015
Marre des boulots de chiotte payé des nèfles, Moussa décide de retourner vers un truc qui rapporte un peu plus : le vol de bagnoles et la vente des pièces détachées. Pas de pot pour lui, la Passat qui traine dans le quartier appartient à un milicien palestinien et quand il ouvre le coffre la surprise est de taille ; un soldat israélien bien ligoté et bâillonné et qui lui crie qu’il veut pisser dare-dare. Ca commence comme ça et les ennuis vont s’accumuler sur le dos du pauvre Mousa qui ne demandait rien d’autre à la vie que de se faire un peu de pognon pour quitter ce pays.
Même si le film comporte un peu d’amateurisme, il fait preuve de beaucoup d’humour et on se plait à suivre les aventures de ce héros malgré lui qui va tenter par tous les moyens de tirer parti de la situation. De plus un très beau noir et blanc vient éclairer les scènes. On passe un bon moment avec ce film/comédie.
Fatima de Philippe Faucon – 2015
Fatima vit seule avec ses deux filles et fait des ménages pour vivre et payer les études de la plus grande. Sérieuse, elle veut faire des études de médecine ce qui va obliger sa mère à faire des sacrifices. La plus jeune est plutôt du style rebelle à sécher l’école. Deux styles très différents donc. Fatima parle très mal français mais surtout ne sait pas le lire ni l’écrire ce qui la coupe du monde où elle vit. La plus jeune en profite pour lui mentir.
« De toutes façons tu comprends rien et tu peux pas m’aider »
Soit d’un coté, une fille qui la pousse à faire des efforts et de l’autre, une petite effrontée qui la provoque sans cesse.
Le réalisateur nous propose un film tout en douceur et en linéarité qui montre la vie de cette femme aux multiples boulots et confrontée au quotidien. Chez les bourgeois qui la provoquent en laissant trainer des billets dans les poches, dans l’usine où la chef la gronde quand elle part un peu trop tôt même si le travail est fait et le mépris de la propriétaire qui invente un problème de clef pour ne pas lui faire visiter un appartement. Un accident de travail va l’aider à trouver le temps d’écrire ce qu’elle ressent dans cette société.
C’est un très beau portrait de femme qui se bat pour vivre dans un monde hostile où même ses voisines de même origine, peut-être jalouses de sa fille, montent des bobards pour la provoquer. Les cadres serrés, les plans simples sans fioritures décrivent un monde normal où la vie se passe. Très beau moment.

