Dernier weekend avec David Bowie
Je pars à Toulouse rejoindre mes amis et je sais déjà que ce sera bien car c’est comme ça. Trente ans que ça dure et même si l’on ne se voit pas durant de longs moments, deux ans et demi pour cette fois, c’est comme si cela faisait un mois. D’habitude je passe en coup de vent lors de mon retour d’escapades pyrénéennes annuelle mais cela fait deux été que je n’y vais pas ce pourquoi donc. Alors un long weekend pour profiter.
Événement !!!! C’est la sortie du nouveau disque de David Bowie et Véro est une fan absolue et je ne rigole pas : affiches d’expos le concernant et un cadre offert par son chéri reproduisant tous les billets de concerts conservés encadrant un choix de pictures discs : classe !!!!
Mais le disc n’arrive pas à temps et il nous faut attendre samedi pour pouvoir enfin l’écouter à part le titre : ‘Blakstar’ déjà visible et terriblement dérangeant mais avec Bowie on a déjà un peu l’habitude.
En attendant nous parcourons les rues animées de la ville, les deux splendides églises comme la basilique St Sernin et celle des Jacobins avec son plafond en forme de palmiers. C’est tout simplement magique avec les piliers centraux en guise de troncs. Chapeau monsieur l’architecte !
La mode hipster prend ses aises, Barber Shop et autres magasins. Ils nous font rire dans leurs désirs de se ressembler mais leurs motos restent encore des ‘Rats’. Ça va venir. Foule bigarrée, dense, joyeuse et tranquille, place du Capitole, et les librairies de la ville pour voir si Anthony y tient son rang. Dans la première, déjà rangé alors que dans la suivante, le dernier album est encore affiché, certainement parce que se sont des femmes qui la dirigent. Je montre Hôtel Koral à Véro qui l’embarque pour l’offrir à Pascal. C’est bientôt son anniversaire. Il va être gâté.
Comme Véro a récupéré sa commande à la Fnac nous pouvons enfin rentrer mais sans oublier de s’offrir une petite Tongerlo dans un bar que j’avais repéré en route et à la pression en plus : humm…. un régal !!!!
Pendant que le diner mijote nous découvrons la nouvelle perle du chanteur. Ouaf !! Ça décoiffe, un groupe plutôt jazz et des sonorités très sombres…la soirée continue avec un mix de nos préférés avec entre autres Lloyd Cole, REM et plus encore.
Dimanche. Sale temps, on reste à la maison pour regarder la vidéo d’un concert de Bowie à Dublin je crois. Nous avons décidé d’aller voir le dernier Tarantino à 4 heures à l’Utopia (ouais, génial, y’en a un ici aussi !!!!!) alors on a le temps de flâner. Nous passons aussi un bon moment dans les archives de Pascal qui racontent si bien les moments passés ensemble depuis trente ans. Il est en train de tout scanner mas ça prend du temps. Photos noir et blanc, diapos, le carton est rempli de planches contact datant de l’époque Angeli. Ça avait du bon de travailler (moi) dans une agence de presse avec un labo à disposition. Le passé n’est pas près d’être oublié et nous décidons de célébrer comme il se doit les 30 ans de notre voyage à Sturgis de 1987. Rendez vous pris donc pour l’été 2017 avec Gilles, le frère de Pascal et compère de ces aventures magnifiques des PDG au Dakota. Mais il est l’heure d’y aller. A part que le cinéma se trouve dans la banlieue de Toulouse, je ne suis pas trop dépaysé : décoration baroque, bar, restaurant et grande salle avec bel écran, plus grand qu’à Avignon. Top !!!!
Le film ? 2h53 d’hémoglobine, de gros salauds, d’hystérie, de suspense, de caméra génialement manœuvrée, le tout dans un huit clos incroyable, sorte de cluedo westernien d’enfer…… j’en parlerai plus tard….
Dernier diner, encore un peu de Blackstar pour mieux le connaitre mais la fatigue se fait un peu sentir et c’est l’heure du dodo. A demain.
Lundi matin, réveil assez tôt pour ceux qui bossent et moi qui repart. Vers 8h30, Véro mets les infos et la nouvelle tombe aussi abrupte qu’une falaise : David Bowie est mort………on se regarde incrédules ; non, c’est une mauvaise blague …..Il était là, avec nous tout le weekend…..Véro est soufflée…elle ne réalise pas…..c’est pas vrai…..69 ans, cancer depuis 18 mois…..mort paisible…..les mots s’enchainent comme une sale litanie…..putain, le weekend s’achève dans une douce tristesse qui nous enserre amicalement. C’est drôle de se quitter comme ça.
















