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Le blog de didier falleur pensées nomades

Randonnée Canigou-Capcir

didifricotin


Dans le train, le paysage défile dans un travelling infini. La fenêtre comme l'écran du monde du moment, plan séquence ininterrompu sur les villes, les endroits que je connais, ceux que je ne connais pas encore mais que je rêve de connaître.
Perpignan, la gare et Dali en fond d'écran qui déclame sa phrase célèbre.... Personne. J'ai rendez vous avec trois femmes belges et elles ne sont pas là. Je me fais du souci pendant que ces trois connes sont entrain de manger dans une brasserie. Excuse moi Jeanne mais c'est ce que j'ai pensé à ce moment. Passons, nous allons être ensemble durant une semaine alors pas la peine d'envenimer.

Deuxième train pour Prades (353m), mono voie, attente au croisementLe paysage se resserre et les montagnes arrivent. A la gare, Lulu, une amie pyrénéenne de Jeanne nous attend. On s'entasse tous les 5 dans sa petite auto pour rejoindre l'hôtel (Hostalrich, ça s'invente pas), grande bâtisse désuète du siècle dernier. Nous sommes les seuls occupants et la patronne a l'air de rêver aux temps anciens.


Après une présentation du programme à l'aide des cartes, nous nous séparons pour la nuit.
Petit déjà infâme: yellow tea, baguette grillée décongelée et croissants réchauffés. Départ; nous traversons la ville encore endormie en ce dimanche matin. Des boutiques aux vitrines art-déco et le Canigou qui nous nargue déjà de ses 2784m. D'ici, cela parait loin et haut.
























Le sentier quitte tout de suite Prades et après un petit col à 780, c'est Corneilla de Conflent qui nous accueille; les mamies papotent sur un banc, le chat attend les caresses sur le dos, l'église est du 12° et ses tours sont fortifiées.



Etape du jour, Vernet-les -Bains (la ville de Cali). Ici aussi on fête encore la victoire de l'USAP au championnat de france de rugby. Gite communal neuf pour nous seul, déjeuner et petite rando d'après midi à St Martin de Canigou. Il faut grimper à 1055 pour l'atteindre, cachée sur un promontoire. C'est encore un beau roman.
Retour à Vernet; les filles se font du souci pour l'étape de demain. On peut le penser : 2200m de déniv positif. En effet, le décès accidentel du gardien/maire du refuge des Cortalets/Fillols désorganise notre parcours. C'est pourquoi nous partons de si bas. Je trouve la solution de faire porter le plus gros de nos bagages en taxi jusqu'au prochain refuge de Mariailles. Tout le monde se sent tout à coup plus léger y compris moi. Alors la nuit sera tranquille.
Départ à 8.15; ça grimpe tout de suite et tout le temps. Au refuge de Bonne Aigue (1750), Arlette et Jacqueline décident de couper sans passer par le Canigou, cela leur fera trois heures de moins. Pour nous, après 6.00 de marche, nous atteign
ons le sommet. Il fait froid (0°), le ciel est bouché mais pas menaçant. Quelques trouées nous laissent apprécier un paysage de montagne : belle ambiance.


Photos de nous, de la croix, de la belle table d'orientation et nous redescendons par la brèche Durier, un beau couloir raide de 100m mais pas vraiment dangereux, puis une immense combe encombrée de névés où des isards pas très farouches nous observent tranquillement.

 









4.00 de descente à travers un paysage splendide et nous rejoignons nos amies au refuge de Mariailles. Tout s'est bien passé pour elles aussi.
Après une repas végétarien âprement négocié auprès des gardiens pour Jeanne et moi, nous discutons avec des poitevins qui font le GR10 dans l'autre sens. Un homme et trois femmes; décidément, c'est tendance.
Nuit moyenne, encore un petit déjà pas digne d'un refuge sensé nourrir des marcheurs. En route pour un 3° journée plus calme pas plus de 1000m de déniv pour aujourd'hui. Jacqueline n'a pas la pêche et décide de passer au plus court pour Mantet. Pour nous 4, montée tranquille



jusqu'au refuge de Pla Guillem




grande traversée des Esquerdes de Rotja pour atteindre le "Mort de l'Escoula" (2463) via le HRP




La traversée du Pla Ségala ressemble à une lozère/mongolienne; ondulations infinies à l'herbe grasse.
C'est tout simplement magnifique et nous prenons notre temps en cette journée de transition douce. Des sources pour se rafraîchir et la sensation d'avoir passé un grand moment de randonnée.

















Du monde sur le sentier; Le col de Mantet doit être un départ de rando recherché. Mantet (1466m) et notre étape du jour. Une fabrique de fromages bios de brebis pour se ravitailler et un gîte 'La Cavale" centre équestre et élevage de chevaux de race "Barbe". Encore une fois, le gîte nous est reservé et le dîner copieux nous prépare à la rude journée de demain.
Eh oui je me suis planté dans la lecture de carte; j'avais compté deux cols mais il en restait un dernier caché dans la forêt ce qui portera le dénivelé total du jour à 1800m. Pfuuu, même pas peur !!!!
Au matin, Jacqueline et Arlette décident de nous abandonner, trop à la peine dans ce périple quand même sportif. Nous leur souhaitons un bon retour à Bruxelles.
Par une longue montée illuminée de genêts et de rhododendrons en fleurs où quelques "orris" en pierres servent
d'abri aux bergers, nous parvenons au bout de 3.00 au Coll del Pal à presque 2300m.  Nous croisons un couple d'anglais.





Puis c'est la descente vers la splendide et rugueuse vallée de la Carança. Un pause casse-croûte et un café servi par la gardienne du refuge nous feront avaler les 500 m de montée au col Mitja en 1.00 (2367) et en haut, nous sommes nous mêmes étonnés de notre exploit.


Descente vers la Cabana d'Aixeque (1626).  Nous croisons trois hommes lourdement chargés; ils font le Gr10 en 4 trajets de 15 jours ; pour eux aussi les étapes sont longues.


De la Cabana, une dernière montée dans la forêt par un chemin oublié (merci la carte) nous amène au Pla de Cedelles( 1911) et c'est la dernière descente sur Planès, gîte de ce soir (1517).

Encore plus de 10 heures de rando pour cette  journée  mais toujours pas de sensation d'épuisement. Nous marchons à notre rythme, sans forcer et l'effort est mesuré.



Soupe, poisson en papillote accompagné d'un grosse purée de carottes pdt, toute petite portion de fromageet soupe de fruits rouges en dessert. Nos voisins sont catalans et la conversation se fera dans un mélange de français, espagnol et catalan bien pimenté. Aussi des ouvriers peintre en structures métalliques. Le chef d'équipe ne se lasse pas de nous décrire avec une fierté évidente ses plus belles réalisations.
Nuit calme sauf pour Lulu qui se réveille ramolla. Heureusement la journée d'aujourd'hui est tranquille avec seulement 300 de déniv. Je modifie encore le tracé pour faire au plus court.
Visite de Mt Louis, sa citadelle Vaubanesque et son four solaire. Ravitaillement en pain. Nous longeons la Têt dans un décor Canadien, une petite montée pour rire et nous coupons à travers tout pour rejoindre la lac de Matemale. En chemin, je débusque une biche qui faisait la sieste et Lulu mets 2 beaux bolets dans son sac pour ce soir...Héhéhé....

Le paysage de montagne est superbe, les vaches apprécient et seule la station des Angles fait un peu tache dans cette bucolité générale avec ses construtions entassées.

Ce soir pour ne pas changer nous serons seuls au gîte et chacun dans sa chambre. Lulu nous offre le restaurant "La Belle Aude" et la patron accepte de nous cuisiner nos bolets ce qui ajoute une touche supplémentaire au festin. Un "Cap de Fouste" 2006 de la région accompagne ce déliceux repas où on vous offre en apéro un verre de muscat et une planche entière de charcuteries qui pourrait déjà satisfaire les plus gourmands.
Nous sortons repus et prêts à en écraser sevère...


6° jour - toujours du beau temps. Ce matin, c'est Jeanne qui nous offre le petit dèj au buffet du restaurant; ouahh!!! c''est bizance : salade de fruits frais, flan caramel, toasts, croissants, muesli, yaourths, fruits secs.....tout ce qu'il faut  pour affronter la matinée.
Pour ne pas changer trop nos habitudes, ça part en montant doucement dans une belle forêt; des vaches nous suivent le long du sentier jusqu'au bout de leur enclos où elles font tranquillement demi-tour.



Vue plongeante sur le lac de Puyvalador et nous atteignons le Col de Sansa (1775).  A partir de là, le sentier devient vraiment montagnard : rivière à enjamber moultes fois, éboulis de roches, replats herbeux où il ferait bon bivouaquer, névés, passages plus raides et c'est le col qui ne ressemble pas à un col; juste une grande bosse un peu désolée à 2312 entre le Madres et le Pic de la Pelade.
En contre bas, des lacs ou des gens ont installé des tentes;cela ressemble à un petit paradis.






Commence alors notre dernière descente par le Gorg (lac) Nègre, les Col de portus et de Diagre. Un sentier suit l'ancien canal qui almentait Jujols; on le voit bien et parfois il disparait sous la végétation oublié par le temps. Un méchant orage de grèle nous surprend à une heure de Jujols, ça pète un peu partout autour de nous mais sans effrayer.






Jujols sous le soleil revenu, un vieux village du 11°. Le gîte est désert. Je mitonne un Dal Bat pour notre dernier diner et un cerisier fera office de dessert.
















Dernière nuit en montagne. On se réveille sous la brume; il nous reste une heure de marche pour rejoindre Joncet et le "train jaune" pour Villeneuve de Conflent ou un train moderne nous attend.


Nous l'attendons dans une gare désaffectée où il faut faire signe au machiniste pour arreter le train.



Nous montons à son bord, il bringueballe de partout et le sifflet résonne entre les parois de pierres. Nous pénétrons dans Villeneuve comme au sortir d' une histoire  d'un autre temps.

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