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Le blog de didier falleur pensées nomades

Retour à Valencia - 2014

zedid
Dans le ciel, le gris des nuages s'interrompt sèchement pour laisser place au soleil. Au loin, la chaîne des Pyrénées est illuminée par la neige. Le silence est perturbé par les bruits parasites de la technicité envahissante.
750km plus au sud que le sud habituel. A partir de quelle ligne remontons nous vers le nord ? Mais ce sud est plus doux, plus chaud et pourtant pas si loin de l'autre.
Une journée de train pour y parvenir.
Orangers, palmiers, mandariniers; fruits mûrs et prêts à être dégustés. Le printemps en avance pour ce 7 janvier 2014 à Valencia.

Crotte, j'aurais dû prendre plus de livres j'ai déjà fini les deux que j'ai emporté. Ouf, j'en ai trouvé un autre au fond du sac . "L'alpiniste" de Bernard Amy. Vais bien voir de quoi ça cause ce truc .......

Sinon, l'Espagne montre d'une façon évidente son coté ultra-libéral en adoptant récemment des lois régressives sur l'avortement et les droits des femmes. Et elle voudrait en plus que l'Europe les adopte. Ce qui saute aux yeux c'est surtout l'urbanisation anarchique qui envahit les campagnes alors qu'il est flagrant que les structures ne sont pas prêtes. Les maisons ont souvent l'air de ne pas être finies, les abords sont jonchés de détritus mais les chemins de terre ne me dérangent pas du tout.

Jeudi matin : fort brouillard et froid. Il a gelé cette nuit et le thermomètre affiche difficilement 6°. Une petite heure de train pour atteindre Valence. Le temps s'est ouvert et la température a grimpé à 13°. Journée culturelle à l'IVAM et au MUVIM, deux musées d'art contemporain et des cultures actuelles. 
IVAM: Miguel Navarro, sculpteur Valencien. Concepts d'urbanisme sur des à plats faits de pièces de fer plus ou moins grosses. Cela crée des villes plus ou moins denses. Pas mal. En revanche ses sculptures humaines dénotent un problème de bite torturé au vu de la taille qu'il donne à son instrument. Démesuré !!!!!!!!!!!!!!!
Le peintre Rafaël Canogar ne propose rien de son coté sinon des peintures abstraites sans vie ni émotion. Je passe rapidement.
En revanche très belle découverte avec Ignacio Pinazo (1849-1916). Ses petits tableaux sur bois sont de pures merveilles et ses dessins remplis de vie. Très chouette
Je termine par une déambulation autour de Néfertiti (://www.ivam.es/exposiciones/2951-t-con-nefertiti). Quelle canon cette femme!!!!! Des artistes aussi divers que Giacometti par exemple qui ont évoqué ou assimilé l’Égypte dans leurs travaux. Des bizarreries parfois touchantes.

Au MUVIM une exposition sur la POP avec des pochettes de disques originales (comme celle de Warhol avec la banane...je l'aurais bien chourrée), des marionnettes habillées en Bowie ou Jackson, des affiches de concerts (Sonic Youth ou Devo) , des lieux de musiques. Nostalgie pure......

Vendredi, petite impression hivernale; le temps est couvert. La ville me parait totalement vide. On me dit que c'est à cause du froid et que les Valenciens n'aiment pas le froid alors ils ne sortent pas ces jours car il y fait toujours beau; cela leur laisse beaucoup de temps en effet.
Je retrouve Denis pour un dernier a-m culturel dans la ville. Promenade dans les jardins de la voie verte qui a remplacé le cours du fleuve Turia. Celui-ci a été détourné de son lit. Nous passons sous de magnifiques ponts des 15 et 16° siècles. Le musée des Bx Arts nous fait signe alors nous y entrons pour se délecter de quelques Goya, Velasquez et autres Pinazo. Le grand tableau de Goya représente une dame élégante mais c'est surtout le petit chien blanc à sa droite qui retient l'attention. Comme si le peintre s'était amusé à contrebalancer la figure un peu figée de cette bourgeoise par le style brouillon et vivant de l'animal; elle en noir et lui en blanc. Saisissant !!!!! Très bel autoportrait de Velasquez et deux splendides minuscules toiles de Pinazo; Un délice !!!
Mais quel dommage que ce musée: des tableaux non mis en valeur par des encadrements lourds, une lumière parfois écrasante ou créant des reflets très gênants. Dommage.
Véro pourrait aisément proposer ses services ici.................

Mais étrange sensation que de se retrouver seuls dans un musée sans personne pour surveiller et où vous pouvez approcher les toiles de très près: à 10cm d'un Goya !!!!!


Nous traversons le boulevard (au passage regard ému sur la belle station du Nord) pour pénétrer dans le quartier de Ruzafa encore inconnu à mon ami Denis; quartier populaire devenu depuis peu celui des artistes, des étrangers, de ceux qui veulent vivre un peu différemment. Mélanges de genres, de nationalités, d'identités, ce quartier très vivant propose une vie nocturne agitée et riche en rencontres. Les bars se succèdent dans les rues envahies. dedans dehors, les discussions sont animées et fusent. C'est la nuit Valencienne de Ruzafa. Nous passons d'un bar à l'autre: nouvelles rencontres puis une porte s'ouvre et ce sont des gens qui chantent et qui jouent de la guitare qui vous accueillent. Seul l'Electr"O" Pura (mierda) nous aura déçu. Mais il est deux heures et nous sommes un peu fatigués pour ne pas dire plus. Back home !!!!!

Samedi : départ de la Gare du Nord. Je peux à loisir me délecter de sa décoration moderniste. elle me rappelle tellement celle de St Petersburg que je suis troublé. Pas tout à fait le même style mais bon.....
Je vais à Barcelone. Quel contraste entre ces deux villes; si Valencia semble endormie Barcelone parait, elle un peu diabolique. Les rues grouillent littéralement de monde et il est parfois difficile de se frayer un chemin dans les avenues bondées. C'est vrai que ce sont les soldes et une frénésie totale a l'air d'avoir mis tout le monde en transe. Je retrouve Juana une amie d'Attac Espagne qui m'héberge pour la nuit.

Dernier jour. Retour TGV pour Nîmes. La voie rapide longe parfois celle des trains de banlieue et de moyenne distance comme disent les espagnols et je me dis que ces mondes très parallèles marquent et creusent l'écart entre les voyageurs pressés ou touristes et le monde des travailleurs qui n'ont droit qu'à un simple train et de simples gares. Prendront-ils un jour ce train ces gens simples ?  Toutes ces dépenses engagées ont-elles un sens alors que le pays manque peut-être encore d'écoles, d’hôpitaux et de transports urbains et péri-urbains? Mais on construit un train de luxe, des gares de luxe, des tunnels de luxe pour touristes en goguette, un train qui ne sera emprunté que par une très faible minorité des espagnols, des européens et du reste du monde......
Il y quelques temps, j'effectuai encore ce trajet en train normal et je me rappelle avoir marché entre Cerbère et Port-Bou à travers la montagne. Mais je peux encore le faire si je veux. Le train normal et la montagne existent encore................

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