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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 06:39

Fin du troisième mois de repos forcé

Faut que je me calme m’a dit le doc de l’échographie

  • C’est pire qu’il y a deux mois

C’est normal, je sortais de trois semaines sans bouger de mon canapé

Faut tout de même pas que je remette ça, c’est au dessus de mes forces

  • Regardez moi ça, c’est le bazar, ça ne va pas du tout
  • Aucun effort

Fuck de chiotte et moi qui pensais y aller mollo

C’est vrai aussi que les trois jours passés à arpenter les expos photos à Arles n’ont pas du arranger les choses

Il me faut donc encore ralentir le rythme

Patience, patience, patience. Facile à dire plutôt qu’à appliquer

Flo a perdu son père et me dit 

  • ça va même si ce ne sera jamais plus comme avant

J’ai connu ça et le regret de ne pas avoir plus parlé avec ma mère avant qu’elle ne disparaisse

Et mon frère qui se signale après plus de trois mois de silence dans une phrase toujours aussi laconique

  • Première quinzaine d’octobre tu seras là ?

Ni bonjour ni rien ni que dalle

Ça me fout en boule

Oui mais je ne vais pas bien rétorque-t-il et puis toutes ces formules ineptes

D’un coté, une sœur qui me traite de pathétique et de l’autre, un frère, d’inepte

Ça ne s’arrange pas dans la famille

Heureusement il y a Arte et le Cinéma

Coincoin et les Z’inhumains d’un coté et I Feel Good de l’autre. La série de Bruno Dumont nous entraine dans un délire total où de la glu tombe du ciel, des clones sortent du ventre des gens touchés par une lumière incandescente et vrombissante. L’effet est saisissant et d’une invention folle. Hommage à  Buster Keaton avec une porte de grange qui tombe et le frère de Coincoin qui passe par la porte et Coincoin lui-même qui  l’air le plus sensé de la bande et sa nouvelle meuf qui garde la tête froide. Et si parfois on a envie de tous les secouer pour les faire revenir dans notre monde, que les acteurs en font des tonnes, que les mimiques du Commandant et les facéties de Carpentier qui passe plus de temps sur deux roues que sur 4 avec sa C4  toute cabossée peuvent, à juste titre, nous exaspérer,  on se dit que Bruno Dumont, à l’aide de dialogues percutants, de silence qui en disent long aux aussi, de détails hilarants et qui a su mettre l’actualité en évidence (ce ne serait pas ces migrants qui foutent le bordel ? comme dit si bien le Commandant ?) a une sacrée audace de réaliser ce genre de film d’autant que cela ne doit pas forcément plaire aux gens du cru les faisant encore passer pour des retardés mentaux. Mais si on a la patience d’attendre jusqu’au dénouement de cette histoire dingue, on verra alors le message du réalisateur. Foutraque à souhait, dérangeant mais vraiment unique.

Quant à I feel Good, c’est une tuerie et la troupe réunie par Délépine et Kerven vaut son pesant de cacahouètes.

Faut que je me calme

Et je reprends

Un tempo plus lent

Celui d’avant

Encore un film puisque je ne vois rien de mieux pour m’occuper à part lire et écrire. Pour ce qui est de la lecture, j’ai lu le dernier livre de Jérôme Ferrari A son image, bouaif, pas mal mais je n’ai pas été plus emballé que ça. L’histoire de cette jeune femme attirée par la photo et son parcours depuis les brèves et les photos des groupes locaux (la Corse toujours) lors de parties de pétanque ou des réunions officielles qui l’ennuient prodigieusement jusqu’à son départ pour les zones de guerres est très bien fait mais les bondieuseries qui l’accompagne fatiguent très vite. Ferrari dézingue toujours autant ce pays peuplé de barbares et d’arriérés mentaux mais il y a beaucoup trop de passages qui m’ont fait lâcher le livre des mains ou le parcourir en travers et ça, ça veut tout dire.

Le film c’est Les Frères Sisters d’Audiard. Du grand art à tous les niveaux et dès le début avec cette tuerie et les pistolets qui crachent des flammes dans la nuit et le cheval en feu qui tente de fuir. Les deux frangins, à la solde d’un potentat local (Le Commodore,) partent à la recherche d’un chercheur d’or qui détiendrait une formule magique lui-même déjà poursuivi par un détective. Ça défouraille grave mais au fil du temps et des rencontres, on va connaitre un peu mieux le passé des deux frères et les suivre avec une forme de tendresse dans leur vie mouvementée. C’est géant.

Je reprends le fil des jours, un AR à Grenoble pour assister aux obsèques du père de Florence. Austère avec pas plus de dix personnes à la cérémonie. Schubert, Mozart et un nocturne de Debussy pour conclure. Et comme dit sa mère : »Un enterrement, c’est pas la bamboula ». On aura compris le message. Le train qui me ramène longe le Vercors par l’est d’abord, puis le nord et l’ouest enfin. On en fait le tour bien installé dans son fauteuil. Au début on en est proche. Jusqu’à Moirans, la ligne se faufile entre ce massif et celui de la Chartreuse puis tout en s’écartant de ses barres rocheuses illuminées par le soleil, a la hauteur de St Marcellin,  j’aperçois une faille sombre qui appelle à la découverte, les gorges du Nan. Faudra y revenir faire un tour. De St Hilaire et St Nazaire, d’autres beaux chemins de randonnées permettent d’accéder à ce massif. St Romans et Valence, je change de train pour filer à toute vitesse vers Nîmes mais à un endroit que je connais bien maintenant, je ne pers pas la vue magnifique sur les Trois Becs (ensemble de trois pointes caractéristiques : Roche Courbe - 1446, Le Signal -1559 et le Véyou -1589). La lumière rasante de cette fin de journée éclaire ce tableau majestueux de teintes mordorées. N’oubliez pas la prochaine fois que vous y passerez, c’est juste après le tunnel sur votre gauche. Un peu en deçà du massif le promontoire de la forêt de Saou offre un spectacle grandiose. Ce n’est pas la peine de courir le monde, on a tout ce qui faut ici. Le Seigneur de Provence annonce l’arrivée. Pas plus de deux heures pour rentrer.

Mais la série continue car mon autre amie Catherine m’apprend en même temps que son père vient de décéder et j’irai donc la retrouver et tous nos amis communs mais cette fois à Vichy. Je voyage beaucoup en ce moment. J’aurais bien voulu y aller par le Cévenol, ce train mythique qui part de Nîmes jusqu’à Clermont (avant il ralliait Paris à Marseille) qui passe par les plus beaux paysages de France et je pèse mes mots : les Cévennes, l’Allier et des centaines d’ouvrages, ponts et tunnels, construits par nos anciens. Il part tous les jours de Nîmes à 14h13. Ne ratez pas cette expérience. Mais ça ne sera pas pour cette fois, cela me ferait arriver trop tard à Vichy. Mais j’y reviendrais rien que pour ça.

Je rentre le samedi soir, laissant cette famille privée du père se retrouver pour des détails qui ne me regardent pas.

En arrivant à Beaucaire, je retrouve mes ami.e.s en train de siroter quelques canons à la terrasse de chez Malik. Je me joins à eux un peu content, je dois l’avouer, de ne pas me retrouver seul après ces moments difficiles. Et une et deux et trois Leffe et un pti verre de rouge pour conclure. Après ça on a moins faim et on peut aller se coucher tranquille.

Dimanche, dernier jour du mois et comme l’ambiance est au ne rien faire, autant l’adopter et puis après les émotions dernières cela ne fait pas de mal. Le temps est de la grisouille. J’attends la fin d’après midi pour sortir et assister au dernier concert de la saison, et tout cout, au Village Hangar.

Le programme de ce soir, un solo de batterie de Luc Bouquet en hommage à son père Jeannot mort à 93 ans sans avoir pu assister à aucun des concerts de cette année. Luc fait sonner sa batterie de toutes ses subtilités et nous offre un beau moment de création.

En deuxième partie, Cosmos 2018, un trio composé du même Luc, de Maryse Gattegno à la contrebasse et Remi Charmasson à la guitare. Autour de thèmes empruntés à la SF et des films aussi cultes que « Houston, we have a problem », « Blade Runner » et « L’Odyssée de l’espace », ces trois musiciens nous entrainent dans un univers poétique et sonore  unique ou l’esprit peut vagabonder en toute liberté. Un espace musical magnifique.

Voila comment clore un dimanche et un mois de très belle façon.

Une dernière chose tout de même, pour la première fois, une femme (Ana Carrasco, espagnole, 21 ans) est devenue championne du monde de moto dans sa catégorie. C'est assez rare pour le signaler. Mecs, tremblez.......

Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
Fin du troisième mois de repos forcé
la micheline empruntée un jour à Marvejols et un des viaducs du Cévenol
la micheline empruntée un jour à Marvejols et un des viaducs du Cévenol

la micheline empruntée un jour à Marvejols et un des viaducs du Cévenol

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