SAM DIT BIEN
mais quand même ça caille pas mal
fais un aller retour à Arles et mes jambes
avaient du mal à bouger vers la fin du voyage
pourtant, sur l’horizon le soleil est venu percer
entre les nuages qui s’effilochaient
une belle traînée bleue dans le ciel
après cette journée toute pleine de grisaille
de la brume comme dans le nord
oublié depuis longtemps
deux buses sur leur fil
des vaches dans les prés
des chevaux sous les arbres
des oiseaux partout
les gants sur les mains
la cagoule et les trois couches sur le corps
ce n’est vraiment pas évident de faire du vélo en hiver
Une cohorte de gendarmes faisaient des contrôle à l’entrée de la ville
il y a longtemps que j’étais passé et quand je suis reparti il pliaient déjà bagage
échangé les cédés de musique électronique
contre des airs moins platoniques
ma copine H. m’a ouvert ses tiroirs
nous sommes toujours contents de nous revoir
je suis reparti avec Benne Maupin, The jewels in the lotus (ECM – 1974)
et Didier Ithursarry trio, Atea (2019), m’est parfaitement inconnu ce Didier là
Didier Ithursarry : accordéon
Joce Mienniel : flûtes
Pierre Durand : guitare
Ça s’écoute vraiment bien car devinez quoi ???? il s’inspire de la musique brésilienne et pas n’importe laquelle : le Forro. Cette musique vient du Nordeste, ce pays où j’ai vécu et cette musique qui m’a bercé et enchanté avec Luiz Gonzaga et tout ceux qu’il a pu inspirer alors quel bonheur de la retrouver mais forcément dans une interprétation toute personnelle. Belle découverte. Merci qui ? H. de la médiathèque d’Arles bien sur.
J’ai vu dans les yeux de Sam Davies le désespoir de devoir abandonner la course
mais elle a dit qu’elle repartirait dès les réparations de son bateau effectuées
sinon, elle craint de ne plus jamais vouloir retenter l’expérience
son bateau à quai comme un grand cachalot échoué
avec ses grandes nageoires qui ne bougent plus
Dimanche
Quelle flemme je me prends….dehors froid et grisaille permanents, ça donne pas envie de sortir. J’avais rdv avec mon pote R. pour une rando à vélo vers 11h00 mais je lui dit que j’abandonne. Entre temps, je suis en direct les aventures de Super Le Cam dans l’océan indien.
Aujourd’hui, la marine nationale va venir récupérer son passager clandestin, Eric Escoffier au milieu de nulle part même si ce nulle part c’est toujours quelque part sur la terre. A un moment nous sommes dans la passerelle du Nivôse (Le mois de nivôse est le quatrième mois du calendrier républicain) et nous suivons les ordres donnés :
«Contact visuel effectué, nous allons passer sur votre bâbord et revenir sur votre tribord »
«écarte toi un peu, à droite 10»
Le commandant Barbe ( barbu comme il se doit) suit la manœuvre dans son fauteuil de pacha….y’a une fille qui tient un petit volant. C’est ça la barre de ce bateau ???
Les images me rappellent immédiatement celles du film Le Crabe-tambour (Pierre Schoendoerffer, 1977) où Jean Rochefort tient le rôle d’un commandant de la marine nationale en route vers Terre Neuve et c’est exactement ces mêmes images de bateau qui enfourne sa proue dans des vagues énormes et qui viennent frapper les vitres de la passerelle….
Puis nous revenons à bord de Yes We Cam. Escoffier enfile sa combinaison de survie, un zodiac approche, lance une bouée et un sac qu’on devine rempli de bouffe (faut compenser les repas partagés entre ces deux hommes depuis une semaine car Jean le Cam avait prévu pour une personne et un nombre de jours au minimum) puis Escoffier se rue dan les bras de Le Cam et le salue d’un « Merci ma caille » avant de plonger dans l’océan et d’être rapidement récupéré par les marins qui filment tout avec les Go-pros installées sur leur casque….au final, nous aurons droit à un petit film de deux minutes d’une intensité émotionnelle rare sur ce petit évènement….
Quelques photos (pas de moi, j’y étais pas)
filmé depuis le bateau de la marine
filmé depuis le voilier de Jean Le Cam.............
Après toutes ces émotions, un petit repas s’impose et le temps s’améliore. Dehors, le ciel pointe le bout de son nez et je décide de sortir. Je retrouve J. pour un tour de deux heures autour de Beaucaire. Ça fait du bien et le froid ne pique pas autant qu’hier. Je rentre juste avant la pluie. J’espère que Captain ne m’en voudra pas trop de lui avoir fait faux bond ce matin mais j’avais pas trop le moral. Peut-être cet immobilisme obligé, cet horizon bloqué à 20km, toutes ces séquences qui, sans s’en apercevoir directement, vous affectent insidieusement. Il faut se forcer à réagir de toutes les manières possibles…
Pour rappel, le Nivôse avait déjà filmé la course de Le Cléac’h et Alex Thomson (à 23 nœuds!!!!!!!!) il y a quatre ans au large des Kerguelen dont voici les images dont on ne se lasse pas….putain ça me met les larmes aux yeux tellement c’est beau.
Lundi
toujours ce brouillard le matin
qui ne donne envie de rien
c’est ce que je fais
rien
le téléphone a sonné
je ne me suis même pas déplacé pour décrocher
à demain
Ardi
pas de beau temps en vue
mais je suis sorti de ma bannette après des doux rêves
une île, une route le long du bord de mer
et une fille
une grotte blanche au plafond qui descend de plus en plus
on se couche directement sur le sable
je lui offre un tissu pour poser sa tête
je l’accompagne en voiture lentement jusqu’à l’aéroport
c’est toujours les filles qui partent ?
Macron reçoit un dictateur à l’Élysée
mais il ne sera pas trop question des droits de l’homme
il y a des affaires à faire avec ce pays
le préfet Lallement apporte son soutien aux flics qui tabassent
on vit une époque formidable
il y a des oranges de table et des oranjaju
or les oranges de table ont autant de jus
que les oranjaju
en fait toutes les oranges ont duju
c’est du judorange
Hier soir petit voyage en Abkhazie. Mais qu’est que t’as été fout en Abkhazie ??? Ben pour voir du pays. Pas en vrai bien sur, un peu compliqué en ce moment mais à l’aide d’un film. Un film Abkhaze ça existe ? Oui mossieur, un film Abkhaze ça existe. Mais c’est où l’Abkhazie ??? Au sud de la Géorgie et au bord de la mer Noire, 8600km² 247.000 habitants. Ça fait pas bézef et comme c’est une république autoproclamée, ce pays n’est pas vraiment reconnu….et bien l’histoire se passe dans ce petit pays et c’est une bien belle histoire. La terre éphémère de George Ovashvili (2014). Ça se passe sur une rivière qui, tous les ans après la crue, laisse une bande de terre entre les frontières des deux pays et comme elle n’appartient à personne, la tradition veut que quelqu’un peut l’occuper, très provisoirement donc, et en faire ce qu’il veut et la tradition toujours fait que l’on y fait pousser du maïs car cette terre est très riche en limon et on sait bien que le maïs ça demande beaucoup d’eau. Un grand-père et sa petite fille vont donc y vivre sommairement. Leur vie est seulement perturbée par les allées et venues des gardes frontière qui patrouillent sur le fleuve Inguri et la suite je ne vous la dévoilerai pas….. histoire incroyable, cadre grandiose, images magnifiques.
Après je vous parlerai peut-être de la Gagaouzie mais je n’ai pas trouvé de film réalisé dans ce pays.
C’est credi et il fait enfin BEAU mais le mistral vient jouer les troubles fêtes et ça recaille un max !!!
Fuck ! On oublie les balades à vélo et autres réjouissances….
Je ne vous parlerai pas des mesures, décisions, lois et autres entourloupes que nous prépare ce gouvernement de tocards car ça devient indécent. On dirait presque qu’ils profitent de cette épidémie pour nous entuber mais on va dire que j’exagère….et pourtant….j’ai même entendu parler d’ordonnances comme ça pas besoin du parlement. A quand la révolte ???
Jeudi
Repluie...temps pourri et il fait 21° chez mes amis de Valencia...c’est pô juste !!! Hé, on est en hiver !! Ah oui j’oubliais….j’aime pas l’hiver.
Ça serait une journée idéale pour aller au ciné...y’a pas de ciné
Ça serait une journée idéale pour voir une expo….y’a pas d’expo
Ah si, grande nouvelle., la France va avoir un nouveau porte-avions Nucléaire, bien sur, pour 2038….à 7 milliards d’euros sans compter les dépassements d’honoraires. Certaines mauvaises langues lui ont déjà trouvé un nom : Pognon de Dingue et pendant ce temps là, rien pour les caissières, les infirmières, celles qui aident les autres…..non y’a pas de pognon pour ces gens là.
Dredi
L‘autre Casse Bonbons à causé hier et les nouvelles ne sont pas bonnes surtout pour la culture. Résumons nous, on peut aller s’entasser dans des centres commerciaux pour claquer de la thune, dans des trains et des métros bondés, ça on peut mais se rendre dans un cinéma ou un théâtre on peut pas pasque on y reste trop longtemps….ah oui ??? Et un Paris Grenoble en tégève, ça se fait en trente minutes peut-être ?? Mais de qui smokton ???
Nouveau livre en lecture : Rigoni Stern, Le vin de la vie, toujours chez La fosse aux ours, 2002. Des chroniques sur la vie, les animaux, les arbres, les abeilles, les incendies de forêt.
Et un film chinois hier soir : Mystery de Lou Ye (2012). Les vies parallèles d’un homme dans une chine parallèle. L’ultra capitalisme d’un coté et l’austérité de l’autre. Deux mondes qui cohabitent sans s’affronter. Une chine qui se modernise à grande vitesse mais qui oublie une partie de sa population et qui refuse de voir la violence. Thriller nerveux et pas vraiment féministe. Projeté à Cannes puis interdit par la censure chinoise, il a enfin été vu avec quelques coupes. Ah oui, ça se passe à Wuhan, ville devenue par la suite mondialement connue à cause d’un Pangolin et d’une Chauves Souris et à la survoler, je n’arrive pas à imaginer cette Chine moderne mais il faut bien loger ce plus de milliard de personnes (9 millions d’habitants rien que dans cette ville).
Avant de vous quitter, quelques nouvelles des marins qui se baladent dans le grand sud et ses mers déchaînées. Ça bastonne, ça secoue, ça prend des coups, y’a tout qui vole dans le bateau et on se promène à ‘katpat’ pour ne pas valdinguer et ça passe à coté d’îles dont on n’a jamais entendu parler sauf ceux qui y vont pour faire des études. Par exemple St Paul dont voici une petite photo.
Et ça ressemble bigrement à un cratère de volcan ce bazar et c’est très élégant mais on ne peut pas vraiment y vivre et de toute façon c’est une réserve et c’est interdit d’y aller. C’est Thomas Ruyant et son LinkedOut qui l’a frôlée de plus près...sans y faire de tourisme non plus car y’a pas assez de tirant d’eau pour entrer dans le cratère, seulement 2 à 3 mètres et sa quille fait 4.50m.
Celle d’à coté s’appelle Amsterdam mais il n’y a ni dieu ni dames seulement des scientifiques qui bossent.
Je vous embrasse et je vous retrouve à la prochaine vacation.
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