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Le blog de didier falleur pensées nomades

Reprise

didier falleur

Après la visite faite à la chirurgienne d’Achille, me voila rassuré sur mon futur. Point nécessaire d’opérer. Elle m’a bien prescrit quelques séances de kiné pour accélérer la guérison. C’est aussi une femme, jeune, qui m’a dit que je pouvais reprendre la marche (pas forcée) et le vélo sauf le Ventoux. Ce n’est pas encore le moment. Après une séance d’ondes de chocs (2000 coups à 4,4 bars), je décide de reprendre l’exercice. Une petite marche autour de la maison pour retrouver les sensations oubliées. Elles reviennent vite le long du chemin déjà connu, les bords du Rhône jusqu’à Comps puis la montée et demi tour pour rejoindre le petit Mt Aiguille qui culmine à 170 mètres d’altitude. Ça ne parait pas très haut mais comme aucun sommet majeur ne vient occulter la vue depuis ce petit monticule, qui offre en plus quelques vestiges d’habitat troglodyte, la vue y est magnifique : le pic St Loup, le Mt Aigoual, le Mt Lozère, le Gerbier des Joncs, Les Dentelles, Mt Ventoux assurément, Lubéron et les Alpilles. Voila, un 360° magnifié par un temps clair et lumineux. Le Rhône coule langoureusement en bas, séparant les deux châteaux de Tarascon et Beaucaire qui ont décidé depuis longtemps de ne pas se faire querelle. Le vieux bouc ne traine plus. Qu’est-il devenu ? Retour vers la ville (18.5km)

Le lendemain un ami m’apprend que le viaduc de Comps s’est effondré dan la nuit. Tu déconnes ? Je suis passé en dessous hier vers 14h00. Construit à la fin du 19° il parait que ce sont les pluies incessantes du mois dernier qui aurait eu raison de ses fondations. Alors mon petit gars, je te signale tout de même qu’à quelques lieues de là où tu te trouvais, il existe un autre viaduc, construit bien plus tôt que toi, et qui a résisté à des catastrophes un peu plus sérieuses que quelques pluies. Tu ne vois pas de quoi je te parle ? Allez, arrête de faire celui qui ne sait pas, je veux parler du Pont du Gard. Les romains, voila. Bon tu vas me dire aussi que personne ne se souciait de toi depuis belle lurette et que cela devait bien arriver un jour. Ouais mec, mais je suis passé dessous hier et je peux t’assure que je n’étais pas seul. Il faisait un temps magnifique ce dimanche et les collines étaient remplies de promeneurs. Bon, tu as eu la bonne idée de t’effondrer vers 22h00 alors on te pardonne. Mais quand même.

Mardi, je décide de reprendre le vélo et de passer par ce fameux viaduc. Un peu de monde pour regarder le tas de cailloux qui a remplacé l’œuvre d’art. Ça donne ça.

Reprise

J’y retrouve M. Krimme (c’est vraiment son nom et je le connais du temps de la librairie quand il venait acheter des polars. Je déconne pas), à vélo lui aussi (électrique). Je lui propose de m’accompagner jusqu’au Pont du Gard. Il dit d’accord. Un petit vent de face mais pas trop le long de cette belle voie verte. Presque personne, nous sommes le 26 et tout le monde doit se remettre des agapes de la nuit dernière. Petit pause au pied du prestigieux monument, toujours là je vous rassure et c’est déjà l’heure du retour. Les journées sont courtes et le froid revient rapidement.

Reprise

Avec le petit vent dans le dos ce n’est que du plaisir. 25km/h sans forcer.

Mercredi, je me rends à la ferme pour prendre la mesure des taches qui me seront dévolues lors de l’absence de nos agriculteurs. Ils ont gagné une semaine de vacances dans le sud espagnol. C’est leur fils Jean qui a eu le gros lot d’une tombola. Ils le méritent bien. Alors, ils nous ont demandés de venir nourrir les poules (180), les poulets (une centaine), les chats et le lapin. Je fais le tour avec Anne. Ça n’a pas l’air très compliqué. Ils peuvent partir tranquille car les Amapien.ne.s se sont porté.e.s candidat.e.s pour les aider. Encore une petite balade à vélo pour la remise en forme (15km).

Entre temps, les tempêtes familiales reprennent. Après avoir envoyé une lettre à mon frère, lui reprochant, il est vrai, de retomber dans son silence habituel et dans le but de tenter de renouer une relation rendue difficile par ses excès d’alcools, de pessimisme, de réclusion contre un monde qui ne le comprendra jamais, j’ai reçu en retour une délicieuse missive, accolée à la mienne où il répond (en caractères gars et entre parenthèses) point par point à mes phrases. Ce n’est pas tant la forme prise par cette lettre qui m’a mis dans un état de colère (j’ai l’habitude de ce genre de propos) que la dernière phrase qui m’annonce qu’il met en copie, sœur, beau frère en un autre ami commun. Pas mal comme saloperie. Comme s’il avait besoin de témoins pour appuyer ses mots. J’ai donc commencé une longue lettre où je tente de régler mes comptes avec lui et les gens qui me pourrissent la vie.

Je vous en ferais peut-être partager la lecture un jour mais elle est tellement intime et violente qu’elle m’effraie un peu moi-même. Cela m’a pris une bonne journée pour l’écrire mais ça tombe bien, je n’ai pas tant d’autres choses à faire.

 

J’ai vu quelques films pour me sortir de cet état d’esprit : What you gonna do when the world’s on fire et Wildlife. Le premier vraiment très bien (sentiment de révolte dans une communauté noire de Bâton Rouge) et le second pas mal mais plus classique (le délitement d’une famille dans les années 60 au USA).

Commencé un nouveau livre (L’homme qui aimait les chiens de Padura) après avoir refermé le dernier Colin Niel (Sur le ciel effondré) qui m’ennuie profondément bien qu’il se passe en Guyane et même en partie à Maripasoula où j’ai séjourné quand j’étais guide dans ce pays. J’ai beaucoup apprécié deux de ses livres, Ce qui reste en forêt, une autre enquête guyanaise et Seules les bêtes (qui se situe en partie sur le Causse Méjean, alors forcément).

Un autre balade à vélo jusqu’à Arles pour saluer mon amie Sophie (encore 22km au compteur) avec toujours ce vent dans le dos pour la transformer en pur plaisir de pédaler. La tour Gehry/Hoffmann se termine et ressemble de plus en plus à un truc qui ne sera jamais fini tant le fait d’en avoir coupé le dernier tronçon devient flagrant. Pas d’équilibre. Retour en bus, le train à 45mn de retard (tout à fait inhabituel comme phénomène dans la région. S’pas ???) où le chauffeur sympa me laisse mettre mon vélo DANS le bus au lieu de le faire voyage dans une soute non chauffée. Non mais sans blague. Merci Monsieur.

 

Vous verrez peut-être, proche de la gare, ces deux petites cahutes en forme d’obus au milieu de rien. Qu’est-ce que c’est que ça et ça vient d’où. Eh bien ce sont deux guérites qui datent de la deuxième guerre mondiale et qui servaient d’abris aux soldats allemands chargés de surveiller les mouvements de trains. Je ne crois pas avoir vu ailleurs qu’ici ce genre de construction.

Reprise

Dimanche première visite aux poules. Il fait un froid de gueux et le vent de face me fait demander l’aide de Christian, le luthier sympa de Tarascon.  Il vient me chercher dans son énaurme 4x4 Merkos qui affiche 350.000 km. Je l’ai acheté 8000€ alors ça va. T’as même pas une Clio pour ce prix.

Les poulets sont affamés et se ruent sur les graines comme des malades. C’est Christian qui est venu les nourrir hier et visiblement il a mégoté sur la quantité. Anne m’avait bien dit : « Il faut remplir la mangeoire jusqu'en haut ». Faut faire gaffe à pas en écraser. Che Mesdames les poules, c’est plus calme, il reste encore à manger. Ramasser les œufs, tout de même 100. Nourrir les minettes, il n’y a que la plus jeune qui apparait. Changer de place la cage du lapin. Il suffit de la faire bouger un peu et lui offrir de l’herbe toute fraiche. Il semble ravi et se met à grignoter illico. Le job est fait, on peut rentrer. J’y retourne mardi, y’a quelqu’un qui s’est décommandé.

Reprise
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Commentaires
G
Et le Padura, vous en pensez quoi ??? J'ai beaucoup aimé...<br /> Vive le Méjean et la Croix du Buffre , mille sabords !
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