Parmi la jeunesse russe – Ella Maillart – Payot 2003
Ella Maillart (20/02/1903 – 27/03/1997) n’a pas 30 ans quand elle arrive à Moscou en 1930. Certainement une des premières suissesses à débarquer dans ce pays, bien loin des concepts de celui dont elle vient. Mais c’est une aventurière et à cette époque, les femmes n’étaient pas nombreuses à sillonner les routes de ce continent. Rien ne l’effraye et son sens aiguë de la débrouillardise va l’aider dans la vie qu’elle découvre surtout qu’elle débarque dans un pays où les pénuries de nourriture et de logements se font cruellement sentir. Elle s’intéresse au cinéma russe et c‘est le but premier de ce voyage mais sans oublier le coté sportif de la vie des jeunes. Elle fréquente les théâtres et les cinémas et les stades où elle peut exprimer son gout pour l’effort. Elle nous offre un récit précis du mode de vie des moscovites à cette époque et l’on sent dans ses réflexions une attirance profonde pour la simplicité et cette rusticité qui revient à l’essentiel « bien loin des critères bourgeois » qu’elle semble réfuter. Ce n’est pas pour rien que l’on décide d’aller vivre dans un pays qui vient d’opérer une totale révolution.
Mais ce n’est pas tant la vie dans la capitale qui l’attire mais bien le désir d’aller marcher dans le Caucase et pourquoi pas d’y effectuer quelques excursions dans ces montagnes célèbres.
Elle s’intègre à une expédition et les conditions de voyage sont dignes d’une épopée. La description minutieuse qu’elle fait des rencontres avec ces ethnies et leurs coutumes est elle-même un voyage dans le temps. Les noms des pays nous transportent dans des contrées inconnues alors qu’elles se trouvent en Europe centrale mais pas encore tout à fait colonisées par la nouvelle URSS.
Ce récit nous transporte dans un monde et une époque en pleine évolution et qui croit encore à un changement radical de la société et des rapports humains. L’avenir, malheureusement nous prouvera le contraire mais la lecture du livre d’Ella Maillart propage l’idée de cette possibilité et c’est déjà un grand bonheur que de le lire. Ce livre est paru pour la première fois en 1932.
