Brazil 2014
Le Brésil revient en force
la dernière fois dans les années 2000
Brazil Dois Mil ça s’appelait
avec profusions de groupes
Maintenant 2014 et la Coupe
du monde de foot
qu’importent les dégâts
qu’importent les expulsions musclées
des habitants des favelas pour « sécuriser les périmètres »
la coupe aura lieu et les passionnés de toute la planète
vont se ruer dans les arènes pour applaudir les milliardaires du ballon rond
tandis que les pauvres resteront chez eux
devant leurs écrans de télévision
mais la révolte gronde un peu partout
ceux qui crient pour des écoles
des hôpitaux, des services publics décents
et non des stades qui ne serviront plus jamais
On dit aussi que les riches d’en bas
sont jaloux de la vue sublime
de la baie de Rio vue des hauteurs des bidonvilles
Intolérable !!!
Chassons ces gueux qui nous privent de tant de beauté !!!
Nous n’en avons jamais assez !!!!
Nous en voulons toujours plus !!!!!
De villas avec piscines, des appartements surveillés pas des gardes armés
A nous la tranquillité
Alors que les plages de Copacabana et Leblon nous tendent les bras
Oui mais les pauvres s’y baignent aussi…………….
Les images aussi affluent sur nos écrans
la côte brésilienne depuis Belém jusqu’au sud
et l’avion qui les survole
nous montre des beautés naturelles époustouflantes
atterrit çà et là à la rencontre de personnages
plus ou moins intéressants
des lieux mais sans jamais approfondir le sujet
Brésil de carte postale
mais je me souviens de ces endroits reculés
tels Cano Quebrada petit village de pêcheurs
que l’on atteignait à pied
en franchissant la grande dune de sable
où la route et l’électricité n’étaient pas encore arrivées
le groupe électrogène rythmait le village
et s’éteignait vers vingt et une heure
les bougies et les lampes à pétrole prenaient vie
pour ceux qui voulaient faire durer la nuit
où les cocotiers seuls régnaient en seigneurs des plages
maintenant coupés pour laisser place aux immeubles
Quant à Alagoinha
un autre village
où je me douchais aux fontaines des falaises
un hôtel hideux vient défigurer son paysage
A Fortaleza, on tente de chasser les derniers pêcheurs
et leurs jangadas merveilleuses aux voiles immenses
petits bateaux si fragiles sur la mer
A João Pessoa, la capitale est verticale
Si je revenais dans ce pays le reconnaitrais-je ????
Trente années ont passé
Cadé o trem Azul ????
Caetano descend dans des hôtels de luxe
Et demande soixante euros pour son concert
Pelé se compromet pour promouvoir la coupe
Les politiques sont toujours aussi corrompus
On offre le Mato Grosso et l’Amazonie
A l’enfer des champs d’OGM
Le Brésil avance dans le temps
Dans la modernité
Comme tout autre pays
Les riches s’enrichissent
Les pauvres s’appauvrissent
Heureusement il nous reste Oscar Niemeyer
et Hermeto Pascoal
et à moi les merveilleux souvenirs de ces années brésiliennes
C’était en 1981 et le pays sortait doucement de 20 années de dictature militaire
les artistes revenaient après l’exil
Mais la vie y était encore simple et tranquille
les importations étrangères interdites ou terriblement taxées
et les voitures étaient encore rares et se ressemblaient toutes
on consommait brésilien
on roulait brésilien
on écoutait brésilien
on prenait le bus ou le train quand les moyens étaient dérisoires
y vivre ne coutait pas cher
car à part Rio le touriste ne se déplaçait guère
je me souviens que lors de la sortie du nouvel album d’un artiste
on achetait le disque car quasiment obligatoire de le posséder
et on l’écoutait à l’infini jusqu’à savoir les paroles par cœur
ainsi, quand il venait donner son concert en ville
on pouvait chanter tout le répertoire en même temps que lui
et ça ne choquait personne bien sur….alors qu’ailleurs
on peut vous regarder de travers
Je me souviens de tout ça
et ça me met en joie
mais je ne sais pas si j’aimerais
le Brésil que je rencontrerais de nouveau
faudra-t-il que je fasse ce voyage pour le savoir ???
Le désastre à Lagoihna (Céara).....à vendre.....
la ville de João Pessoa
Manifestations et démantèlement des favelas
Hermeto Pascoal Une oeuvre d'Oscar Niemeyer à Rio
