Retour à Valencia - 2014
Crotte, j'aurais dû prendre plus de livres j'ai déjà fini les deux que j'ai emporté. Ouf, j'en ai trouvé un autre au fond du sac . "L'alpiniste" de Bernard Amy. Vais bien voir de quoi ça cause ce truc .......
Au MUVIM une exposition sur la POP avec des pochettes de disques originales (comme celle de Warhol avec la banane...je l'aurais bien chourrée), des marionnettes habillées en Bowie ou Jackson, des affiches de concerts (Sonic Youth ou Devo) , des lieux de musiques. Nostalgie pure......
Vendredi, petite impression hivernale; le temps est couvert. La ville me parait totalement vide. On me dit que c'est à cause du froid et que les Valenciens n'aiment pas le froid alors ils ne sortent pas ces jours car il y fait toujours beau; cela leur laisse beaucoup de temps en effet.
Je retrouve Denis pour un dernier a-m culturel dans la ville. Promenade dans les jardins de la voie verte qui a remplacé le cours du fleuve Turia. Celui-ci a été détourné de son lit. Nous passons sous de magnifiques ponts des 15 et 16° siècles. Le musée des Bx Arts nous fait signe alors nous y entrons pour se délecter de quelques Goya, Velasquez et autres Pinazo. Le grand tableau de Goya représente une dame élégante mais c'est surtout le petit chien blanc à sa droite qui retient l'attention. Comme si le peintre s'était amusé à contrebalancer la figure un peu figée de cette bourgeoise par le style brouillon et vivant de l'animal; elle en noir et lui en blanc. Saisissant !!!!! Très bel autoportrait de Velasquez et deux splendides minuscules toiles de Pinazo; Un délice !!!
Mais quel dommage que ce musée: des tableaux non mis en valeur par des encadrements lourds, une lumière parfois écrasante ou créant des reflets très gênants. Dommage.
Véro pourrait aisément proposer ses services ici.................
Mais étrange sensation que de se retrouver seuls dans un musée sans personne pour surveiller et où vous pouvez approcher les toiles de très près: à 10cm d'un Goya !!!!!
Nous traversons le boulevard (au passage regard ému sur la belle station du Nord) pour pénétrer dans le quartier de Ruzafa encore inconnu à mon ami Denis; quartier populaire devenu depuis peu celui des artistes, des étrangers, de ceux qui veulent vivre un peu différemment. Mélanges de genres, de nationalités, d'identités, ce quartier très vivant propose une vie nocturne agitée et riche en rencontres. Les bars se succèdent dans les rues envahies. dedans dehors, les discussions sont animées et fusent. C'est la nuit Valencienne de Ruzafa. Nous passons d'un bar à l'autre: nouvelles rencontres puis une porte s'ouvre et ce sont des gens qui chantent et qui jouent de la guitare qui vous accueillent. Seul l'Electr"O" Pura (mierda) nous aura déçu. Mais il est deux heures et nous sommes un peu fatigués pour ne pas dire plus. Back home !!!!!
Samedi : départ de la Gare du Nord. Je peux à loisir me délecter de sa décoration moderniste. elle me rappelle tellement celle de St Petersburg que je suis troublé. Pas tout à fait le même style mais bon.....
Je vais à Barcelone. Quel contraste entre ces deux villes; si Valencia semble endormie Barcelone parait, elle un peu diabolique. Les rues grouillent littéralement de monde et il est parfois difficile de se frayer un chemin dans les avenues bondées. C'est vrai que ce sont les soldes et une frénésie totale a l'air d'avoir mis tout le monde en transe. Je retrouve Juana une amie d'Attac Espagne qui m'héberge pour la nuit.
Dernier jour. Retour TGV pour Nîmes. La voie rapide longe parfois celle des trains de banlieue et de moyenne distance comme disent les espagnols et je me dis que ces mondes très parallèles marquent et creusent l'écart entre les voyageurs pressés ou touristes et le monde des travailleurs qui n'ont droit qu'à un simple train et de simples gares. Prendront-ils un jour ce train ces gens simples ? Toutes ces dépenses engagées ont-elles un sens alors que le pays manque peut-être encore d'écoles, d’hôpitaux et de transports urbains et péri-urbains? Mais on construit un train de luxe, des gares de luxe, des tunnels de luxe pour touristes en goguette, un train qui ne sera emprunté que par une très faible minorité des espagnols, des européens et du reste du monde......
Il y quelques temps, j'effectuai encore ce trajet en train normal et je me rappelle avoir marché entre Cerbère et Port-Bou à travers la montagne. Mais je peux encore le faire si je veux. Le train normal et la montagne existent encore................