Mes vacances à la mer, part tri
Après une semaine de travail épuisante sous une chaleur toujours écrasante et à déballer des cartons remplis de livres (rentrée littéraire et scolaire), quelle idée, je repars vers la mer immense (seul ?). Après celle d’Iroise, celle des Calanques, voici l’océan, plutôt le Golfe de Gascogne qui s’ouvre sans écueils jusqu’au bout du monde.
Encore le train, sans heurts cette fois mais tout de même 10 heures pour arriver à Lacanau.
Dans le premier, un homme arrive et s’assoie de l’autre coté de la rangée. Tout à coup, l’espace est rempli d’une odeur infecte de tabac. La bouche vide, où quelques chicots noircis résistent à une vie difficile, il souffle des baisers à son amie restée sur le quai pour lui dire au revoir et c’est à chaque fois une puanteur qui envahit le wagon. La vache, comment peut on se mettre un tel poison dans le corps ???Il descendra à Toulouse sans avoir bougé de sa place.
Bordeaux m’accueille sous la pluie mais quelques cannelés viendront vite à bout de cette très légère contrariété.
Encore 1h45 de bus pour atteindre Lacanau. Il traverse toute la ville en faisant des détours incroyables. Ca n’en finit pas. Cette fois ci, à coté de moi, vient s’assoir un autre énergumène : gothique, grand, émacié, le bonnet religieusement enfoncé jusqu’aux yeux, multiples piercings et noir de la tête aux pieds. Il restera assoupi jusqu’à ce que son portable (smart tout de même rebelle mais branché…) le réveille et déclenche chez lui une conversation de presque une heure où il s’agira de vengeance, de fuite, de bandes, de gitans de massacres, de bouillies et j’en passe. Ils sont trois dans le bus et passeront leur temps à s’engueuler. Leurs vies doivent être enthousiasmantes à écouter tous ces termes guerriers que leurs aspects ne laissent absolument pas deviner. Ou est ce plutôt de la pure esbroufe car le mot fuite revient souvent et l’aide d’autres barbares bien précieuse.
Ouf ! Lacanau et Annick et France qui viennent me chercher même si le trajet peut facilement se faire à pieds et je suis bien content de quitter cette atmosphère délétère. Mais les rituels sont faits pour perdurer.
Avec Lacanau revient le temps des vacances tranquilles : calme, sommeil, lectures, baignades, balades à vélo ou à pied. Quelques apéros et repas partagés, quelques huîtres dégustées au marché.
Le vélo est vraiment le moyen transport plébiscité par la majorité des vacanciers et cela donne une atmosphère très sereine. On y rencontre tous les styles, du vieux biclou qui ne sort que pendant les vacances, un peu rouillé mais toujours fidèle, le dernier vtt, l’autre style californien avec sa fourche rallongée, le siège large et le cadre aux couleurs pastels, les tandems, les vélos des petits accrochés à ceux des parents, les remorques qui transportent les enfants et le matériel de plage indispensable, ceux qui trimbalent les planches grâce à un ingénieux système de support. Ici c’est plat et les kilomètres de pistes cyclables incitent à se balader et c’est tant mieux………………
Avec Annick nous ferons une belle rando jusqu’au Porge avec retour par la plage (23km) ? Cela nous donnera le bonheur de marcher durant une heure parmi un espace totalement vide de gens où la plage n’offre que des résidus de bois flottés et d’objets insolites rejetés par la mer. Beaucoup de trouvailles pour qui veut bien se donner la peine de les porter. Beau moment de sensation de solitude. On y rencontre aussi des naturistes qui n’ont que leur téléphone portable comme simple appareil….Ca fait rire !!!!!
Il ya aussi les écureuils qui se promènent à toute vitesse dans la canopée et qui viennent parfois vous regarder de plus près, les mésanges qui chantent et viennent manger les graines, les vers luisant, la nuit sans nuages mais sans étoiles filantes, les huitres non triploïdes dégustées au marché central qui résiste contre la spéculation immobilière servies par un amoureux de son métier.
Lacanau c’est tout ça et c’est pourquoi on y va…………………………
A bientôt
Le Porge océan


mon portable ou je meurs !!!!!!!
les petites tâches sont des huitres d'un mois.
Sur cette huitre de 4 ans, une huitre d'un an s'est installée.
la forêt autour de la maison lecture de l'été : Confiteor de Jaume Cabré