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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 14:45

Souffrance absence
Souffrance pertinence
Souffrance endurance
Souffrance récompense
Souffrance délivrance

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Tu me dis : " Ah, quand même !!! "
Ah, quand même
depuis quand tu ne m'appelles plus
depuis quand tu ne penses plus à moi
depuis quand tu ne me parles plus
et quand tu me dis cette phrase
je comprends le plaisir que tu as de le dire
je perçois l'attente
je perçois le visage qui s'éclaire
je perçois le reproche qui s'efface
après avoir percé le temps

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Je te vois
j'aperçois ton visage
enveloppé par ses pensées
préocupé par les détails du paysage
et ses contradictions
sur le sentier qui nous emporte
vers le sommet, peu importent
les fleurs, les arbres, les êtres vivants
tous ont raison d'être
ils nous regardent passer
ils se gardent bien de nous le reprocher
le chant des oiseaux
nous rappelle à notre ignorance
la beauté des fleurs
à notre incompétence
et cet arbre comme le symbole de ton souvenir
petit, chétif , rabougri
escaladant les cimes
grandissant au deval de la pente
il fait apparaitre de minuscules épines vertes et soyeuses
et de splendides bourgeons rouges
toujours plus haut et fort
il se rapproche de la vallée
s'habille maintenant de sa nouvelle parure
certains ancètres affichent fièrement leur centenarité
le melèze se dresse comme le troublion joyeux de la forêt

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:56
!
Le 25 décembre 1956 Rober Walser, cet amoureux un peu fou de la balade solitaire, disparaissait à jamais. Son corps a été retrouvé sur un chemin forestier, étendu au-dessus de la neige de Noël.
 
Un demi-siècle après, le 30 décembre 2006, lors d'un matin ensoleillé de cet hiver paresseux, je suis sorti seul en raquettes pour fuir la foule d'une station d'hiver. Le bois d'épicéa sur les côtes de la montagne paraissait également un homme sur la cinquantaine avec une chevelure ébouriffée avec des mèches candides entremêlées aux branches et racines éparses sur le chemin. Le bruit de fond de la vallée était presque un sanglot suffoqué. Le sentier s'ouvrait devant moi pareil aux vagues d'une mer morte. Le bois cependant frémissait et sursautait à chaque son qui le percutait, à chaque trace qui le traversait, étranges signaux des dizaines d'être vivants cachés autour de moi. A fur et mesure que je progressais en altitude au milieu du parque national du Grand Paradis (qui a été crée en 1922), je m'apercevais davantage seul que d'habitude. Les arbres à côté de moi, tout étant figés sur une posture d'attente infinie, paraissaient bien plantés et parfaitement orientés. Ils m'invitaient donc à me détendre, à monter sans être pressé sur ce sentier, à chaque courbe de niveau si doux et mystérieux, à me laisser aller en faisant confiance à cette voie empruntée sans penser ni au débout ni à la fin. Une fois la forêt terminée, je me suis retrouvé sur une vaste plaine immaculée, domaine de la toundra alpine. Au-delà d'un alpage abandonné et enseveli, la vue s'étendait large jusqu'aux crêtes. Le soleil de midi, encore derrière les sommets, dessinait comme une frise opaque sur la marge inférieure du ciel bleuté. J'avais l'impression d'avoir plongé dans le monde qui était avant et qui sera après mon passage dans cette vie. Ma mère endormie à jamais flottait, finalement libre et inépuisable comme une force de la nature. Air, lumière, vent et obscurité. Je n'avais qu'à céder à cette plénitude sans craindre la solitude universelle, un puits bien plus profond de la flaque d'eau qui perçait mon âme. Enfin solitaire plus que jamais, mais également solidaire avec la nature rude et inconnue, pourtant suffisante à elle même.
 
Robert Walser, avec sa morte solitaire, ses ormes perdues entre la neige de Noël, a écrit le plus beau poème inachevé sur la communion de la nature avec l'homme, tel qui l'était au bout de son existence errante, autant discrète que la chute de la première couche de neige de cet hiver paresseux.
La Neige
(Der Schnee, p.103)
La ville entière est cette nuit 
une splendeur blanche de conte.
Doucement je suis sorti
dans la neige, la neige appliquée
pour à l’air libre
lancer des youpis à tue-tête.
Après tout j’invente ainsi des notes ;
pour ces hommes distingués dont je veux être
il ne convient pas de crier sa joie de vivre.
De cela se préoccupent les rustres
qui ne se plient pas aux douces prières.
Ainsi j’allais donc vraiment très 
doucement à travers l’éclat absent de la lune,
car il neigeait. La neige n’est pas dure,
bien plutôt tendre, humide et molle ;
Les flocons qui tombent 
sont caressants plus que secs.
C’est comme s’ils embrassaient 
quelqu’un et comme s’ils le savaient,
comme si la première et douce neige savait 
qu’elle ne fait pas mal aux petites joues
qu’elle effleure de son écume.
Si je ne me trompe,
mon étrange manière casanière m’a permit
d’attraper un beau tableau d’hiver

 
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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 15:13

un pied devant l'autre
et l'autre qui suit
les yeux fixés sur l'horizon
je poursuis vallées et vallons
cols arides
à cheval sur les monts
Lozère, Aigual et autres noms
encore.....

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Mont Ventoux
tel ton Fujiyama
se dresse au dessus des nuages
neiges célestes
sable immaculé

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toi dans ton train
et moi dans celui de la vie
qui coule
comme l'eau
qui se raréfie
aurons nous tous assez à boire
serons nous tous lassés de voir
les enfants nous fixer du regard
et nous demander ?
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pont traversé de droite à gauche
grande randonnée m'emporte
le long du fleuve
paris toujours aussi belle
m'accueuille sous une pluie de grèle
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et tout à coup tout devient moche
rues sombres
devantures qui accrochent
le regard de leurs slogans immondes
enfilade de médiocrité mercantile
ou sont les visages souriant
ou sont les rires des enfants
qui jouent
par la fenêtre
la vie des gens s'affiche sans gloire
occupés qu'ils sont à boire
à regarder leur peau qui s'effrite en lambeaux
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un groupe de femmes noires
rentre dans le wagon
et le niveau sonore atteind le mur du son
les enfants jouent comme à la maison
elles sont six, sept
les chaussures peintes en bleu sur leurs pieds
nus dans les sandales
je ne sais pas de quoi elles parlent
mais les conversations vont bon train
animées par quelques histoires
qui les font rire
et commentées toujours aussi fort
alors les sourires naissent tour à tour
sur les visages des spectateurs
charmés par ce joyeux brouhaha
elles doivent venir du mali ou du niger
je demande à mon voisin et c'est bien ça
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rivière paisible
que vient troubler la risée
rivière limpide
qui sait garder ses secrets
falaises abruptes
refuge de rapaces aux aguets
immense cathédrale de pierre
qui au loin nous rappelle
aux grottes des hommes effrayés

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petit luberon
combe sauvage
chevreuil éffarouché
par notre intrusion
cirque de calcaire
repos des oiseaux
le souffle court
nous grimpons
et nous voyons ce que nous cherchons

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la feuille de chataigner
pleure son arbre
rongé par la maladie
elle forme des tapis
qui volent sous nos pieds
les bancelles de pierres
se souviennent
du temps où les hommes
prennaient soin d'elles
ils sont partis
et elles séffondrent doucement
pays de cévennes
innonde nos yeux
de tes ligne aériennes
répétées comme un  infini poème
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le tanin du sapin
marque ma main
de trainées sombres
je suis ce chemin
je suis moi-même
je suis cette ombre
qui parfois me précède
qui parfois me cotoie
qui parfois reste à la traîne
mais toujours présente
                                                                Cévennes 17/18 Mars
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je dis il est 22
en fait il est 16
c'est à ce nouveau jeu
que l'on joue
avec captain Balèze
on parie chacun son tour
sur l'heure qu'il peut  être
et puis on vérifie
si c'est tout proche on dit oufti
ou alors très fort ...très très fort....
parfois c'est raté
alors on rigole aussi....

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le coton soyeux du ciste
caresse ma joue
tout le long de cette piste
mes pas font attention à tout
à l'araignée qui s'enfuit effrayée
à la fourmi qui traverse sans regarder
le lézard qui se faufile ne craint rien
il est bien trop rapide
pour le prendre dans la main
l'arche de pierre bondit
en travers du chemin
Porte et Aiguilles de Valbelle
emmerveillent mes yeux mutins
printemps aux fleurs naissantes
au loin, vallée verdoyante
je traverse ces paradis
loin de la foule et des bruits
chemins qui serpentent
qui montent descendent les pentes
et dans cette nature qui m'enlace
je me laisse emmener ennivré
jamais je me lasse

entre GR99 et GR 9        09/04/07
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il me prend souvent cet étourdissement
dans les premiers instants de la marche
comme si je pénétrais doucement
dans un autre état de conscience
à l'entrée des fleurs et des arborescences
du monde animal
des insectes et des autres vivances
est-ce le souffle qui change
le coeur qui modifie son rythme
le sang qui coule dans mes veines
vient battre à me tempes
et mes muscles se réveillent

 

 

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Published by didier falleur - dans poésie en marche
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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 15:10

 

je dors je me reveille
une sauterelle boit l'eau de mes lèvres
elle s'envole deploie ses ailes

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