Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de didier falleur pensées nomades

Avignon 2015 - jour 1

zedid

Un petit Zigzag (Luna) pour commencer la journée et un formidable moment de théâtre. Ces trois versions de ce texte, classique, symboliste puis réaliste de Molière, admirablement jouées par ces comédiens hors norme nous transportent à l’aide des explications de Xavier Lemaire dans l’histoire de cette expression. Si on note aussi les petites pointes d'ironie de ce metteur en scène ou la façon un peu détournée de nous restituer ces ambiances, (dans le contemporain il faut un caddie renversé) et les auditions qui envoient des messages clairs sur le travail du comédien (184 heures de stage pour savoir ouvrir un porte : trop drôle) c'est toute ou grande partie de la palette de ce métier qui nous est proposée. Vraiment excellent. On y va sans hésiter.

Puis, juste à coté se joue le texte d'Edgar Hilsenrath : "Fuck America" (Manufacture). J'étais justement en train de lire son livre quand j'ai vu que la pièce était jouée cette année. Je ne pouvais donc pas rater cet événement. Bien m'en a pris. L'acteur totalement investi dans la vie de Bronsky, nous en restitue de manière extraordinairement vivante ses moments les plus forts. Accompagné par un saxophoniste très bien inspiré, nous allons partager les heurts et les fracas de la vie de cette homme. On pense à Fante et Bukoswki bien sur. Ne pas rater ça ....

Nous avions prévu autre chose vers 16h15 mais il nous fallait un peu de respiration et nous décidons avec Sophie de flâner dans la ville de déguster une glace (non mais c'est dingue ce truc : glace à la bergamote, citron vert, pamplemousse rose ou caramel beurre salé de chez Terre Adélice. A se damner !!!!!!!!!!!!!!!!!)

Le texte d'Hilsenrath continue de gambader dans ma tête, c'est magique.

18h45, c'est l'heure de 'Motobécane" (Roi René) que je veux voir depuis plusieurs années mais ça n'avait pas collé. Cette fois ci c'est la bonne. Dans la queue j'engage la parole avec une jeune femme que je devine russe à son accent. Bingo ! On devrait se retrouver à la sortie car nous avons tous réservé 'Au chapeau rouge' la meilleure cantine d'Avignon.

Motobécane-Victor est un homme solitaire qui vit de récupération de bouteilles vides et qui les revend non sans avoir omis d'en garder les étiquettes pour sa "collec". Son chemin va croiser Amandine une petite fille qui fuit une mère violente et une école non adaptée. Entre eux va naitre une relation de tendresse qui a fait tant défaut dans leurs vies respectives. Mais cacher chez soi une petite fille va à l'encontre des lois. Et c'est depuis sa chambre à barreaux et tout en nous relatant les minutes de son procès que Motobécane, dans une langue picarde pleine de poésie et de d'images, va nous raconter sa vie et ces moments de bonheur partagés avec Amandine. C'est admirable.

Délicieux dîner au Chapeau Rouge comme prévu où nous retrouvons notre couple franco-russe. Elle est Kazakh et vit en France depuis 12 ans. Nous échangerons aussi avec un autre couple en fin de festival qui nous parle de leurs choix. C'est à le festival d'Avignon, des gens passionnés qui ne se connaissent pas mais qui parlent et transmettent leurs expériences théâtrales. Unique !!!!!

22h00, c'est l'heure de la dernière séance. Le réserviste (Doms). Un texte sur la relation au travail. L'attente est agréable accompagnée de musique (Trust, Dom A entre autres) mais ça se gâte quand les comédiens nous demandent de choisir notre mode d’installation (chaises, coussins ou poires) et nous indiquent aussi l'endroit : la scène. C'est un peu la pagaille.

En fait c'est un peu raté, les comédiens gesticulent et nous proposent un texte mal abouti et sans grand intérêt. Le pompon arrive quand le metteur en scène nous demande de regagner les gradins car " Ça ne va pas, c'est pas ce qui je voulais..." je n'y crois pas un instant. Heureusement, un femme vient vers la fin nous proposer une réflexion sur le monde du travail ( elle a passé 14 ans dans cet univers à Bruxelles) et quant j'apprends qu'elle est numéro 2 d'Attac Belgique, je me dis chic !!! Mais je grince des dents quand elle emploie les mots "charges sociales" et nomme Attac comme une organisation d’extrême gauche. Ça craint. Heureusement aussi on nous propose un débat à la fin qui sera propice à remettre les termes à l'endroit. Courageux de la part de la troupe qui peut s'attendre à des critiques, ce que je ne m'empêche pas de faire évidemment comme de dire que l'intervention de cette femme était plus intéressante que la pièce elle même. J'aimerais bien réagir aussi quand un spectateur compare le texte à un mixte Bukowski/Lenine. Bukoswski doit se retourner dans sa tombe à le comparer à ce texte un peu vulgaire soit mais n'exprimant d'aucune manière les troubles de ce grand écrivain (voir Fuck America) N'importe quoi.

Minuit, l'heure de partir car Sophie travaille demain et le débat s'enferme dans des détails de mise en scène et de ressentis de comédiens un peu ennuyant.

Dommage qu’un sujet aussi important ait été traité de façon aussi légère et pas assez documenté.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires