Emerveillé par l'Ardèche....comme dit le slogan
Une tentative avortée le weekend dernier pour cause de mauvais temps mais comme on dit :
» Si tu regardes la météo, tu ne sors pas pas du bistrot » en même temps il a vraiment fait un temps pourri et ce n’était pas plus mal, alors cette fois ci, j’y vais quand même et on verra bien.
Train pour Montélimar, 50mn d’attente à Vignon, je fais un tour en ville avec vélo
La ville se réveille doucement
les camions font leurs livraisons
les cartons se défont
on remplit les rayons
Bella Ciao est fermée
je retourne à la gare
des vélos partout
le train d’avant supprimé
il va falloir tous se tasser
dans celui qui arrive à quai
je me cale dans un coin
Pas envie d’attendre Montélimar, je descends à Donzère où il y a le Dragon. Le voyage commence déjà en traversant le magnifique pont haubané du Robinet. Construit en 1847, il a subi des dommages, a été reconstruit, re-subi des dommages, failli être détruit mais une révolte locale l'a sauvé de l'oubli et il est toujours là pour le plaisir des yeux et celui de le traverser à vélo.
Je rejoins la Voie Verte qui longe le Rhône jusqu’à Viviers. Vent dans le pif.
Viviers, ancienne ville canoniale...se promener dans ses rues médiévales et pavées...très beaux bâtiments….En quittant la ville, je me goure de direction mais je m‘aperçois bien vite que ça ne colle pas : j’ai le vent dans le dos. Demi-tour. Dès que l’on quitte la vallée du Rhône ça grimpe tout de suite comme de l’autre coté dans la Drome. La nationale est blindée de camions et même s’ils font gaffe, ce n’est pas très cool de rouler sur cette route.
Heureusement, après quelques kilomètres, je la quitte à St Thomé pour une autre où je suis bien plus tranquille, toute petite et sans circulation. En route pour Alba-la-Romaine, siège des évêques d’Alba jusqu’au 5éme siècle. Après ils ont migré à Viviers.
Je traverse fissa la nationale 102 pour retrouver mon bonheur…la D263 qui grimpe vers Sceautres Là, on est déjà à 450 mètres mais surtout au pied d’un « Neck basaltique » incroyable. C’est ce qui reste des coulées de lave du volcan qui sévissait ici il y a 6 millions d’années. Le basalte bien plus dur résiste à l’érosion et donne cette forme unique que j’appelle : La bête assoupie. Mais que font ces deux reptiles au milieu de la route ? Suicide collectif ou bagarre qui a mal tourné ? Ce qui est étonnant, c'est qu'ils n'ont pas été écrasés mais il manque la queue du lézard. Une enquête est toute verte.
Il y a aussi des belles fleurs.
Col des Fontenelles, 703m, Taverne (sans bar), puis une belle route en crête à 815m avant une descente raide où les freins sont bien sollicités….ça couine (15%). Privas, la capitale de la Crème de Marrons et d’autres glacés comme le prouve l’usine Clément Faugier qui m’accueille à l’entrée de la ville. Une belle voie verte pour terminer et me voilà à l’étape de ce soir et ce n’est pas plus mal car il fait très chaud et ça suffit pour aujourd’hui. Hôtel, chic un peu décati, j'ai raté la piscine mais j'avais pas de maillot. Rien d'autre en hébergement, c'est le week de Pentecôte et tout est blindé et les WS sont en vacances. Pizza correcte, glace bio aux marrons de Terre Adélice et bière locale moyenne. Dodo
Jour 2 : Privas > > Lachamp-Raphaël par une tripotée de cols
Quelques courses au magasin bio ouvert à 8h30, je file et ça monte illico et ça va être comme ça toute la journée. Je rentre au cœur de l’Ardèche et ses Sucs (montagnes).
Col du Moulin à Vent, facile, 592m, puis celui des Croix de Creysseilles 759m. Là je me fais bien avoir car la route va descendre de plus de 300m vers Pervenche dans une forêt profonde où personne ne passe à part un cycliste en mode sport qui me double. Après, bien sur, devinez quoi, il faut tout remonter jusqu’au col de la Fayolle à 877m, il y a même un petit panneau bien sympa qui me le dit et j'aime bien ce balisage cycliste qui vous annonce où vous en êtes dans la montée et la pente à gravir. Ça ponctue l'effort. Il en reste encore un…..qui n'en finit pas...le col des quatre Vios à 1141m où je m’arrête pour la pause picnic. Même pas une table ni un banc. Un vague cailloux. On peut dire que le pays est avare en endroit pour se pauser. Nous ne sommes pas loin de l’Auvergne et on connait bien leur coté pingre.
Mais la route est splendide et le spectacle incroyable. Vaut le détour comme dirait le Bonhomme.
Encore un peu de route pour atteindre Lachamp-Raphaël mon étape de ce soir. C'est le plus haut village de l'Ardèche : 1320m. Il parait que par beau temps on voit les Alpes d'ici....pas aujourd'hui avec les gros nuages gris et noirs qui encombrent le ciel. J’arrive tôt et le gîte est fermé. Je comptais laisser les bagages avant d’aller voir le Gerbier de Jonc, 20 bornes AR mais le proprio arrive au bon moment et ça colle. Une petite pause pour souffler et c’est reparti.
La route est magique en déclinaison de prés où de belles vaches rousses se la coulent douce, des pentes recouvertes de genets en fleurs et ces drôles de sommets pointus partout. Le mont Gerbier et sa cohorte de touristes qui comme moi viennent voir une des sources de la Loire, plus long fleuve du pays et se faire arnaquer par le propriétaire du bar, restaurant, boutique à saucissons et souvenirs débiles. J'entends même quelqu'un dire :"Faut pas aller chez lui, c'est une vrai voleur".
En revanche si EDF pense refroidir ses centrales atomiques le long de ce fleuve, c'est pas gagné au vu du petit filet d'eau qui coule de cette source. Et ils veulent en construire des nouvelles ces cons !!!!! Retour à Lachamp avant que ça se gâte. Trop tard....je me prends un bel orage: grêle et pluie cinglantes. Heureusement j'avais prévu la veste mais elle ne me protège pas des morceaux de cailloux qui tombent du ciel... 10km....un quart d"heure. Gîte et douche bien chaude...
Lachamp est très animé aujourd'hui car l’Ultra-Trail de l’Ardèche y fait une pause. C’est le ravitaillement et le pointage des concurrent.e.s.: 222km à parcourir en moins de 36 heures sinon on est éliminé. Toute une troupe de bénévoles sont venus pour leur offrir de quoi se sustenter : boissons, soupe, purée, fromage chips, choco (pas la côte), Haribo et j’en passe. Nous sommes au point 117km soit plus de la moitié de la course. On attend les premiers...qui sont des premières ; d’abord une Polonaise puis une Chypriote et enfin un français qui dit en arrivant : » Elles vont trop vite ces gazelles ». L’arrêt est mesuré, un sac à leur nom est prévu où ils retrouvent des affaires et des produits qui doivent les aider à passe l’épreuve : magnésium et barres énergétiques. Parfois un ami les attend et on repart à petite foulée. Elles et ils n’ont pas l’air fatigué.
Forcément les gens du village viennent voir ce qui se passe chez eux et j’entame la conversation avec un papé qui me raconte comment c’était avant….classique : la neige, jusqu’à 6 mètres de cumul dans l’hiver et de fin novembre à mai. Pour rentrer, il faut creuser des tunnels pour trouver la porte de sa maison.
« Jusqu’au toit elle montait en 2010. Un jour, le préfet qui n’a pas de nouvelles du village, envoie un hélico pour vérifier mais tout allait bien, le boulanger faisait le pain pour tout le mode et on avait assez de réserves pour tenir un siège mais le meilleur, c’est quand le rallye de Monte Carlo passait par ici, deux spéciales et je peux vous dire que voir Loeb débouler à 180 dans le village ça marque les esprits mais ils ne passent plus par là alors que c’était les plus belles spéciales du rallye ». Forcément ! Dans un coin du village, je dégotte un vieux camion à neige équipé d’un beau V8 Unic...quel engin !!! Il est à vendre si vous craquez… contactez le maire.
Pas de resto, cuisine dans le gîte alors courses à la petite épicerie-bar : pâtes et sauce tomate. Ça le fera avec le reste acheté ce matin. Une 16 dans ce bar où des types racontent des histoires et des blagues. Je repasse au point de contrôle. Ça continue d’arriver au compte goutte.
A partir de 19h00, le ravito se fait dans la salle des fêtes du village. Ceux qui arrivent ne font plus la course pour gagner alors ils prennent leur temps pour se reposer un peu. Quelle belle journée et quand je fais le calcul les bras m’en tombent : 75km et 2000m+...je viens de battre aussi un record perso. Dodo.
Jour 3 : Lachamp > > Laveyrune le long de la Loire à vélo
Grand beau comme tous les matins, extra pour partir. Renseignement pris auprès des bénévoles : tout les monde est passé avant la disqualification. Je vais suivre la Loire le plus longtemps possible dans son parcours. Même route qu’hier mais direction Ste Eulalie. En traversant un pont je la retrouve qui est devenue un beau torrent. Elle a déjà parcourue 2,5km. Le village est déjà très animé mais les gens se plaignent que le journal ne soit pas encore arrivé. Incroyable bâtisse au toit de chaume. Je continue dans un paysage vraiment magnifique. La Loire coule à mes cotés, grossie peu à peu par des rivières : L’aigle Nègre et le ruisseau d’Aym.
Parfois elle serpente langoureusement parfois elle dévale en torrent. A La Palisse elle subit son premier barrage mais le lac est tellement bas qu’il fait pitié. Pourtant les ruisseaux de Prat Sauvage, de la Tialade, de Chaumeil, de la Cetasse et du Mazan font tout leur possible pour l’aider à le remplir mais rien n‘y fait, quand y’a pas d’eau, y’a pas d’eau !!!!!
Je passe doucement sur le pont car la charge max est annoncée à 44T.
St Cirgues-en-Montagne….l’orage commence à gronder et il est à peine 11h00. C’est ce qui était annoncé. Faut pas traîner mais la superbe abbaye de Mazan vaut quand même un petit arrêt d’autant plus qu’un artissste, Felice Varini (CH) a eu la belle idée de la décorer de cercles dorés du plus bel effet. Ça claque sous le soleil encore présent. Un cercle et mille fragments.
Ça pète..on y va. Une dame me crie au passage :"Attention à l'orage"
l'abbaye avant et après l'intervention de l'artiste
Un petit col à passer au Cros de Boutazon, un paysage de dingue, un deuxième à la Chavade, plus bas mais rien pour s’arrêter. Je continue vers le col du Pendu, plus haut (1435m). A la station de ski nordique je repère des tables et des bancs. Il ne pleut pas encore. Arrêt !!! Ah oui mais le lieu à l’abri est déjà squatté par une famille avec table, chaises et barbecue portatif...mais ils m’accueillent gentiment. Toujours pas de pluie, je picnic et ça dégringole tout à coup en pétaradant de partout...tous aux abris. Tout le monde serré sous le auvent, nous regardons le pluie tomber. On m’offre merguez, bacon et jambon que je refuse poliment mais j’accepte les cerises. Au bout d’une heure d’éclairs multiples et bruyants, je décide de repartir avec veste et pantalon de pluie. Le col est atteint rapidement après le beau plateau de Cham Longe et descente raide jusqu’au village du Bez.
Dernière ligne droite en pente douce jusqu’à LUC où je retrouve la Lozère. Pas pour longtemps car le gîte se trouve de l’autre coté de l’Allier et donc bien en Ardèche.
Jour 4 : Laveyrune > > La Bastide Puylaurent et plus si affinités
Au petit dèj, je retrouve le couple de bretons avec qui j’ai diné et c’est l’heure de partir. J’ai prévu de prendre le train à La Bastide, descendre à St Geniès, passer à St Quentin la Poterie et finir par la voie verte qui relie Uzès à chez moi. Eh ben que dalle. Arrivé à La Bastide et après avoir acheté mon billet, je regarde le tableau des départs et rien………..mais rien…….aucun train pour Alès et Nîmes aujourd'hui. C’est une blague ? Non, la grève qui continue me dit un employé. Et alors ? Ben faut aller à Alès pour trouver un train….re-pardon ??? Oui, Alès départ à 12h58. Cela me laisse quatre heures pour faire les 80 bornes. Sacré challenge mais ai-je vraiment le choix ? ON Y VA !!!!
Vous verrez, ça monte jusqu’à la Garde Guérin et après ça descend. En fait ça va monter ET descendre jusqu’à Alès….1160m de déniv+ en plus des 80 bornes. Dans les belles descentes, je pédale à fond et un petit radar de ville qui dit « Vous roulez à ? 48km/h »… désolé mais j’ai un train à prendre. Je profite tout de même du paysage : lac de Villefort et magnifique route qui tourne jusqu’à Concoules. Genolhac et le départ si connu vers le Mt Lozère. Y’a des cyclistes qui se traînent. Pardon, excusez moi, merci. Arrêt ravito à Chamborigaud, pain et pélardon. Traître col à Portes que je pense être le dernier mais le vraiment dernier se fait traiter d’enculé avant la descente vers Alès….Ouf, c’est gagné !!!! 3h35mn et j’arrive à la gare. Putain de journée de dingue !!!!! Je ne passerai pas à St Quentin et ça sera direct à la maison.
79.5km et 1160m+..............(288km et 5060m+)
Pour fêter ça, je m’offre une St Feuillien Grand Cru…..et désolé mais je n'ai pas eu le temps de faire des photos.
Je remercie Vélo Trek pour sa magnifique participation et ma maman pour m'avoir mis au monde et pouvoir faire ce genre de truc.....
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