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Le blog de didier falleur pensées nomades

Le #G7 à Hendaye - Aout 2019

didier falleur

Jerôme vient me chercher. Il est accompagné de Mattias de Marseille. Le voyage se passe très bien à part que je perds mon larfe sur l’autoroute quelque part entre Montpellier et ailleurs. C’est vraiment con de ne pas avoir de papier sur soi quand on se rend dans une ville où 12.5OO flics vous attendent. Va falloir la jouer finaud. D’ailleurs l’autoroute est remplie de convois en bleu marine ou blanc suivant le genre qui viennent de toute la France. On leur paye de belles vacances. On se fait arrêter mais ils ne demandent que les papiers du véhicule et du chauffeur. Je me fais discret à l’arrière avec le diplo. Un quart d’heure avant c’est encore moi qui tenais le volant. On a bien fait de changer de conducteur juste avant mais on le sentait venir ce contrôle.

Je me fais faire un document de perte vite fait à la mairie d’Hendaye, au cas où mais je ne sais pas si ce sera suffisant aux yeux des flics. C’est toujours ça. On fonce au camp. On ne peut pas rentrer avec les bagnoles et le parking est à dache. Faut marcher alors on marche. Un type sympa nous indique un bon endroit tranquille pour mettre la tente et ça tombe bien c’est justement là qu’Attac est installé. Y’a deux drapeaux plantés. L’endroit ressemble à une pouponnière de tentes Quechua 2sec. Elles vont éclore jusqu’à samedi transformant le champ en un espace coloré et boursouflé. Les rares Jamet, Wanabee ou encore plus MSR se font touts petites au milieu de cette invasion. Deux vieilles canadiennes Maréchal rappellent le temps des vacances à l’ancienne.

Le #G7 à Hendaye - Aout 2019

Le camp est situé sur l’ancienne propriété de Nestlé, un comble pour des alters, devenue depuis un Pierre et Vacances mais on ne se mélange pas. Un grand espace collectif avec des salles pour des réunions, secrètes ou pas, un atelier vélo, une autre pour les secouristes. Au milieu, une grande tente pour accueillir les participants. Les gilets jaunes ont leur coin accueil et cuisine.  C’est pas bio ni vegan. Quelques douches, peut-être dix au max alors que nous serons près de 4000 un moment et pour en avoir une chaude faut mieux se lever tôt le matin. 7h c’est bon et c’est plutôt mon horaire.

Dans une clairière située au dessus, les cantines/cuisines sont installées. Là c’est tout bio et vegan. Elles servent pdj, repas de midi et soir. Des jeunes habitué.e.s à ce genre de situation assurent vraiment. Ils viennent de Belgique Hollande et France  Une magnifique boulangerie mobile fournira un merveilleux pain sous la forme d’une belle miche de 2,5Kg faite avec de la farine basque.

Le #G7 à Hendaye - Aout 2019

Bien sur tous les prix sont libres partout. Belle idée mais le trou financier samedi soir affichera tout de même 10.000€. Pas mal sur un budget de 18.000. Si les 4000 participants avaient donné 2chacun, ça aurait été réglé mais bon c’est comme ça.

Une dernière expérience à noter : la mise à disposition gratuite de 150 vélos (Scott flambant neufs et autres vélos de ville). Le collectif a bien pensé à demander une pièce d’identité mais sur un lieu où certains n’en ont même pas, c’est pas évident. Une caution ? Pareil. Alors juste un nom et un numéro de téléphone. Pas mal gonflés ces types. Et ça a très bien marché. Le premier soir il manquait deux vélos à l’appel qui son arrivés le lendemain. Le vendredi, plus compliqué car ça a un peu fritté à l’entrée du camp avec les flics et certains n’ont pu rentrer que tard.2 sont restés en garde à vue avec leur proprio. Je crois que le bilan s’élève à 2 ou 3 vélos disparus. Bon à 500 balles pièces il a fallu tout de même rembourser le loueur.

Deux grandes buvettes tenues par les GJ où l’on ne boit malheureusement que de la Heineken, décidément, je ne m’y fais pas à cette bière, et une scène sous tente pour les concerts du soir. Voila le tableau d’un camp bien organisé et prêt à recevoir tout le monde.

Peu à peu, nous croisons des têtes connues de l’asso qui viennent d’un peu partout, Nîmes, Florac, Annecy, Macon, Rennes en pagaille, Bordeaux et Paris bien sur.

Jeudi, premier jour. Pour se rendre au centre ville, il faut d’abord marche presque 30mn pour arriver à l’arrêt du bus. La ville met à notre disposition des navettes toute la journée avec un pass à 5€ pour le trois jours. Ça peut aller même si le premier jour on trouve ça long. Après, on s’y fera en causant avec les copains sur le chemin. J’opte pour une conférence sur l’agroécologie paysanne. Malheureusement, quand la basque se met à parler, la traduction ne suit pas. Je me casse et puis les propos sont trop généralistes  pour me passionner. On a entendu mieux durant les univ d’été d’Attac. On devient difficile. Je me dirige vers un autre lieu de rencontres : L’Intergalactique. Y’ une cantine et je demande s’ils ont besoin d’aide. Bingo ! y’a une méga vaisselle qui traine. Visiblement, c’est pas la passion de alters de laver des casseroles alors je m’y colle. Après ça, une heure presque, on me demande si je veux couper du pain pour le repas, allons-y, c’est le pain des boulangers du camp. Du pain je vais en couper pendant deux heures pour accompagner les assiettes servies aux quelques 1500 personnes qui viendront manger ici. Du délire !!!! Même François, le chef cuistot, n ‘en revient pas du monde. Avec l’aide d’une femme, il dirige sa petite équipe : un à façonner les beignets de riz, un autre à les plonger dans l’huile, d’autres à faire la salade. Toute une symphonie de gestes bien orchestrés. Vers 14h30, quand tout le monde aura été servi, la satisfaction se lira sur les visages de ces bénévoles. Bravo !!!!

François, le chef……………..
François, le chef……………..

François, le chef……………..

Je dois être au stand Attac à partir de 16h00, j’ai donc le temps de rejoindre le FICOBA, le centre des congrès où se trouvent les stands des assos et les conférences et je passe par le chemin qui longe la Bidassoa, la rivière qui marque la frontière entre le pays Basque nord (en France) et le pays Basque sud (en Espagne) mais il n’est bien sur pas question d’évoquer ces deux pays colonisateurs quand on parle du pays Basque.

Dans le hall, à coté de notre stand où nos t-shirt se vendent comme des petits pains, CADTM, Amis de la Terre, BIZI, Alternatiba et des basques où je ne comprends rien mais en m’informant c’est une asso qui aide les prisonnier basques éparpillés dans toute l’Espagne comme les français de leur coté d’ailleurs. Il y a la liste de tous ceux qui ont plus de 65 ans. A 19h00, on remballe et comme le bus part d’ici c’est bien pratique.

Retour au camp. Durant le repas, panique totale, ça explose pas loin et des gens se mettent à courir dans tous les sens. Les cantines ferment illico et tout le monde se demande : « Mais KessKissPass ???? » Des cris nous annoncent : « Les flics vont envahir la camp !!!!! »

Ah bon ? Mais Pourquoi ??

Ah ben paskeu des Gilets Jaunes ont bloqué un rond point à Urrugne pas loin et des cons de flics ont cru malin de vouloir rentrer dans le cortège avec des motos et une bagnole (parait que le chauffeur avait un LBD sur les genoux et que ça a énervé). Résultat ; une moto par terre copieusement lattée par les manifestants et quand le flic a mis sa main sur son pétard on lui un peu sauté dessus. Bon il a réussi à s’échapper mais la bagnole a fini dans le fossé. Ça peut en énerver certains aussi et tout le monde s’est retrouvé aux portes du camp et bien sur certains voulaient rentrer et d’autre pas du tout les laisser faire d’où les petites altercations entendues. Mais tout est rentré dans l’ordre après deux heures de pure folie collective, de constructions de barricades sensées nous protéger d’une invasion massive et les cantines rouvrent et la vie du camp reprend son rythme : apéro et histoires qui circulent.

Intéressant de voir comment les esprits se mettent en ébullition chez certains résolument décidés à en découdre avec les forces de l’ordre comme s’ils n’attendaient que ça. Les pacifistes sont des enculés de collabos (donc nous) et ne comprennent rien de keudalle.

Vendredi matin aider une cantine à couper de pain (encore et toujours) pour le ptidéj puis départ en groupe pour Hendaye City. Conférence : The RBandBzation des villes et ses conséquences. Très bien : une fille du DAL, un homme de Madrid qui s’est fait expulsé de chez lui et qui vient en aide à ceux qui résistent à la pression des banques, une femme de Berlin et une élue de Podemos.

A Berlin, les locataires se battent contre les investisseurs qui sous prétexte de modernisation des logements, doublent le prix des loyers mais la résistance est féroce et un recours a été posé devant le conseil d’état comme « le logement comme droit fondamental ». Le processus suit son cours mais déjà des étapes de gagnées. Elle nous informe aussi qu’à Vienne (Autriche) le pris du m² est fixé à 5€ à la location.

A Paris, capitale mondiale de la location avec 60.000 propositions de RbandB (NY pourtant plus grande n’en propose que 40.000) entres autres, les classes modestes et moyennes sont chassées de la ville et se retrouvent en banlieue. Combat légitime des GJ contre ce phénomène. De nouveaux contrats de location meublée se font sur des durées de 10 mois pour chasser les occupants durant les mois de vacances. Avant c’était au minimum 12 mois.

L’élue de Podemos parle un peu pour ne rien dire et à la fin de la conférence je lui demande ce que ce parti a fait pour les droits des locataires (qui n’existent peu ou pas en Espagne). Heu……..pas grand-chose.

Merci bien.

L’Espagnol, la femme de Berlin, l’élue de Podemos, l’animatrice et la femme du DAL

L’Espagnol, la femme de Berlin, l’élue de Podemos, l’animatrice et la femme du DAL

Repas au Galactika. C’est calme aujourd’hui et ils n’ont pas besoin d’aide. Faut dire qu’hier une procession est arrivée avec une structure provenant de NDDL et promenée à travers la ville et que ça avait drainé du monde.

FICOBA pour une conférence sur la transition : Azam, Alternatiba et surtout un poète qui lance des gros pavés qui font un peu grincer les sourires. Dans le genre on est tous des connards et des individualistes et on n’a qu’à s’en prendre qu’à nous même si on en est là car ça fait plus de 40 ans que les messages sont clairs et on en est toujours à débattre. Relocalisation et abandon de tout ce qui détruit.

La fille d’Alternatiba ne sort que des banalités un peu creuses. Manque d’expérience ??? je me casse.

Samedi : Marche pour le climat. Nous nous proposons avec Jérôme de rejoindre ceux qui vont encadrer le défilé pour éviter les débordements (la polémique va suivre sur notre collaboration avec les flics). On peut comprendre mais c’est un accord passé entre les orgas et la municipalité pour nous laisser défiler. Sinon quoi ??? Postés devant la gare nous ne participerons donc pas à la marche car c’est presque la fin du parcours. Tant pitte.

Le #G7 à Hendaye - Aout 2019
Le #G7 à Hendaye - Aout 2019
Le #G7 à Hendaye - Aout 2019
Le #G7 à Hendaye - Aout 2019

Après la marche nous partons tous à la plage pour un bain bien mérité…..et ça donne ça

Le nouveau CL Hendaye-Plage au complet

Le nouveau CL Hendaye-Plage au complet

Dans la nuit, vers 3 heures du mat’, je suis réveillé par des gros bruits de pétards. Jérôme, qui dort à coté dans sa tente enfin qui ne dort pas du tout, me dit que ça dure depuis minuit. Bon on verra bien et je me recouche. Vers 7h00 je me lève et il a déjà presque terminé de plier son barda. Au ptidèj, on apprend que des anars/antifa et autres sont venus énerver les flics qui campent dans le camping d’à coté. Faut dire que c’est tentant. Alors bien sur quand on vient réveiller les keufs à minuit ils répondent pas avec des « ah ben venez donc boire un coup » mais plutôt avec des grenades et autres bazars. C’était donc ça les bruits de pétards. Mais rien de plus. Alors nous quittons le camp sans trop tarder même si on sait qu’il aura du gros boulot de remise en état avant de rendre les clefs. Jérôme me dépose à la gare et bye bye.

Chiotte, mon train est dans 3h30…..fuck…..putain…attendre ici tout ce temps ???? Mais vla t’y pas qu’une voiture s’approche et le gars qui est assis à coté de moi parle avec la conductrice. Blabla ???  Et comme je vois que la plaque porte le numéro 35 je me dis tout de go qu’elle doit bien passer par Bordeaux où je me rends. Bingo……Y’a une place ?? Oui. Et hop, me vla parti…..Tchao Hendaye, je t’aimais bien……………..

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