LE SEL DE LA TERRE – WIM WENDERS et JULIANO RIBEIRO SALGADO
Aller voir ce film ce n’est pas seulement voir de belles photos faites par l’un des plus grands photographes actuel et filmé par un non moins grand cinéaste, c’est aussi accepter de rentrer dans l’intimité de cet homme et de son parcours de vie. Et quel parcours. Programmé pour suivre une carrière d’éminent économiste, il décide un jour que la photographie serait sa ligne de vie et il ne s’en est plus détaché depuis.
De 1981, où il parcourt le Nordeste à la découverte de son propre pays et donc de sa misère (le Sahel local comme il le nomme si bien) son chemin va le conduire en Afrique qui va devenir en sorte sa terre de référence : Biafra, Mali, Niger, Ruanda puis Ex-Yougoslavie, ses photos vont témoigner de la barbarie humaine et de ses atrocités. Il faut avoir le cœur bien accroché comme il dit pour le supporter.
Alors, pour soigner son âme saignante, il va repartir sur la terre mais pour la photographier dans sa générosité, dans les endroits où les hommes vivent encore au paradis, où les animaux sont encore libres de s’ébrouer où les images rapportées témoignent de la beauté, de l’harmonie et de la paix.
Sebastião Salgado n’est pas un photographe formaliste et ses cliché aussi beaux soient-ils ne veulent pas montrer un travail parfait mais une relation ténue entre le photographe et son sujet. Des moments de complète communion qui demandent des séjours prolongés et une acceptation réciproque de la beauté comme de la douleur. Très grand moment de cinéma.