Alès / Florac à pied pour le mariage de Marco et Mylène
Le réveil sonne à 5h00 et a bien du mal à me sortir de mes rêves ; la nuit n’a pas été complète. Petit déj, douche, rasage; ça va mieux. 6h25, premier train en temps et en heure c’est déjà ça. Deuxième à Nîmes aussi, tout baigne. Alès 7h45, le bus prévu pour Cendras n’existe pas ; si mais uniquement pour les scolaires. On m’avait pourtant (mal) renseigné sur cette possibilité. Merde ! 5 km de plus, c’est pas mon affaire. Sur le chemin, un chauffeur de bus à qui je demande s’il n’y va pas m’avance de 2 km. Sympa ! Toujours ça de gagné.
9h00, départ de la rando. La montée dans Cendras se fait dans une cité HLM où la misère transpire : jouets cassés ou abandonnés, caves dépotoirs, linge qui sèche dehors, bas-côté envahis de détritus. Nous sommes en haut de la ville et les services municipaux ont l’air d’avoir du mal à y monter. Des gens y vivent tout de même. La forêt commence tout de suite : châtaigneraie.
Croix des Vents, Cols de la Baraque et du Pendédis. Entre ces deux, une belle crête qui domine le paysage maintenant familier des Cévennes. L’Aigoual comme le Mont Lozère sont noirs de nuages. Il ne doit pas faire bon y être aujourd’hui. Je croise le GR67 au Malpas puis c’est la descente douce jusqu’au gîte de Valès ou je retrouve Séverine toujours radieuse et souriante. Son gîte est un vrai bonheur. Le ciel s’est ouvert et le soleil est bien présent en cette fin de journée. Seul dans le dortoir mais ses chambres sont occupées et la tablée du soir sera bien animée. Des gens de partout ; Gironde, Alsace et haute Saône. Belle journée : 32km, 1250m de déniv et 9h30 de marche en tout. Pas mal pour une reprise.
Le lendemain : grand bô !!!!! Séverine m’indique des sentiers un peu oubliés pour éviter de refaire ceux que je connais déjà (déjà 3 fois ici….). Je m’enfonce donc dans les châtaigneraies à la rencontre des villages magnifiquement restaurés (Association des « Pierres sèches ») et qui témoignent de l’histoire locale. Hauts lieux de résistance, les hameaux de La Fare, Nozières ou Flandre abritaient jusqu’en 1944 des réfugiés espagnols ainsi que des allemands qui avaient fuit le nazisme. Le gouvernement de Vichy et les SS vinrent à bout de ces poches à grand coups de dynamite, de tortures et d’exécutions sommaires. Le mal absolu qui chemine (Lisa Ost, Hedwig Rahmel-Robens , infirmières allemandes, torturées, exécutées et jetées dans un puits de mine).
Pays du schiste aux maisons austères, châtaigneraies resplendissantes, bruyère éclatante, quelques ruisseaux qui dévalent ; on pense se lasser de revenir ici mais c’est chaque fois pareil : la force des paysages et de l’histoire reprend le dessus et vous enrichit inexorablement. J’arrive vers 17h30 au gîte de Cassagnas ; rien à voir avec Valès : usine à randonneurs sur le parcours de Stevenson. Il me permettra tout de même de manger et de dormir parmi la cinquantaine de personnes présentes. Je dîne en compagnie d’un couple de Grenoble ébahi par la beauté lozérienne qui me renseigne sur mon projet de fin de mois de traversée de Belledonne. C’est mieux que de dîner seul (ce qui était prévu…). (20km)
3° jour : que du bô !!!! Il ne me reste plus que 16km à faire mais je dois être à la mairie de Florac à 15h00 pour le mariage de Marco et de Mylène. Ah oui, je ne vous ai pas dit, je viens au mariage de mon ancien pote de Racoules. 1978, quand j’habitais dans cette région, je m’étais lié d’amitié avec ce garçon fils de menuisier. Nous avons passé de bons moments ensemble et même un voyage à moto en Crète. Je l’avais complètement perdu de vue et c’est lors d’un de mes nombreux passages à Florac que j’ai rencontre quelqu’un qui m’a dit qu’il vivait avec Mylène la femme qui tient la fameuse boutique de Florac : « Mylène mi-coton » et il m’a donc invité à son mariage. Chose faite, je viens ….à pied…..
Au départ de la gare de Cassagnas qui est devenue ce « fameux » gîte, j’emprunte d’abord pendant 8km l’ancienne voie ferrée et c’est émouvant de marcher sur ces vieilles traverses, ces anciens viaducs et tunnels. Je longe ses contreforts encore bien dressés et j’imagine aisément le train passer dans la forêt. Inaugurée en 1909 et arrêtée en 1968, ce n’est vraiment pas si vieux que ça, cette voie de chemin de fer permettait de rallier Florac depuis Ste Cécile d’Andorge en 2h30. (Pour en savoir plus : Ligne de Florac à Ste Cécile d’Andorge, wiki ou historique : Ste Cécile d’Andorge / St Julien des Points).
Arrivé pour la première fois dans la région en 1973, je n’ai dons raté que de 5 ans l’existence de ce train. J’en rage !!!!! La ligne disparait un moment engloutie par la nouvelle route. Il faut donc de nouveau emprunter le GR70 qui m’emmène à Florac. 14h00, le gîte du Presbytère n’est pas encore ouvert et je vais dire bonjour à Marco et Mylène chez eux. Allez, on se retrouve tout à l’heure à la mairie…..