Entre Genolhac et La Bastide - avril 2014
Longtemps que je ne suis pas parti avec sakado pour plusieurs jours. Le poids se fait lourdement sentir sur les épaules et de plus la rando commence par la montée au Mas de la Barque depuis Génolhac (Géno on dit par ici..)
soit plus de mille mètres de déniv. Forêt de châtaigniers, puis lande de granit et de genêts ; pas encore de fleurs, c’est trop tôt pour la région et l’altitude. Si dans la vallée le printemps est déjà bien installé, ici c’est encore la fin de l’hiver. Quelques nuages assombrissent le ciel, village vide (Les Bouzèdes), l’eau coule de partout et par un vallon sauvage nous atteignons la station juste avant une petite pluie. Le gite est pour nous seuls.

Le lendemain petite fraicheur au départ mais rapidement le soleil s’installe pour ne plus vraiment nous quitter de la journée. Traversée du massif d’est en ouest vers le sommet de Finiels par les villages de l’Hôpital et de Salarial sans oublier la visite presque rituelle du Pont du Tarn. Il n’y a personne à part les chants des oiseaux qui nous accompagnent……..La neige fait son apparition. Col de Finiels, quelques voitures stationnées….dernière montée vers le sommet. Un groupe de trois personnes nous demandent sa direction.
« Il est dans votre dos » mais c’est vrai que toutes ces bosses se ressemblent et sans carte, il est difficile de les distinguer. Enfin, nous l’atteignons et un gros nuage noir nous menace. Gaffe !!! Les orages peuvent être violents dans le coin mais ça va en le contournant par sa gauche et le vent qui le pousse vers la droite. On s’amuse dans des névés et la quantité de neige est parfois imposante. Arrivée juste avant une toute petite averse au Chalet du Mont Lozère. Super accueil : un jeune du coin l’a repris à l’été dernier. Comme il nous dit : » Si vous n’êtes pas d’ici, vous ne tenez pas longtemps… 4 ou 5 années au plus. Moi je connais, je sais que je peux ne voir personne durant des jours mais cela ne me fait rien. » Le chalet est chaleureux avec ses boiserie claires, sa décoration sobre et ses immenses baies vitrées qui donnent sur la paysage fabuleux. Au bar, on sert de la bière bio, au repas du vin bio et les filets de truites le sont aussi….Super adresse donc dans cet endroit perdu dans le monde….J’ai aimé les petites affiches publicitaires : » Pour l’achat d’une paire de bottes, la troisième offerte. !!!! », ou « L’ail podde », l’intégrale de « Magasin général » pour les soirées d’hiver ou encore « Le combat ordinaire ».
Troisième jour. Pour changer et ne pas se taper la moche descente vers le Bleymard par le GR défiguré par les 4/4 et autres milliers de randonneurs, nous choisissons un autre sentier qui passe par Malavielle et le Mazel plus long mais un peu oublié. Et pof, un chevreuil à l’orée du bois, un moulin, une belle rivière, une montée dans les rochers et les genêts et donc un très beau sentier….Nous rejoignons le GR au carrefour des 4 chemins pour continuer vers le Bleymard. La petite superette change de nom à chaque passage, maintenant c’est un Carrefour market mais il y a des pélardons balèzes ; on fait le plein….
Nous on continue vers Chasseradès, sur le plateau de la Margeride. Passage par les sources du Lot, le village en ruines de Serreméjan puis les beaux hameaux de L’Estampe, Mirandol et enfin Chasseradès. A part une montée dans une forêt de pins très exploités, toute cette journée nous aura enchantés par la variété des paysages, les vallons verdoyants et perdus, les vues impressionnantes sur le Mont Lozère et le plateau de Margeride si différent. La ligne de train ‘comonenfaitplus’ Mende-La Bastide qui serpente dans le vallon, ses viaducs, ses virages serrés qui l’oblige à circuler lentement ce qui laisse tout le temps aux passagers d’admirer ce merveilleux paysage.
La saison de rando commence à peine et à Chasseradès, le gite d’étape est encore fermé mais son propriétaire possède aussi le restaurant et nous propose d’y venir (je vous ferai un prix….que nous attendons encore…) mais l’accueil est ici aussi gentil et le repas digne de la Lozère c'est-à-dire gargantuesque ; soupe, salade, omelette aux cèpes (8 œufs ????) gratin dauphinois, tomates à la provençale, tome du coin mais pas la tranchette non, LA TOME complète sur la table et dessert. Petit dèj royal : fromage blanc, miel, croissant, pain grillé, thé en vrac, jus (mais la bouteille sur la table aussi…). On voit que nous sommes sur le Stevenson et que l’hôtelier à l’habitude des randonneurs.
Dernier jour, toujours grand beau. Il nous reste 11km pour rejoindre La Bastide et prendre le train du retour. Passage près de la source de l’Allier….Juste la traversée du plateau un peu monotone par un grand DFCI entouré de pins mais la vue sur le Lozère qui s’éloigne est toujours aussi belle.
La ligne de train qui rejoint Alès est une pure merveille avec sa succession de tunnels et de viaducs. De plus, elle passe par des endroits isolés. A Sainte Cécile d’Andorge, on peut voir l’ancienne ligne qui rejoignait Florac transformée maintenant en ligne touristique à vois réduite.
Nîmes, fin du voyage…………..