Dakar
Tarascon Dakar
Taraskar Dacon
Daraskar Tacon
comme une ligne tendue au dessus de la terre
qui commence par le glissement d'un train
sur ses lignes parallèles
Demain l'Afrique
sous mes pieds
le sol se délite
telles les pensées déconstruites
devant la puissance de l'inconnu
malgré ce sentiment étrange
je m'efforce d'avancer
vers le nouveau rendez-vous........
FSM - Bonjour d'Afrique
Quelques vues de la marche d'ouverture.... 
Très fatiguant de marcher toute la journée à la recherche des ateliers que tu as choisi;
quand tu trouves l'endroit c'est pas ce que tu cherchais mais il se dit que ça va marcher comme sur des roulettes demain......
alors nous faisons du reportage parallèle avec des compères en essayant de capter les réflexions des gens "normaux", pas les têtes couronnées qui viennent se faire mousser
je commence à me sentir mieux dans cet univers totalement nouveau
par rapport à l'Inde et Amérique du sud : TRANQUILLE
pas de klaxons perpétuels, seulement aux carrefours ou embouteillages
ça repose
pas de crachats dans les rues
les gens te disent bonjour spontanément
beaucoup de sourires et les femmes sénégalaises sont vraiment très belles
ce qui ne gâche rien
et comme nous passons notre temps à l'université où se passe le FSM il y en a beaucoup.
Mais les prix ont triplé à notre arrivée
alors pouvons nous dire que nous aidons les africains ?????
nous avons eu une conversation avec des femmes de ménage salaire des 42000 CFA soit moins de 70 euros par mois 
une visite chez le médecin 5000 presque 8 euros
nous avons tenté de leur faire comprendre le sort des migrants qui se retrouvent en France
elles ont été surprises mais aussi réalisé la réalité des pays dits "riches".
Parfois je me sens inutile ici; heureusement qu'il y a le petit travail d'Attac-tv car sinon ce serait ennuyeux
je parle du Forum lui même car j'ai le sentiment de voir déambuler des masses de blancs, certains concernés par la réalité africaine, d'autres seulement intéressés d'écouter les têtes pensantes de l'alter mondialisme...
Est-ce que C'EST BIEN D'Y ÊTRE ?????
je ne sais pas encore
c'est pourquoi je tente de me focaliser sur le côté alternatif de l'alternatif...
mais de belles rencontres quand même il ne faut pas exagérer.
Jour 5 pour moi et jour 3 pour le FSM 
Ce matin, rdv avec les compères d'Attac-TV pour interviewer des blogeurs de "Bondi-blog Dakar". Le "Bondy-blog" s'est crée en France à la suite des évènements de la banlieue de 2005 pour donner la parole aux Novox, donc on peut parler d'un blog militant et plutôt contestataire ou aussi donnant la parole aux acteurs des mouvements sociaux locaux.
Rdv pris au sein du CESTI, l'école de journalisme Dakaroise, ce qui peu paraître paradoxal pour un blog type "bondy". Les jeunes que nous rencontrons nous parlent en fait d'un blog de jeunes journalistes en formation qui ressemble plus à un outil pédagogique que contestataire. Le blog est supervisé par la directrice de l'école et les sujets sensibles sont exclus ; politique et religion.
Nous avons quand même pu poser les questions que nous voulions et les faire parler sur l'impact du FSL sur la vie des Dakarois : augmentation des prix. Mais le fait est que chaque fois qu'une telle manifestation se déroule dans leur ville, les conséquences pour eux sont identiques.

Les jours passent.
Les sentiments de confusion externe (mais le FSM s'organise de mieux en mieux comme par ex le programme du jour qui arrive dès le matin plutôt que le lendemain matin.....) comme interne persistent.
De l'apathie à l'envie au désir. Les désirs s'inscrivent dans les rencontres fortuites et certains ateliers qui parlent de choses concrètes ( Eric Toussaint, CADTM et quelles possibilités pour la Tunisie...).
Puis, nous avons pris le temps avec Esteban de faire le montage des petits sujets que nous avions filmé la veille.
- M. Azzouz Jalloul, ancien président du PUP (Parti de l'Unité Populaire crée en 1981 et fagocité en 1988/89 par le RCD avec à sa tête un certain Bouchira sbire de Ben Ali) qui nous a parlé avec énormément d'émotion, forcément, de la situation dans son pays mais ce qu'il ressort surtout, c'est tout l'espoir qu'il met, comme ceux de sa génération, dans la jeunesse qu'il pensait seulement occupé à faire la fête. Il reste un énorme travail à faire....(3mn)
- M.Bagna Djibo, éleveur Nigérien, Président du ROPPA ( Réseau des Organisation Paysannes et des Producteurs de l'Afrique de l'ouest). Son combat est de tenter de faire en sorte que se crée un G152 comme il dit, 172 - 20, et que cette nouvelle organisation de producteurs sorte totalement de l'agenda imposé par les autres. Très militant. (4mn)
- M. Mamane Sani Adamou, membre de "Alternatives et Espaces Citoyens" au Niger qui s'occupe plus particulièrement de l'accaparement des terres agricoles ou forestières par les multinationales (Areva bien sur....) et des dégâts qui s'ensuivent. Il arrive à faire prendre conscience à son Gvt qui peut prendre ainsi des mesures plus contraignantes dans l'obtention des permis d'exploitation par exemple. Dur combat aussi... (3mn)
Voila ces quelques 10mn de film nous ont occupés durant plus de trois heures mais c'est un travail passionnant dont nous sommes quand même un peu fiers.
voici le lien du premier sujet......les autres devraient suivre rapidement nous espérons car nous n'avons qu'une table de montage pour les 2 équipes.
ttp://www.wsftv.net/Members/xarlifons/videos/wsf-attac-france-tv-report
on a voulu faire un peu décalé pour le premier jour mais malheureusement le sérieux nous a vite rattrapé.....Professionnalisme oblige...
Ce matin du jour 4, j'ai tenu le stand d' Attac car c'était mon tour et à part la masse de personnes qui veulent s'accaparer des documents, que nous avons mis de côté sinon il n'aurait rien resté à la fin du premier jour, nous tentons de répondre aux multiples questions et les renvoyons sur la liste du futur Attac Sénégal.....
Vendredi soir, le FSM s'achève sur une grande messe/défilé des différents acteurs sociaux. L'annonce du départ de Moubarack provoque un déluge d'applaudissements et des cris de joie comme si la pression exercée lors de cette semaine, les mobilisations, l'engagement des militants et partisans de cet autre monde possible avait forcé le dictateur à jeter l'éponge. Deux révolutions en 15 jours, certains doivent trembler sur leurs trônes. Les représentants Tunisiens, Palestiniens et Irakiens sont chaudement applaudis.

(Je proposerais bien à Liliane Bettencourt d'offrir son île aux dictateurs déchus, moyennant un loyer assez conséquent qui reviendrait bien sur aux nations flouées. De plus, tous parqués au même endroit, ils seraient facilement contrôlables.....)
L'expérience passée, les sentiments sont bien sur différents: tous ces moments paraissent bien plus forts et ces rencontres exceptionnelles par leurs diversités et leurs richesses humaines au regard des photos rapportées et des souvenirs ancrés à jamais dans la mémoire. Ces 8 jours passés dans la capitale Sénégalaise se sont avérés indispensables pour une approche douce et la compréhension d'un peuple et de son continent.
Il est temps de quitter la ville et de découvrir les trésors de ce pays.....
Les Trouvé viennent me prendre comme prévu à 8.30, direction la gare routière des Pompiers. C'est tout de suite le stress : les rabatteurs nous assaillent de questions : »Vous allez où ? c'est moi qui m'occupe de tout.... je vais vous trouvez la voiture .... ». Il faut à tout prix garder son calme et tenter de trouver la VRAIE personne qui gère cette pagaille et puis ne pas se presser pour prendre le premier véhicule au risque de se trouver coincé sur la banquette arrière. Un peu de patience et tout s'organise tranquillement. Voilà, nous avons la place de devant et deux places sur le siège arrière, une femme a déjà réservé une place sur le siège avec son enfant. Plus qu'à attendre que la voiture se remplisse pour le départ? C'est fait, une allemande de 2 mètres et deux sénégalais. Ils vont devoir se coltiner la banquette.... C'est la vie.....
Départ pour St Louis.
St Louis, le matin.

Après avoir traversé le pont qui relie l'île à la Langue de Barbarie, longue pointe effilée qui part de la Mauritanie voisine pour se perdre dans l'océan, je suis immergé dans un monde totalement différent; fini la tranquillité de l'ancienne capitale coloniale, c'est bien l'Afrique qui revient avec le brouhaha, la foule et les petites échoppes.
Après 50 mètres et le monument aux morts Sénégalais où aucun nom ne figure, c'est la plage mais plutôt la nommer immense décharge sur la mer : restes de poissons, excréments, détritus, cadavres d'animaux s'amoncellent sur le sable fin. Ici point d'image idyllique mais la réalité quotidienne et permanente de l'Afrique. Les rouleaux sont effrayants mais point de surfeurs sur ce spot. Personne ne s'aventure dans cette mer dangereuse.
Je m'éloigne peu à peu et la ville s'efface pour laisser place aux cabanes de pêcheurs et séchoirs à poissons.

Un peu plus loin, le cimetière musulman offre le spectacle troublant de milliers de battons dressés vers le ciel, portant les noms des défunts sur des tombes à moitié recouvertes de sable. Je n'ai en principe pas le droit de le traverser mais je m'en fiche. S'y promener est encore un voyage.
Par le brèche d'un mur, je rejoins la lagune envahie par des milliers de pirogues. Elles sont 3800 et leurs 15000 hommes vont et viennent toutes les nuits pour pêcher dans les eaux mauritaniennes après avoir, avec l'aide appuyée d'européens peu scrupuleux , vidé leur propre mer de tous poissons.
Les pirogues font jusqu'à 25 mètres de long et peuvent emmener 50 hommes. Je me faufile dans la foule compacte et j'assiste à l'accostage de l'une d'elles. Elle est tout de suite prise d'assaut par une foule qui se presse pour acquérir le plus vite possible le fruit de la pêche qui sera ensuite revendue en plus petits lots ou sera chargée directement dans les quelques 200 camions qui partent tous les jours à travers le pays.

Plus loin, c'est l'atelier de réparation des moteurs hors bord, le plus souvent des Yamaha de 25cv. Puis les chantiers de constructions navales qui se résume à du sable ou l'on assemble les planches de bois rouge. Le calfatage se fait à l'aide de bandes de caoutchouc clouées et les membrures directement ajustées à la houe par le charpentier. Il faut moins de quatre jours pour en construire une de 23 mètres et elle coute à peu près 5 millions de franc CFA; le moteur à lui tout seul : 1,5 million.
Je passe toute la matinée dans cet univers envahi d'odeurs de poissons entrain de sécher au soleil , le sol constellé des toujours détritus qui semblent faire corps avec le pays. La force de l'endroit est envoutante. J'ai vu rouler des voitures que seule la rouille retenait de partir en poussière, des hommes porter des caisses de glace, d'autres attendre un hypothétique chargement, des poissons, daurades, barracudas et autres mulets passer de mains en mains pour se retrouver sur le sol crasseux. J'ai vu un monde géré par des règles qui nous paraissent totalement incompréhensibles mais fonctionnent néanmoins..............
J'ai donc ressenti de nouveau ce sentiment de malaise
que St Louis n'a pu effacer malgré tous les efforts
et tout le charme qu'elle déploie
L'îlot perdu au milieu du fleuve
a bien tenté de me faire oublier
la réalité des rives opposées
mais la proximité de l'autre réalité
bien noire et misérable celle là
retourne immanquablement les blanches certitudes
Institut Français, St louis du Sénégal, São Luis do Maranhão. Peut-être deux villes identiques; au départ , des Français, des lieux qui signifient quelque chose aux navigateurs du 17° siècle, une île où aborder puis un fort pour se protéger et une colonie pour exploiter les richesses. Les Français se sont faits déloger par les Portugais mais sont restés longtemps ici et ont même bâti une capitale.
Je me laisse perdre dans les rues parallèles
le rythme de la marche est naturellement tranquille
le bruit de la capitale est déjà oublié
l'inconfort et la poussière du voyage
comme un temps déjà révolu
Je retrouve les marques des périples anciens
les bonjour des paroles croisées
seuls me fixent sur ce continent
la négritude des visages est universelle

Le grand fleuve Sénégal
coule fièrement vers l'océan
le vent le rend tumultueux
et la lumière splendide du soir
fait tomber sur l'île un voile de sérénité

St Louis, je retrouve une atmosphère brésilienne, les maisons basses aux façades colorées, mélange d'art déco et d'hispanité. Des boutiques donc des touristes, des bars branchés que l'on peut ignorer. Un institut Français où de jeunes filles répètent des pas de danse. Un concert prévu pour le mardi, c'est noté ! Je me promène sur l'île. Le vent est violent à la pointe nord et le fleuve se pare de moutons; on dirait le Rhône à Beaucaire. La savane que nous avons traversés nous a rappelé La Crau. Quand surviennent les aigrettes; ça y est c'est la Camargue...........
Se perdre dans les rues, se laisser conduire par le lieu : une grue de 20T sur le quai le long du fleuve qui ne servira plus, à jamais scéllée par la rouille. La lumière est vive, les blancs resplendissants, les ocres et les rouges font éclater leurs pigments.
De Toubab Dialaw
Première marche vers le sud et le village de Popenguine, enclave chrétienne dans cette musulmanité. Passage par le village de pêcheurs de N'Dayane où j'assiste encore avec bonheur à l'arrivée de la pirogue et au partage du poisson; un homme me propose d'en acheter et d'aller le manger avec lui mais il est trop tôt et je n'ai pas faim du tout. J'ai envie de continuer ma marche sur cette plage mais je regrette aussi de ne pas avoir répondu oui .....Tant pis....
A l'entrée de Popenguine, il faut abandonner le rivage et contourner l'ancienne propriété de Senghor qui est devenue un lieu de villégiature des membres du gouvernement. Je passe près de l'école et j'achète une mangue bien mûre pour mon déjeuner; la première !!!! Village chrétien et son église-basilique construite sur la butte; sobre, elle a de beaux vitraux dont une vierge noire et son enfant de même couleur et un beau poisson coloré.

Il fait vraiment trop chaud pour continuer et je m'abrite sous les fondations d'un maison sur la plage. Combien de temps va-t-elle résister, car ses voisines ressemblent à des ruines.
Plus loin c'est le Cap de la Somone qui marque le point de retour. Je fais une incursion dans le parc naturel de Popenguine où quelques oiseaux migrateurs attendent le moment de repartir au nord : hirondelles et canards et d'autres que je ne reconnais pas....
Cela fera bien rire Clément Martin : « Les hirondelles ???? Mais j'attends qu'elles reviennent pour les observer. Qu'est-ce que j'irais faire à Dakar... » C'est vrai qu'il ne quitte pour ainsi dire jamais le Gard.
Le lendemain, je vais au nord, toujours par la plage. Je me régale de ces marches solitaires où le moment se construit dans les rencontres.
Chiens qui creusent le sable pour trouver la fraîcheur
et qui parfois aboient à mon passage
savent-ils eux aussi que je suis étranger ???
enfants qui attrapent crabes et oursins dans les rochers
le cerf-volant bleu attaché à leur taille
et qui me lancent du sable sans animosité
aussi doux soit le sable il est quand même jeté
falaises d'ocres qui rendrait jalouse Roussillon elle-même
le vent y découpe des dentelles acérées
d'autres blocs se détachent
et forment des totems
Dakar s'illumine au loin sur le rivage
ses grattes-ciel dressés
tels des totems offerts
à la déesse économie
se veut-elle Manhattan Africaine
qui rêve de grandeurs
et de poursuite acharnée
aux modèles établis
ou simple capitale déjà envahie ?
Je marche et je traverse
les villages de pêcheurs
aux maisons encore rivées au sol
et qui semblent à cent lieues
de la frénésie citadine
les ballets des pirogues
vont et viennent dans le mer encore poissonneuse
rejetant sur le sable la pêche du jour
je ne comprends rien au partage qui s'opère
des tas de poissons se forment et se divisent sans cesse
des enfants me montrent fièrement
les mulets pendus à leurs doigts
Le rivage est bordé de luxueux campements
où des blancs blasés
attendent leur pitance
sur des transats immaculés
offrant leurs corps avachis
aux rayons mortels du soleil

Tel Jacobi
je marche sur la plage
et si je croise parfois un bonjour souriant
je suis souvent seul
entre falaises et océan
je rencontre parfois quelques avocettes
plus ou moins effrayées
Il y a sur la grève
des bateaux abandonnés
qu'aucun pêcheur
ne viendra désensabler
il y a sur l'horizon
une boule de feu
qui semble se fondre dans l'océan
il y a autour de moi
des gens inconnus
qui le resteront certainement
le vent souffle toujours aussi fort
je suis seul au milieu d'un continent
de 600 millions d'âmes
les minarets des mosquées
marquent le sol tels des pieux
plantés dans le corps des morts
je suis seul dans cette prison dorée
paradis reconstitué
les portes sont ouvertes
mais ne donnent que sur la désolation
Au moment de quitter Sodo Badé, après ces trois jours passés dans cet endroit qui semble me retenir, je pourrais rester ici, dans cet îlot de tranquillité où les frontières avec la réalité africaine semblent bien définies par les murs joliment décorés de coquillages. Deux mondes se côtoient sans vraiment s'ignorer. Toutefois, ces deux mondes sont bien différents et ne se mélangent pas. Je fais des incursions mais je ne m'y noie pas parce que je sais que je ne vais pas avoir besoin de le faire. Je quitte le pays dans moins de 48 heures et sauf quelques conversations échangées, je n'ai pas pénétré la réalité noire, juste un vague aperçu.

Je crois que c'est pour ça
pour le temps compté
juste une parenthèse de vie
Île de Gorée

Après 30mn de traversée, l'île est abordée, tricorouge et je tombe tout de suite sous son charme; les maisons coloniales, les couleurs pastels et ma chambre pour cette nuit à la dominante jaune, joliment décorée de peintures sur verre (un Tintin dans « Le trésor de Rackham le Rouge » que je me retiens de mettre dans mon sac à dos) et d'ex-votos en bois. Le lieu est splendide, calme et harmonieux et je le pense idéal pour la dernière nuit sénégalaise.
Le restaurant « Mame Penda, bonne cuisine » est à deux pas de ma maison d'hôtes. Une porte bleue qu'il faut pousser et qui donne dans la cour d'une maison.; une baraque en bois en guise de cuisine et des batiments en dur qui accueillent les familles. Un bel arbre trône au milieu. Les tables sont abritées par un auvent en tôle ondulée. Pendant que je déguste mes brochettes de lotte et mon riz accompagné d'oignons au piment, des enfants jouent, des femmes parlent et un homme fait sa prière :»Allah Akbar» répété à l'envie. L'ambiance est unique et pour la première fois, j'ai l'impression de vivre au milieu des gens et non dans un univers fabriqué. Il m'aura fallu attendre la dernière nuit pour le vivre. Est-ce le temps nécessaire ?????
Un couple de jeunes français rentre dans cet espace et modifie tout à coup l'atmosphère mais je ne peux pas prétendre dîner seul dans ce restaurant ce soir.
Bateau retour
Gorée reste une île au triste passé
mais qui distille un bonheur tout à fait réel
accepter son histoire et la proposer
aux vivants comme un témoignage indispensable
à ceux qui passent dans ses murs
adultes comme enfants peuvent saisir l'indicible
et c'est le plus important
alors, lentement, l'île s'éloigne
au rythme magique et doux du bateau
comme ailleurs il permet au cadre
de s'effacer sans heurt et sans presse
je me retourne, Dakar est de retour