Andalousie 2013 - Baza - Malaga - Velez-Malaga - Mojacar
01
févr.
2013
le Traffic nous attend, option Passenger, un minimum de confort pour affronter les quelques 1500km qui nous séparent de Malaga. Deux femmes se joignent au convoi, la cinquantaine, très féminines. Nous sommes dans la maison de la mère de Patrick et l'on comprend mieux d'où vient cette vitalité qui l'anime; à près de 70 ans, elle circule toujours sur une Mob' Orange parfaitement entretenue, la caisse des courses solidement amarrée sur le porte bagages. Le garage n'est qu'un amoncellement de pièces et d'outils. "J'en ai même des anglais" me dit-elle. Un héritage de son mari espagnol et mécanicien . Patrick n'a qu'a se servir.
Départ 14h30, la remorque accrochée, une tonne de plus mais le puissant moteur n'en a guère !!!
Ça roule, je relaie Patrick dans la nuit. Arrêt sur une aire d'autoroute pour manger nos provisions. Arrivée vers 2h30 à Baza, première étape. Une maison biscornue et glaciale nous accueille, bien au chaud dans mon duvet je m'écroule illico.
Le lendemain matin, une douche rapide, un petit déjeuner au "Rincon del poeta" : tartines de pains à la pulpe de tomate et huile d'olive (tomates de saison bien sur et pain infâme : bienvenus en Espagne !!!).
Nous découvrons le paysage : un plateau situé à 800m, monoculture d'oliviers de variété Picual qui à cette altitude s'acclimatent très bien et ne nécessitent aucun traitement car les parasites y sont absents ainsi que des amandiers. Au loin, le Jabalcon nous défie des ses 1492m dans les nuages. Visite de la coopérative oléicole "Olibaza" (c'est pro....)
, d'une conserverie ( c'est moins pro, un peu crade) et d'une petite entreprise de fruits et légumes séchés (c'est très familial et glacial...) à Guadix, ville troglodyte.
Il nous reste 300km pour atteindre Malaga. "On n'a jamais été aussi près du but" me rassure Patrick. La route passe par Grenade; il pleut et les encombrements ne donne pas envie de rester. Nous arrivons dans l'après midi sous un ciel bleu et une température très douce. Ça fait du bien.
Un hacienda entourée par un pont autoroutier dans une vallée plantée d'oliviers et d'avocatiers. Au loin, les Monts de Malaga dominent. Il parait que cela s'appelait "Royal Marrakech" (allez voir la vidéo sur Youtube.....) et que David Guetta venait y animer des week-end torrides autour d'une piscine de 500m². La police a mis "la hola" a tout ça et Patrick l'a cassée illico.
Mais avant, il l'a quand même achetée avec sa tante qu'il a rapatrié de Hawaï. Oui, de Hawaï !!!!! Ils sont choisi cet endroit car un micro climat lui rappelle son ancien pays grâce aux fruits qu'on y trouve : avocats, mangues, papayes, oranges, pamplemousses, citrons, goyaves, bananes, etc.... "Mais il manque un peu de chaleur" m'a-t-elle avoué. D'ailleurs, le 20 janvier les amandiers y sont déjà en fleurs.
Mais quel chantier !!! Entre ce qui a été cassé, ce qui a été pillé durant l'année ou personne ne l'occupait, le travail ne va pas manquer pour réhabiliter tout ça et le rendre accueillant aux futurs touristes. Nous servons un peu de cobayes mais une chambre a été restaurée et ma foi, c'est pas mal du tout.
Deux maçons sont déjà occupés à plein temps à construire les futurs locaux professionnels et Patrick a réengagé le couple de roumains qui l'entretenaient (multi mesc).
Sa tante a 70 ans et virevolte dans tous les coins et ne semble pas affectée par l'ampleur des travaux. Le projet semble bien réfléchi même si les voisins tentent d'y semer quelques embûches. Il va falloir se concilier le voisinage qui ne veut peut-être pas voir se répéter l'épisode précédent.
Jeudi, visite de Malaga. Joli centre ville piétonnier et bien restauré. Comme je voyager avec deux filles les vitrines ont leur préférence mais j'arrive tout de même à les faire rentrer dans le musée Picasso. Décevant : à part une dizaine de toiles qui sortent du lot, le reste ressemble à du deuxième choix.
Dans la ville l'ambiance est là : boutiques de tout et de rien, de ceintures, de chemises, de chaussures, beaucoup de chaussures, des quincailleries, aiguiseurs de couteaux, tous les métiers de bouche, de belles places animées, des ruelles et des bodegas en veux tu en voilà.....toutes riches en souvenirs largement exposés (Antonio Banderas au Pimpil). Mais la ville n'est pas si riche en curiosités et on en a vite fait le tour.
Vendredi : Velez-Malaga à 3km de l'hacienda. On peut y aller à pied grâce à un chemin piéton qui part presque de la maison.
Cette petite bourgade au centre ancien accroché à un piton rocheux et blanchi à la chaux mérite le détour. Beau musée de "La semaine sainte" où une vidéo nous projette immédiatement dans cette ambiance si particulière. Retour à pied donc dans la campagne aux champs d'oliviers et d'avocatiers.
Samedi : pluie. J'accepte d'accompagner les filles à Mojacar où un ami tient un salon de coiffure. Je n'y suis pas retourné depuis 1968 lors d' un voyage mémorable de trois jours dans la Simca 1000 où les sièges en skaï rouge nous brûlaient les cuisses et où j'entends encore mon grand-père se lamenter : "Mais on va où là, mais on va où ???" La route ressemblait plus à une piste et il fallait franchir les rivières, sèches heureusement, via des gués chaotiques.
A part le fait que le village est toujours aussi joliment perché sur son promontoire, j'ai du mal à le reconnaître : des boutiques partout (je crois qu'il n'y en avait PAS UNE en 1968), des rues et des places où les pavés ont remplacé la terre battue. Mes souvenirs sont embués.

Le lendemain je laisse les filles ici et je retourne à Velez. Sur le chemin l'Espagne nous présente ce qu'elle a de pire à offrir : El Ejido et ses milliards de serres qui s'évertuent à fournir à l'espagne (70%) et à l'europe entière (40%) et ce toute l'année, les légumes et les fruits que vous pouvez trouver sur les étales des supermarchés et de vos vendeurs habituels. Malheureusement la route ne nous laisse pas observer par transparence les conditions dans lesquelles travaillent les ouvriers/esclaves..... L'objectif est d'atteindre 60% de la fourniture européenne.....L'avenir est en marche.....
Je rentre au Cortijo. Le chantier bat son plein : Patrick est en train de fabriquer un escalier et les maçons maçonnent.
Dernier repas en leur compagnie. Demain je pars pour Cordoue.
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