Paris la preuve par quatre - Troisième partie, une journée avec Pompidou et l'architecture
Je me suis pointé vers 11h00 à l’entrée. Déjà du monde dans la file. Je me faufile et je rentre rapidement. Dehors ça pince.
Ma carte de presse Tintin me permet de voir les expos gratis. Avantages acquis comme diraient certains et je prends. On verra bien le temps que ça durera pour l’instant ça passe encore.
Au premier étage, Tadao Ando, un architecte japonais en haut de l’affiche. Une influence Corbusienne dans ses églises épurées au possible et beaucoup d’élégance dans l’intégration de son œuvre dans le paysage. Très beau temple dédié à Bouddha (on peut voir sa construction en accéléré).
Il réalise, pas lui, des ouvriers, la transformation de l’ancienne Bourse du Commerce de Paris (rue du Louvre) en un nouveau musée. Les maquettes sont magnifiques et géantes.
Au même étage, quatre lauréats du Prix Marcel Duchamp
Mohamed Bourouissa ‘pas le temps pour les regrets’ nous emmène dans l’Hôpital Blida-Joinville d’Alger où Franz Fanon a introduit en 1950 des nouvelles méthodes de soins. Nous sommes guidés par Bourlem Mohamed, un patient qui bénéficia de ses méthodes.
Marie Voignier nous propose un film à la rencontre des habitants d’une forêt du Cameroun. Sans aucune intervention de sa part, nous partageons leurs vies et leurs croyances. Très belles séquences.
Thu van Tran et Clément Cogitore sont aussi exposés mais je suis passé plus vite.
Petite pause falafels à l’extérieur et je reviens de suite.
Je grimpe dans les étages, monter au cinquième et redescendre au quatrième pour une expo consacrée à deux artistes Polonais : Kataryna Kobro (1898-1951) et Wladyslaw Strzeminsky (1893-1952) . Elle russe d’origine allemande et lui polonais né à Minsk. Ils se rencontrent en 1918, collaborent avec Tatline et Malevitch et créent un système basé sur l’unité : l’Unisme (ça a l’avantage d’être clair). L’objectif final étant un changement social soit par la réorganisation de l’environnement humain soit par le perfectionnement du regard des hommes sur le monde et de leur manière de le comprendre. J’ai été conquis par le travail de ces deux artistes : la sculpture (elle) et la peinture minimaliste vraiment très poétique (lui). Il a aussi traité à sa manière la Shoah.
Comme je suis au quatrième étage, j’en profite pour me promener dans cet immense espace consacré aux œuvres contemporaines. Nouvel accrochage que je ne connais pas. Ça vaut vraiment le coup car la qualité des œuvres exposées est à son maximum et comme les thèmes changent pratiquement dans chaque salle, on ne s’ennuie pas du tout et je passe de surprises en étonnement. C’est magique.
Jardin d’hiver de Dubuffet
Mur de Feuilles – j’avais fait un tableau dans le même esprit mais de cette taille j’avais pas osé
Un des projets pour la Très Grande Bibliothèque
Et revoilà David Byrne
Je remonte au cinquième où le Cubisme a sa méga rétrospective. Alors, si vous ne connaissez pas ce mouvement de peinture, voici une unique occasion de le découvrir car il y a tout ce qu’il est possible de voir et ce qui se fait de mieux en la matière et provenant du monde entier (j’aime bien regarder d’où il vient ce tableau). Quelques 300 pièces de Georges Braque, André Derain, Henri Laurens, Robert et Sonia Delaunay, Fernand Léger (un de mes préférés), Francis Picabia, Pablo Picasso, Marcel Duchamp, Juan Gris, Albert Gleizes, Jean Metzinger ……et j’en oublie tellement qu’y’en a. Sculptures, peintures, collages…..c’est énorme……je m’intègre à quelques groupes menés par des conférencières pour capter des bribes d’explications. Super !!!!!!
Hé !!!!!! C’est pas fini. Au sous sol, encore une expo. C’est dingue ce truc, Photographie, arme de classe : La photographie sociale et documentaire en France, 1928-1936
Je recopie : « Photographie, arme de classe », c’est ainsi que le journaliste Henri Tracol (1909-1997) ouvre son texte manifeste destiné à fédérer la section photographique de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). L’association fondée en 1932 à Paris, dans un contexte de montées des crispations politiques, économiques et sociales, rassemble à côté d’autres branches du front artistique et culturel (théâtre, chants, cinéma, littérature, peinture, etc.), les photographes parmi les plus engagés de l’avant-garde parisienne : Jacques-André Boiffard, Henri Cartier-Bresson, Chim, André Kertész, Germaine Krull, Eli Lotar, Willy Ronis, René Zuber, et bien d’autres encore. Aux côtés d’amateurs ou d’ouvriers qu’ils accompagnent dans leur pratique de la photographie, ces derniers ont expérimenté un langage à la croisée du discours critique, du geste militant et de l’esthétique du documentaire. Ils se sont appuyés sur les exemples soviétique et allemand tout en poursuivant une voie propre au contexte social et politique français.
A la cafétéria où je ne prends rien, les gobelets en carton ne sont pas recyclés et ça me met en pétard, j’observe trois femmes qui parlent tout en donnant le gouter à leurs enfants, des tous petits et des plus grands mais pas très. Elles parlent une langue que je ne connais pas mais que je devine du nord. Suède ou Danemark ? Je finis par demander : Suède. Pas mal. Une black, une très brune et une très blonde. Quel bel ensemble mais quelles pipelettes !!!
Avant de quitter ce lieu magnifique je fais un tour dans la bibliothèque où je ne suis encore jamais allé. Il règne un silence respectueux. Des gens viennent pour se reposer et dormir dans des fauteuils confortables et au chaud, leurs sacs pas forcément de dernière mode, plutôt en plastique même, et remplis de leurs uniques possessions si on peut appeler ça posséder, disons retenir près de soi.
Des centaines d’ordinateurs à la disposition des gens qui viennent étudier ou simplement lire ou se brancher sur des chaines de télévisions étrangères (un poste par pays). Impressionnant.
Voila, je sors de ce temple coloré et dédié à la connaissance des arts, à l’émancipation, à la rencontre avec l’autre grâce à toutes les formes que l’art peut prendre. Six heures de déambulation. Je n’ai jamais passé autant de temps dans un musée et c’est une expérience unique. Grand !!!!!!!!!!!!!!!!!!




































