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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 21:28
Ecole nationale du cirque...frange... et discrétement je mets ma chaussure sur son genou
Ecole nationale du cirque...frange... et discrétement je mets ma chaussure sur son genou

Ecole nationale du cirque...frange... et discrétement je mets ma chaussure sur son genou

La semaine commence le dimanche, le jour de la randonnée hebdomadaire et nous continuons avec Cap de parcourir les Monts de Vaucluse. Aujourd’hui découverte (pour moi) du Colorado Provençal près de Rustrel mais sous l’influence de Tesson, nous quittons les sentiers balisés à la recherche des traits noirs, ceux qui nous emmènent au fond des combes, les pieds dans les ruisseaux, sous les cascades et au  pied de murs qu’il faut parfois escalader. Nous nous perdons, faisons demi-tour, tournons en rond pour se retrouver au même endroit. Ah, enfin une VMB (vieille trace bleue) genre Labande nous indique que ça peut mener quelque part. Quelques vieilles mécaniques abandonnées nous rappellent le travail qui se passait en ces lieux sous la forme de vieux compresseur ou de machines plus imposantes dans une cabane. Un peu de boulot et c’est prêt à redémarrer. Les conduits  d’huile en cuivre  ressemblent tellement à ceux que l’on peut trouver sur des motos anglaises que cela me fait sourire. J’arrive même à dévisser un raccord banjo qui tourne encore librement dans son logement. Je le remets en place si quelqu’un veut le restaurer. Une cave creusée dans la roche, on pourrait se croire en Jordanie….les gammes  d’ocre ou de verts pâle sont magnifiques et nous passons un long moment dans ce dédale de canyons. Longue montée assez raide le long des falaises pour arriver au site touristique, au fond les cheminées. Nous profitons d’un beau promontoire pour déjeuner avec vue splendide sur le site et les montagnes en face que nous appellent déjà à une prochaine rando. C’est noté !!!!!!

 

Lundi drache nationale, ça donne pas envie de sortir…..

Demain je vais me faire saucer…c’est sur …

Pluie, pluie et pluie encore

Même pas peur

Ça doit être mes gènes bretons

Qui me font aimer de rouler sous la pluie

J’ai pris le vélo pour aller à la boulangerie

Habillé comme un marin

Je crains dégun

Y’avait une accalmie

De courte durée

Sur le retour y’a eu comme un grain

Épisode 2

Je m’attendais au pire et je suis passé à travers, la pluie est arrivée alors que j’étais presque à Uzès. Coup de pot. La route qui longe le Rhône est fermée pour cause de crue possible et en passant près du barrage de Vallabrègues on comprend mieux pourquoi ;  le spectacle est revenu. Toutes les portes ouvertes qui crachent une eau tumultueuse et le Gardon s’est transformé en rivière de boue charriant des énormes troncs d’arbres.

Et maintenant dans ma maison numéro deux ; c’est un peu triste quand même. Le vent a arraché la fixation du volet.

C’est la quatrième semaine qui commence et son rythme associé.

Alors forcément, avec cette pluie, je n’ai pas vu grand monde à part quelques courageuses aux parapluies malmenés par le vent. Dans l’après midi ça s’est calmé et des gens sont venus chercher leurs livres commandés. Pour ma part, un Lettres à Théo, 203 lettres choisis avec des illustrations, Peter Fromm et Leo Perutz. C’est toujours ça.

Episode 3

C’est décidé, aujourd’hui je prends le vélo, la journée s’annonce sèche, je profite et j’ai bien fait. Retrouver la lenteur du déplacement et je ne mets pas vraiment plus longtemps, quelques minutes tout au plus. La petite route passe par un lieu très bucolique : une grande plaine avec un mas au fond sur un léger promontoire. C’est très reposant à regarder. Quelques cotes et c’est déjà Uzès. Le marché est vivant et je passe un moment à parler avec Jean Michel le berger. Je suis parti plus tôt pour ça, prendre mon temps.

Ah oui, je ne vous ai pas dit mais Boss a accouché alors on fait des vacations radios pour se parler. Je suis donc seul depuis mardi et ça me va bien. Les rapports avec les clientes et clients ont l’air de bien se passer. On me sert même la main en partant, ça ne m’était jamais arrivé avant. Un couple aussi qui fait le tour en disant : « De belles tables ici.» C’est sympa et comme ils viennent d’emménager à Uzès, ils me disent qu’ils ont une bibliothèque à remplir. Tant mieux. Ils peuvent tout embarquer s’ils veulent. Les allers et retours à vélo m’ont fait un bien fou mais demain c’est retour au moteur, pluie et 75 km/h de vent. Faut attendre vendredi pour que le calme revienne.

J’ai l’esprit dans les quarantièmes, je suis le Vendée Globe et je pourrais facilement comparer la librairie à un 40 pied faudra que je mesure exactement et quand la pluie vient frapper les vitrines, ça peut ressembler à des paquets de mer qui glissent sur le cockpit. Dehors le vent se lève il va falloir que je prenne un ris. Cette nuit ça va piauler.

Episode 4

Toute la nuit la dégringolade de flotte, comme prévu alors aussi comme prévu moto ce matin. Personne au rendez vous. Je passe. Du coup je suis en avance, je fais un tour dans la ville. Il n’est pas dix heures et c’est très calme. Tout le monde ouvre en même temps, visiblement. Le gris pourri au dessus de nos têtes n’empêche pas les courageux d’affronter les éléments hostiles et je les félicite. Ah, je prends la mesure de mon voilier….c’est bien ça, 40 pieds, plafond bas, pont plat.  Je peux m’engager pour le Vendée…..ce qui est bien avec lui c’est qu’il ne bouge pas trop…et pourtant dehors ça secoue pas mal. Il ne me reste plus qu’à tenir le cap de la journée…..un petit 300 serait pas mal…Pour le plaisir, John Kennedy Toole, Confiteor et Shibumi. Rien de spécial à rajouter sinon une courte vacation radio avec Boss qui m’a conforté dans l’idée de ne pas recommencer l’expérience…Il n’est pas mal ce bateau mais je ne le maitrise pas complètement, y’a des trucs qu’on m’a pas dit. Tout à coup je me souviens du livre de Moitessier qui communique avec le monde en lançant ses messages avec une fronde vers les bateaux qu’il croise. On en est bien loin avec des ordinateurs qui régissent nos vies et des images comme un flot ininterrompu à tel point qu’il décide de ne pas rentrer en France alors qu’il est en tête de la course. Ce n’est pas tant ce travail en soi qui me dérange mais la manipulation de ce logiciel qui n’a de logique que ce qu’il nous impose. J’aimerais me consacrer à faire découvrir les livres que j’aime et Boss pourrait m’épargner quelques réflexions inutiles. En fait je m’en fiche un peu je ne suis là que pour 8 semaines mais c’est toujours un peu fatigant de se voir reprocher des détails mais c’est souvent ainsi.

Episode 5

Les nuits se suivent et se ressemblent et le martellement incessant de la pluie sur la fenêtre ne présage pas des baisses de niveaux mais certainement des activités. On prévoit une accalmie……je vais sortir la grand ‘voile. Je retrouve Guy au marché, j’achète quelques trucs chez la dame sympa, une dernière grosse averse et c’est le soleil qui arrive enfin, je prends le vélo. Pile poil à l’heure, c’est que du bonheur. Au passage de la grande,  plaine la lumière est tout simplement magnifique. Le voyage lent prend tout son sens.

Du passage, du passage tout le monde qui vient récupérer ses livres, ça fait du bien de voir des gens et même des qui me disent que c’est la première fois qu’ils viennent. Mais entrez donc braves gens !!!!! Bel échange avec P. Chavagné,  un écrivain d’ici qui a tout de même déjà publié chez Grasset (Auteur academy). Bientôt son nouveau livre chez Albin Michel : « Les Duellistes » et naturellement nous évoquons le premier film de Ridley Scott au titre identique et qui m’avait fortement marqué à l’époque (1976). Nous parlons aussi de nos lectures chez Gallmeister, presque tout le catalogue nous enchante : Trevanian, Abbey, Stegner, McMurtry bien sur et son magnifique Lonesome Dove. . Après le boulot je retrouve Guy pour une dégustation de vin « De grappes et d’O ». Le 100% syrah tient bien la route. Nous rentrons ensemble à vélo mais le froid est revenu en douce. Ça pique de nouveau.

Episode 6

Dernier jour de boulot pour cette quatrième semaine. On ne peut pas dire que ça été la folie, peut-être du au fait que la semaine a été pourrite et que les gens profitent du beau temps pour sorti ??? Les champignons par exemple ?? Ce qui est sur, c’est que je ne vais pas être beaucoup dérangé. J’ai même failli m’endormir alors j’en profiter pour écouter la série sur Jack London de FranceCu. Yves Simon qui parle (il est l’auteur d’une bio sur l’écrivain), d’autres voix qui évoquent le passé incroyable de cet homme car c’est vraiment plus qu’une vie que cette homme a vécu. On est subjugué par cette foison d’énergie, ce désir de vivre si intensément. A quinze ans on ne compte plus ses multiples boulots. Deux épisodes et nous n’en sommes qu’à ses 17 ans……il part pour trois mois en campagne de chasse aux phoques et il note la barbarie des hommes pour satisfaire la poignée de celles qui peuvent s’offrir ces fourrures. Il prend peu à peu conscience qu’il devrait plutôt mettre sa force sur la dénonciation d’une société déjà trop inégalitaire plutôt que de s’épuiser à travailler comme pour des patrons qui l’exploitent (« Même les bêtes travaillent moins et les forçats aussi ») d’où cette volonté de reprendre ses études.

Quand même quelques bons moments avec des clients comme cette femme qui me dit que le soir du concert Kanak, elle a rencontré ici même une personne qui lui a fait trouver la maison qu’elle cherchait. La librairie est donc un endroit particulier et elle vient y faire aujourd’hui ses premiers achats. Visite de Yan mon tatoueur pour des bédés dont je n’imagine même pas l’existence. Pour résumer, Cherfi, Stegner, Springsteen entre autres et Linda lé aussi, plus rare.

Je rentre, la ritournelle des allers et retours, route de nuit, fraiche mais agréable. Le flat ronronne et il ne pleut pas….c’est magnifique….

Maison !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 15:21

Lundi drache nationale, ça donne pas envie de sortir…..

Demain je vais me faire saucer…c'est sur …

Pluie, pluie et pluie encore

Même pas peur

Ça doit être mes gènes bretons

Qui me font aimer de rouler sous la pluie

J’ai pris le vélo pour aller à la boulangerie

Habillé comme un marin

Je crains dégun

Y’avait une accalmie

De courte durée

Sur le retour y’a eu comme un grain

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Published by didier falleur - dans poésie à vélo
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 20:18
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel
Colorado de Rustrel

La semaine commence le dimanche, le jour de la randonnée hebdomadaire et nous continuons avec Cap de parcourir les Monts de Vaucluse. Aujourd’hui découverte (pour moi) du Colorado Provençal près de Rustrel mais sous l’influence de Tesson, nous quittons les sentiers balisés à la recherche des traits noirs, ceux qui nous emmènent au fond des combes, les pieds dans les ruisseaux, sous les cascades et au  pied de murs qu’il faut parfois escalader. Nous nous perdons, faisons demi-tour, tournons en rond pour se retrouver au même endroit. Ah, enfin une VMB (vieille trace bleue) genre Labande nous indique que ça peut mener quelque part. Quelques vieilles mécaniques abandonnées nous rappellent le travail qui se passait en ces lieux sous la forme de vieux compresseur ou de machines plus imposantes dans une cabane. Un peu de boulot et c’est prêt à redémarrer. Les conduits d’huile en cuivre  ressemblent tellement à ceux que l’on peut trouver sur des motos anglaises que cela me fait sourire. J’arrive même à dévisser un raccord banjo qui tourne encore librement dans son logement. Je le remets en place si quelqu’un veut le restaurer. Une cave creusée dans la roche, on pourrait se croire en Jordanie….Les gamme d’ocre ou de verts pâle sont magnifiques et nous passons un long moment dans ce dédale de canyons. Longue montée assez raide le long des falaises pour arriver au site touristique, au fond les cheminées. Nous profitons d’un beau promontoire pour déjeuner avec vue splendide sur le site et les montagnes en face que nous appellent déjà à une prochaine rando. C’est noté !!!!!!

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 21:20
Vision permanente

La masse imposante de l’église

Aux murs tarabiscotés

Bloc immense posé

Dans ce bout de terre

Tente d’impressionner

Ceux qui vivent en dessous

Peine perdue

Nous résistons sans peine

A ses messages inaudibles

Mais la pierre s’illumine

Resplendissante au soleil de la journée

Et prend des teintes rosées

Quand il vient se coucher

Le spectacle est en lui même assez gracieux

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 07:09
La Sociale - documentaire de Gilles Perret – 2016 – 1h44
La Sociale - documentaire de Gilles Perret – 2016 – 1h44
La Sociale - documentaire de Gilles Perret – 2016 – 1h44

Juste après la guerre, alors que la France peine à retrouver un  rythme de vie plus serein, quelques homme font l’amère constat qu’une grande partie de sa population n’est pas protégée des risques que la vie impose sans que l’on en soit tout à fait conscient. La maladie, les accidents de travail, la vieillesse entre autre. Alors, un homme, Ambroise Croizat, aidé par la force du parti communiste et de la CGT se met au travail car comme il le dit si bien : » Dans une France libérée, nous libérerons les Français des angoisses du lendemain. »   C’est un message clair.

Dans ce nouveau documentaire, Gilles Perret (Ma Mondialisation », « Walter, retour en résistance », « De mémoires d’ouvriers » ou dernièrement en 2014, « Les jours Heureux ») nous raconte l’histoire de ce système qui a permis à tout de monde ‘ selon ses moyens et suivant ses besoins’ de sortir d’une société inégalitaire.

Grâce aux témoignages de Jolfred Fregonara qui a mis en place le première caisse de Sécurité Sociale en Haute Savoie en 1946 (96 ans lors du tournage et qui vient de décéder), Colette Bec et Frédéric Pierru, sociologues, Michel Etievent, historien, Bernard Friot économiste et enfin Anne Gervais, médecin hépatologue épatante, toutes et tous aussi magnifiques dans leurs discours et leurs analyses sur la nécessité d’un tel système et les dérives auxquelles on assiste aujourd’hui avec la mainmise du marché sur un pactole ou un ‘gâteau’ de centaines de milliards d’euros et on comprend que cela en fait rêver certains.

C’est un film de combat et c’est un système qui est né grâce à l’union d’hommes de toutes obédiences politiques dans une France encore humaniste mais très vite le capitalisme a voulu y mettre de l’ordre en tentant et réussissant parfois à rogner sur ses prérogatives et c’est pourquoi il est indispensable qu’un maximum de personnes assistent à sa projection et prennent à bras le corps sa défense sinon se seront nos enfants qui perdront un outil égalitaire de protection fondamental. Bravissimo !!!!!

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 07:40
Journal en soie (un peu râpeuse) - Saison 3 – épisode 1
Journal en soie (un peu râpeuse) - Saison 3 – épisode 1
Journal en soie (un peu râpeuse) - Saison 3 – épisode 1
Journal en soie (un peu râpeuse) - Saison 3 – épisode 1
Journal en soie (un peu râpeuse) - Saison 3 – épisode 1
Journal en soie (un peu râpeuse) - Saison 3 – épisode 1

Saison 3 – épisode 1

Je reprends peu à peu des habitudes de salarié. Le dimanche on fait de la rando ya pas mieux pour faire la rupture. Ça me rappelle vraiment l’époque où je travaillais et où le dimanche était consacré à la marche. Ne changeons pas les bonnes habitudes. Aujourd’hui un peu au dessus St Saturnin lès Apt et on aurait presque pu la faire en short. Passage par la très belle borie de Cachabaou. La combe de retour est une pure merveille (Babaladiers) avec une succession de baumes comme celle de Roustan. D’ici la vue est imprenable et on imagine facilement qu’elle a pu devenir un havre de repos pour les anciens. Suite de défilés (ravins de Gréou et du Grand Marignon). On voit l’eau creuser ses sillons sous nos yeux. Seul moment de tristesse, le ravin a longtemps servi de décharge et y trainent encore moult  vestiges du peu de considération que nos ainés tenaient de la nature. La mairie de St Saturnin pourrait faire l’effort d’un grand nettoyage. Mais quelques détails suggèrent que certains continuent de le faire comme ce clavier d’ordinateur et cette carcasse de sanglier jetée depuis le pont qui enjambe la combe.

Encore une belle journée qui vient à point recharger les batteries pour la semaine qui se pointe.

Lundi, petit aller à Arles pour voir Mademoiselle, c’est pas un chef d’œuvre mais les délicieux corps dénudés des actrices se donnant à fond dans de belles scènes d’amour lesbien rendent le spectacle bien agréable. Une histoire d’arnaque pas mal ficelée par-dessus et le tout est joué. Je retrouve P à la sortie pour une livraison de miels. Retour en train, pas question de se taper 45km/h de mistral dans le pif. Petit passage par ma boulac préférée pour parler un peu avec W et N, on se voit plus dans la semaine. Ils sont l’air en forme. J’ne profite pour faire le plein de Gibassiers et une petite tranche d’Antigel.

Episode 2

Beau et presque doux ce matin pour partir à 50tin. Les potos sont au caf mais sagement calfeutrés à l’intérieur. Je les salue par un fort : « Salut les filles ! »

Journée tranquille,  à peine 11 cartons à déballer. A 16h30 j’ai fini tout ce qu’il y a à faire et je me plonge dans la lecture de XXI. Toc, toc, toc, on frappe à la fenêtre ; G et Y vont au yoga. Namaste les gars.

Le soir je regarde un doc sur la préparation du français à son séjour dans la Station Spatiale Internationale (ISS). Ce mec est un robot-cobaye-humain, on lui pique même des bouts de muscles du mollet pour voir comment ça va évoluer après son passage là-haut. Plus ou moins 200 protocoles à savoir par cœur, passage par une centrifugeuse à 8G…au secours !!!!! Une semaine dans une grotte de Sardaigne sans voir le jour, à se faufiler dans des boyaux que ça passe à peine, gestion du stress et esprit d’équipe, il parait. Ça fait 7 ans qu’il se prépare et 2 ans et demi qu’il est à fond. Je sais pas si j’aimerais mais de toute façon je serais jamais pris. Départ dans 3 mois à peine. Moi je me plonge dans la lecture d’un nouveau roman : Bonneville de Laurent Saulnier. Je vous en dis un mot plus tard.

Episode 3

Ce matin quasi personne au café, enfin à moto à part JP et son 450 Ducati Desmo pailleté gris…puis soudain poum, poum, poum, et devinez quoi qui  arrive…. Hein ??? Eh ben simplement une Vincent-Egli…que dalle quoi….non mais je me demande, d’où ils les sortent leurs brelles ces mecs ??? Le mec a aussi une R100R…..j’suis ravi mais moi je n’ai qu’une R100R…..et puis je pensais être peinard et Boss est passée en coup de vent vers 13h00. Pas encore accouché ??? Bien sur il y avait encore des livres pas assez bien rangés à son gout.

« Je mets les prix ensemble »

« Et moi je les range par ordre alphabétique »

« Oh c’est pas très grave non ? »

« Peut-être mais c’est ma librairie je ne te l’ai pas laissée en gérance »

De toute façon j’en voudrais pas… pense-je….vivement qu’elle me foute la paix celle la…

Tiens, une petite Triple Karmeliet pour fêter ça ce soir…..il mérite le type (ele merece….ele merece….)

Episode 4

Jeudi tranquillou. C’est partout pareil dans le commerce, la journée la plus molle de la semaine. Des colis à traiter et puis Boss qui apparait vers 12h30 ; c’est pas possible, il veut pas venir son bébé ou quoi ? Faut dire, s’il est au courant de ce qui se passe dehors je comprends et puis rien qu’à l’idée de plus avoir ses petites clopes à fumer en sortant, il se prend son temps le gamin. Ça va lui faire bizarre. Mais ça part en vrille rapidement après une autre des ses réflexions sur encore un truc qui va pas. Je lui dit carrément qu’elle me prend la tête…..

« Oui mais c’est ma librairie »

« Je sais, je vais pas te la voler ta librairie »

« Oui mais c’est mon bébé, c’est ma librairie »

Guy me fera remarquer qu’elle devrait plutôt considérer ce qu’elle a dans le ventre comme son vrai bébé. Au bout d’un moment on se calme.

« On va y arriver, nous avons tous les deux des caractères plutôt marqués mais on va y arriver. »

Un peu de flat pour me détendre et rentrer ; il fait un temps merveilleux. Je mange dehors dans le jardin mais le petit chat noir ne vient pas aujourd’hui. Aprèm vraiment pénard, dans un carton je sors un livre de Jack London :

Le Talon de fer, réédité par Libertalia. Récit d’une révolte ouvrière qui se fera durement réprimée et qui donnera trois siècles de régime fasciste. Ecrit en 1908, ce roman visionnaire est un des plus grands romans d’anticipation politique. Ces moments de découverte en ouvrant les cartons sont les instants privilégies du libraire et ils sont rares. Ce soir réunion avec les copains d’Attac. Nous parlons, entre autre, de notre envie de proposer à ceux qui le désirent de venir voter pour les prochaines élections et quand nous aurons le nom de tous les candidat-e-s, sous toutes les formes possibles de vote et de voir ainsi quels en seraient les résultats. Intéressant non ?

Episode 5

Pluie, pluie, pluie. Ça fait pas sortir les gens de chez eux alors journée paisible mais magnifiquement conclue avec le dernier documentaire de Gilles Perret : « La sociale » où l’histoire de la sécurité sociale et un des ses piliers fondateurs : Ambroise Croizat. Magnifique …..http://didier-falleur.over-blog.fr/2016/11/la-sociale-documentaire-de-gilles-perret-2016-1h44.html. Un seul conseil, courrez le voir. Ça donne sens au combat.

Episode 6

Samedi se réveille sous un beau ciel bleu. Il parait que ça va pas durer. Profitons un max !!!! Ouais mais quand tu bosses, à part regarder de temps en temps le beau temps par la fenêtre tu profites pas trop. Un peu de monde mais pas trop non plus alors du temps pour un petit poème.

La masse imposante de l’église

Aux murs tarabiscotés

Bloc immense posé

Dans ce bout de terre

Tente d’impressionner

Ceux qui vivent en dessous

Peine perdue

Nous résistons sans peine

A ses messages inaudibles

Mais la pierre s’illumine

Resplendissante au soleil de la journée

Et prend des teintes rosées

Quand il vient se coucher

Le spectacle est en lui même assez gracieux

J’ai reçu le dernier Craig Johnson de la part de Gallmeister (A vol d’oiseau), je vais m’empresser de le lire.

Fin de saison 3 - à la semaine prochaine.....

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 07:46
Le Vieux Saltimbanque – Jim Harrison - Traduit par Brice Matthieussent – 144 pages – 2016

Quand ses filles ont appris que leur père allait écrire ses mémoires elles l’ont supplié : « Ne nous mets pas la dedans ! » Alors c’est d’accord, il ne parlera que de lui mais aussi de ses amours pour la vie, la nature et aussi de ses défauts car Jim Harrison nous parle franchement de ses erreurs, son addiction à la picole, ses écarts avec les femmes, ses doutes et aussi de son écriture car décider à 7 ans de devenir poète, c‘est pas banal, surtout dans le Montana. Alors que le doute s’installe, il quitte la fac pour devenir ouvrier mais va vite se rendre compte que soulever des parpaings toute la journée et risquer un accident c’est un peu con et c’est peut-être mieux de retourner à la fac surtout si on possède un QI de 173……

Dalva, De Marquette à Veracruz, Retour en Terre, la sortie d’un nouveau livre de ce Monsieur était attendue avec fébrilité et il avoue que c’est un peu les lecteurs français qui le faisaient vivre. C’est nous qui vous remercions cher Jim pour nous avoir offerts tant de merveilles.

C’est touchant et toujours aussi bien écrit car il ne se contente pas de citer des faits mais c’est enrichi de pensées et de réflexions fortes. Beau livre d’adieu.

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 17:53
Mademoiselle – film coréen de Park Chan-wook – 2h25 – 2016

Corée 1930, pendant la colonisation japonaise, Sooke, une jeune femme est engagée comme servante auprès d’une riche héritière japonaise qui vit recluse dans un manoir sous la tutelle d’un oncle légèrement barré. Collectionneur de livres rares, il organise des lectures érotiques dites par cette même Hidéko qu’il a formé. Mais Sooke n’est pas seulement là pour servir la jeune femme mais bien pour l’extraire de ce despote et lui soutirer sa fortune.

Il faut bien 2h24 à Park Chan pour élaborer son scénario et nous faire vivre en trois chapitres les différentes phases de cette arnaque et leurs visions où nous sommes trimballés tels des enfants à qui on raconte de bonnes histoires. Mais celles ci ne sont pas à mettre entre toutes les mains et je dirais même les yeux car entremêlées à de belles et fortes scènes érotiques et même bien sadiques et nous allons passer de bons moments avec ses protagonistes dans une restitution flamboyante de l'univers asiatique de ces années folles. Trois chapitres comme trois étages de lecture ou trois parties de ce château où le raffiné côtoie la folie.

Images somptueuses, rebondissements haletants et actrices magnifiques nous offrent un grand moment de cinéma même si le réalisateur en fait parfois un peu trop dans les scènes d’amour lesbien quand bien même ses actrices sont à croquer et que le spectacle qu’elles nous offrent est un pur ravissement, la dernière scène par exemple est en trop à mon avis et il aurait pu s’arrêter au plan d’avant. Mais ne boudons pas notre plaisir (intense) devant ce cinéma si personnel et raffiné.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 21:28
H2 - Le Mans III  furieusement tapée - Craquotte
H2 - Le Mans III  furieusement tapée - Craquotte
H2 - Le Mans III  furieusement tapée - Craquotte
H2 - Le Mans III  furieusement tapée - Craquotte

H2 - Le Mans III furieusement tapée - Craquotte

Saison -2 / episode 1

Wouahou……super mega week end. Ressourçage complet…dimanche marche avec mon pote Richard, alias Cap (on s’appelle tous les deux Cap, grade que nous nous sommes donnés d’un commun accord tacite entre nous au vu des innombrables randos menées bon train). Montagnes du Vaucluse autour du beau village de Murs, de belles vues sur tout ce qui nous entourait : Ventoux à droite, Luberon à gauche et Ste Victoire au fond…..y’a plus moche comme paysage….Lundi cinoche à l’Utop : Dogs, un premier film très réussi d’un réalisateur roumain. Ce matin ça caille un peu, un petit 3° pour rallier Uzès. Ça va me rappeler le bon temps où je faisais de la moto. Je crains dégun.

Sur la route je rattrape Lise qui part dans le nord pour une expo……elle ne sait pas que je suis derrière mais moi je sais que c’est elle car un Vito qui vient d’Aix ça courre pas les rues et quand je la double elle est surprise et me fait un grand sourire.

Ça pique de plus en plus…..après la bosse du Pont du Gard, je rentre dans le pays d’Uzès et ça caille toujours plus à partir de ce moment. Des potes sont au café, le 750H2 de Jean Pierre est garé devant. Les autres sont à pied visiblement. Du monde en pagaille ceux qui clopent dehors et les autres dedans. C’est le rdv journalier des vieux motards du coin puis vient nous rejoindre Marc avec un Guzz affuté : 1260cc et plus de 150 bourrins sur une base Le Mans 3…..10h00 je vais au taf.

11 cartons pour commencer la journée, une rigolade, à midi tout est fini……je rentre chez moi ??? Qu’est-ce que je vais démolir ctaprèm ???

Des clientes surtout. Pour le plaisir, Dalva et Confiteor et toujours un peu de Tesson. Pas mal de livres jeunesse aussi. Ça va….je peux rentrer. Ça caille vraiment. Pas le moment de partir en balade, même en H2. Sagement à la maison. À demain.

Episode 2

La grande différence entre quelqu’un qui travaille et un autre qui ne travaille pas (choisi ou non) est, je ne dirais pas l’exploitation de son temps de repos car ce terme a une connotation trop mercantile, mais bien le sentiment que cette pause dans la semaine a été une source de bien être et de récupération. Avoir pris le temps pour faire des choses ou des actes qui donnent de la valeur à la vie. Il est bien entendu que j’exclus totalement le temps passé dans des zones commerciales ou autres lieux de putréfaction identiques mais bien des sorties en nature ou des rencontres avec d’autres êtres vivants qu’ils soient humains ou simplement végétaux. La rencontre avec  la culture est aussi un moyen fort d’enrichissement.

Quand vous ne travaillez pas il est évident que tout le temps vous appartient et qu’il est donc moins impérieux de rendre ce temps de liberté offert (avec mépris il va sans dire. Macron : » Quand vous être jeune, travailler 35 heures c’est une prison ») par la société en fin de semaine totalement exploité car vous pouvez faire ce que vous voulez durant toute la semaine. Et c’est pourquoi il m’a été si important de remplir ce weekend car je savais que je n’aurais pas le loisir de le faire les autres jours et ça a été une réussite.

Bon ce matin temps pourritte….drache…..Je sais pas si les potes vont sortit leurs bécanes pour aller au café en tout cas pas les belles qui brillent. Moi, J’ai pas le choix….

A 8h15..Trump président…une bonne raison de ne pas foutre les pieds dans ce pays. Tout cela ne va pas apaiser un monde déjà en ébullition. Je me souviens, en 2008, j’étais à Lukkla au Népal en attente de mon zinc empêché de voler à cause du mauvais temps ; c’était le 8 novembre et j’assistai en direct à l’élection de Barak Obama et même si le mec n’a pas tenu toutes ses promesses, ce fut un grand moment de joie à travers le monde. Je ne pense pas que l’élection du Trump donnera lieu à la même liesse. Espérons qu’il saura revêtir l’habit qu’il va devoir porter. Il parait que les américains étaient fatigués d’un président qui parlait trop bien. Ils vont être servis. Voila un président plouc pour un monde de ploucs. Sinon journée tranquille seul presque toute la journée. Comme prévu personne ou presque au café à part JP qui est venu en bagnole à cause de la pluie glaciale. Tous des lopettes !!! Dans l’aprèm, le soleil est revenu mais pas encore la chaleur. A demain.

Episode 3

Soleil. Mais pas non plus le super jour. Rdv à 9h00 pour me faire arracher (en douceur quand même) une dent. Ça fera deux. Du coup je vais être dans le coltard toute la matinée. Heureusement c’est jeudi et c’est un jour calme. Plus de monde au café mais un seul en bécane. JP est venu avec un pote en 203 cabrio. Classe. Il connait vraiment un tas de gars qui ont des belles caisses. La dernière fois, excusez du peu, mais c’était une AC Cobra Shelby. Une vraie…..pas vu grand monde à la lib comme je m’y attendais. Tesson encore, un Goncourt, des clients qui sont venus récupérer leur commande et des jeunes qui doivent lire. On voit bien ceux que ça intéresse et ceux que ça barbe plutôt. J’essaye de leur faire perdre l’habitude de commencer leur phrase par : » ça serait pour ». C’est d’un laid….Demain c’est vendredi et j’aimerais bien qu’on m’aime. Je vais juste rentrer chez moi chercher un pull en laine.

Episode 4

Vendredi, gris et pluie mais sur l’horizon, le ciel est coupé en deux et c’est la lumière qui domine. Ça va vers où ? Hier soir, parlé longuement avec mes amis de Valencia ; ils m’invitent à venir avec eux en Argentine cet hiver. Ah mais chpeu pas je travaille. Pour l’année prochaine pourquoi pas. J’ai vu ma nièce en train de manger sa soupe. Trop mignonne celle petite fille avec ses grands yeux marrons. Gonzalo m’a bien fait rire en m’affirmant qu’elle recevait déjà des courriers de Greenpeace et il parait qu’elle leur demande de faire des dons pour Attac. Ahahahaah….pas ma nièce par hasard. J’irai leur rendre visite en mars comme prévu.

Il fait presque trop chaud d’un coup mais tant mieux pour rouler. Beaucaire, ville morte, tout est fermé alors que ce matin à Uzès ça grouillait de monde. Pas la même planète.

L’après midi, réunion de pilotage de notre Amap sur l’exploitation d’Anne et Olivier. Presque 24 personnes, pas mal….on y a causé de l’avenir de notre asso, et de la difficulté pour nos producteurs de fruits d’assurer la livraison de leurs paniers et même s’ils privilégient cette forme de commerce (local, circuit court) qui est pour eux la seule façon viable d’assurer la pérennité de leur exploitation, un nombre trop petit de paniers les perturbe dans leur organisation. On a aussi évoqué le manque d’implication de certains adhérents qui sont encore dans une approche consumériste alors que nous tentons de devenir des consom’acteurs. Mais c’est un problème récurent dans les assos, ce sont toujours les mêmes qui s’impliquent le plus. Nous allons essayer de mettre en place un agenda de volontariat.

Soirée tranquille chez moi. Echange de quelques textos rigolos avec ma kokoteuse de panier et lecture du livre posthume de Jim Harrison : Le vieux saltimbanque. Mémoires d’un écrivain majeur qui dévoile les facettes cachées de sa vie et même de son intimité profonde. C’est touchant et toujours aussi bien écrit car il ne se contente pas de citer des faits mais c’est toujours enrichi de pensées et de réflexions fortes. Beau livre d’adieu.

Episode 5

Samedi, dernier jour de la semaine pour le boulot. Je vais repartir ce matin pour retrouver Uzès et son grand marché. Toujours ce mouvement permanent entre deux mondes parallèles qui s’ignorent : Beaucaire et Uzès. Sur le chemin, Craquotte fête dignement ses 158000 km, elle en ronronne de plaisir (elle marche mieux depuis que j'ai vidé ses cuves de carbus des toiles d'araignées et de l'eau qui y stagnaient). C'est la première fois que j'atteins ce kilométrage avec une moto, alors c'est ma tournée au café. JP et sa femme Claudine nous rejoignent avec leur beau sidecar Royal Enfield Précision.

Il y a un an jour pour jour je me trouvais à Paris et à St Denis même pour un concert à la Bibliothèque Nationale. Quand nous en sommes sortis, nous avons bien entendu des bruits de sirènes dans la rue mais rien de plus spécial pour cette grande ville. C’est le lendemain que nous apprendrons ce qui c’était passé au Bataclan et dans le quartier. Moi qui ne vient que deux ou trois fois par an dans la ville, je dois dire que cette fois ci, j’ai été servi. C’est difficile d’imaginer une ville comme Paris totalement arrêtée mais c’est bien ce qui s’est passé ces jours là. La place de Clichy sans circulation un samedi soir ?????? Impossible et pourtant si.

Samedi ça bouge quand même plus, le marché attire du monde. J’achète mes pélardons chez le barbu et du pain chez Doz. J’essaierai de trouver mieux la prochaine fois pour le pain, pas encore tous mes repères. Du coup, du monde aussi à la librairie comme un samedi ; Shibumi, Tesson, Vann. Bien tenté le Bouvier mais ce n’était peut-être pas le moment. J’en ai tout de même profité pour glisser un mot sur le très bon roman d‘aventure de Hopkins : ‘Carnets du Nil blanc’.

Un type entre aussitôt suivi pas sa femme qui lui lance :" Mais qu'est-ce que tu fais ? en entrebâillant la porte - "Ben j'achète du pain normal dans une librairie" - "Heureusement je n'en ai qu'une " m'envoie-t-il en douce. Du coup, elle rentre aussi et commence à me demander si j'ai tout lu et ci et ça. Je lui réponds que non, que je lis que ce qui m'intéresse. Au bout de cinq minutes, elle fait bien comprendre à son mec qu'elle a pas que ça à faire. Ils partent et il m'envoie une mimique complice.

Boss passe en fin de journée et ne peut s’empêcher de faire une petite réflexion sur le fait que j’ai commandé un livre en stock. Je lui réponds que personne n’est parfait. Retour agréable, ça pique à peine. Demain rando avec Cap. C’est le weekend. Yes !!!! Déjà deux semaines.

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 20:06
Journal en Soie (encore douce) - Saison 1
Journal en Soie (encore douce) - Saison 1

Je n’habite plus chez moi. Je vis dans une grande maison vide. Il y a des pièces partout, des pièces avec des livres, des pièces avec des lits, des pièces pour se laver, des pièces pour travailler, des couloirs immenses eux aussi remplis de livres. Il y a aussi un grand jardin et une piscine où plus personne ne se baigne.

C’est la campagne tout autour et de ma chambre je vois une église et des arbres. C’est très calme. Il n’y a pas de voitures qui passent à fond la caisse dans la nuit. Jamais d’ailleurs, ce n’est pas possible ici.

C’est une dame qui m’accueille parce que je reprends le boulot. Je ne sais pas si c’est une bonne idée mais j’ai promis à Boss de la remplacer durant sa maternité et voila c’est pourquoi je suis là. Une petite librairie à Uzès. Cela me replonge huit années en arrière quand je vivais encore ici.

Hier ce fut la première journée. Retrouver les automatismes avec un système informatique toujours aussi abscons. Ce n’est pas la partie que je préfère dans ce travail. Je suis parti de chez moi tôt le matin avec tout le barda pour m’installer. Enfin, de quoi commencer. Direct au boulot et comme je suis un peu en avance j’en profite pour faire un tour sur le marché et saluer Jean Michel le Berger, Henri le Boulanger et Emmanuelle qui vend du vin. Ça fait déjà des contacts sympas dès l’arrivée.

Le soir je décide d’aller voir le dernier Ken Loach et je traine en ville pour crouter. A la terrasse de « Ma Cantine » je vois le facteur viticulteur de 50tin qui m’invite à sa table. Nous échangeons autour d’un rouge du coin. Encore trop jeune le gars ……repas et cinoche (j’en parlerai plus tard : http://didier-falleur.over-blog.fr/2016/11/moi-daniel-blake-film-de-ken-loach-gb-2016.html). Je rentre vers 23h00. Fin de la première journée

Jour 2

Toujours pas de vélo pour aller au boulot. Encore la moto, je passe à Green Market, un nouveau magasin bio à Uzès. Légumes et graines abondantes……c’est un concept. J’y retrouve De Rouville entrain de siroter un jus de légumes. Décidément, je connais du monde dans le bled. J’ouvre la librairie, je reprends peu à peu mes habitudes. C’est plus calme quand Boss n’est pas là. Elle est plutôt speed et c’est pas facile pour moi de me retrouver. Seul, j’ai plus de temps pour réfléchir. La journée se passe plutôt bien.

Jour 3

J’ai déjà les boules. Je me demande ce que je fous là, je ne peux pas prendre beaucoup d’initiatives car cela ne plait pas, alors j’attends que l’on me dise ce que je dois faire. Putain…..je  serais mieux chez moi tranquille…..je laisserai bien tout en plan mais je crois bien que Boss ferait une attaque. Merde, elle devrait me baiser les pieds cette fille, je lui sauve sa saison et je me fais presque traiter comme un apprenti…..ce qui est sur c’est que c’est la dernière expérience de la sorte, on ne m’y reprendra plus…..

La fin d’aprèm est tranquille, je suis seul…enfin..Pluie en sortant, je sors le matos. Ça me rappelle le temps où je faisais de la moto. La dame qui m’accueille est rentrée de Tunisie. Nous bavardons un peu pendant que ma soupe cuit. J’ai Lionel au téléf qui m’apprend que Richard est dans une mauvais passe. J’avais bien senti que quelque chose clochait quand je le lui ai parlé plus tôt. Plus tard,  Flo aussi mais au portable on ne s’attarde pas. Je monte dans ma chambre. J’appellerai Ric demain.

Jour 4

Réveillé par un moustik ce matin, un 5 Novembre c’est vraiment n’importe quoi. Dernier jour de la semaine, ciel gris et bouché. Il a plu une grande partie de la nuit. C’est encore toute mouillé….Je lis le dernier livre de Sylvain Tesson (de bouteille on pourrait dire). Sur les chemins noirs. Récit d’une marche à travers la France entre Menton et la Manche.

Je me plais à le suivre sur des sentiers que je connais bien. Malgré un style parfois un peu trop ampoulé, il remarque, dénonce, et parle de sujets qui me tiennent à cœur (on en reparle aussi : http://didier-falleur.over-blog.fr/2016/11/sur-les-chemins-noirs-sylvain-tesson-gallimard-oct-2016.html). Ce soir je rentre chez moi et j’ai hâte. Ce n’est pas que je ne sois pas bien ici, des migrants s’en accommoderaient merveilleusement mais j’ai un lieu où je suis bien, nonobstant un voisinage perfectible, et qui me ressemble mieux. Bonne journée, Kazantzaki, Fante, Almada,

Tesson justement et d’autres aussi. Des moments qui réjouissent le libraire intermittent que je suis. 19h00 « On ferme ….!!!!! » je rentre. Il flotte mais c’est génial aussi, je connais, ça fait pas plus de 48 piges que je fais de la moto.

 

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